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Si quelqu’un nous entend encore ici, sachez que Phil et moi, après une année à faire semblant de travailler à la fac, avons fini par abandonner toutes nos bonnes résolutions : on a pris nos copains, notre bizuth, nos clopes et nos albums sous le bras et on a déménagé! Eh ouais, on s’est cassé ailleurs, sur un site tout neuf, avec des gens tout nouveau et un design vachement mieux que celui là pour vous parler musique.

Dans ce cas, bande de branleurs (z’êtes forcément des branleurs si vous traînez encore ici), c’est par ici : http//:inkmusic.org 

A bientôt, les internautes!

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Vous m’excuserez. Encore une fois. Si, si, vous le ferez. Ma vie se résume à un rythme régulier et morne (travail, manger, sortir, dormir), un rythme qui ne laisse aucune place ni à la culture, ni à l’information et encore moins à la créativité. Dans ces conditions, et n’étant pas capable de disserter sur les – rares – anecdotes de ma vie, je préfère ne pas prendre le risque de tomber dans le fortement médiocre (en espérant que ce n’est pas le cas d’habitude, d’ailleurs). Je vous offre donc un amuse-gueule que, j’espère, vous apprécierez en attendant mon retour triomphal par la grande porte sous peu. Voici une playlist que j’ai nommé smooth instant parce que… parce que c’est smooth, c’est kiffer l’instant, et ça le fait! Ou pas. En attendant relaxez vous et ouvrez vos oreilles. Les critiques sont permises bien entendu.

Si Chester a inventé le jazz, c’est bien pour permettre aux esprits capables de l’apprécier de pouvoir se ressourcer un peu… Et puis Chester a inventé mon proprio… Et mon proprio est un jour venu faire ma connaissance, histoire de boire un café et de voir si j’étais bien installée. Et puis on a parlé musique. Et puis on a parlé Jazz. Et puis mon proprio m’a invitée à aller voir un concert avec lui. De Jazz. Et, après, figurez-vous que j’ai méchamment kiffé ma race. Parce que Chester, ce dieu, il a aussi inventé Portico Quartet et, ça, voyez, c’est carrément la classe.

Concrètement, tout commence avec un festival : le Nancy Jazz Pulsations, le fameux événement qui va me permettre de pleurer devant son altesse Marcus Miller samedi soir… Et un petit concert à La Manufacture, salle de concert intimiste et excellemment sonorisée pour une heure que nous qualifierons d’un commun accord avec moi-même d’ultime.

Le groupe est jeune, sans prétention, sa renom ne le précède pas et c’est une douleur que la société s’inflige dans l’ignorance. Dès le premier morceau, je me dis que ça pue la Grande-Bretagne… pourquoi? Parce que cette musique est élémentaire et pas au sens basique du terme. Elle est élémentaire parce que le saxophone est aérien, que l’air drums est liquide, que la batterie est volcanique et la contrebasse terrestre. Elle est élémentaire parce que, l’espace d’une seconde, je m’imagine quelque part en Angleterre, sur les côtes du Sud Ouest, à regarder la mer s’écraser sur les falaises et les oiseaux lutter contre les colonnes d’air. Dans ma tête, tout est clair : un whiskey sublimerait tellement le moment qu’il est tout à fait naturel que je n’en ai pas… La perfection n’est pas une bonne chose à goûter un jeudi soir, mieux vaut attendre le samedi… mais on en était pas loin!

Je ne vois pas quoi rajouter d’autre… perdue entre jazz et world music, j’en ai encore la tête qui tourne. C’était pur, intense, juste. C’était à la fois grandiose et humain… je suis un public facile quand j’ai mal au dos, la musique me détend… Mais encore faut-il quelque chose d’assez puissant pour me détendre. J’en ai encore le vertige. Vous ne savez pas ce que vous manquez (du moins pas encore).

Je suis à Nancy. S’entend par cette information que j’ai été prise à Nancy et que je n’habite désormais plus Grenoble. S’entend donc par là qu’une nouvelle vie commence là où se termine mon été. C’est toujours dans ces moments-là qu’on a besoin d’un petit retour en arrière… Et quel meilleur retour en arrière qu’un trip musical? Très bonne question mais la réponse m’importe peu parce que sinon je grillerais mon sujet d’article du jour. Eh ouais. Juste pour vous, quelques chansons tirées de mes jeunes années… Je pense que vous vous y retrouverez. Tous.

Exemple. La tribu de Dana. Manau. Eh bah ouais les copains, c’est quand même un putain de morceau des années 90, tout le monde le connait celui-là. Et ceux qui ont suivi… Genre j’entends le loup, le renard et la belette… Etc. C’était une sorte d’arrivée prodigieuse du rap français pour les non initiés, pour les jeunes, pour tout le monde. C’était LA chanson de toutes les booms, la chanson de la radio, la chanson ultime, en général. Vieux souvenirs que celui-là.

Lambé An Dro. Matmatah. Pas mal non plus, celui-là, années 90, début du groupe avec l’explosion magistrale du tube de l’été… S’en suit multiples titres dont l’incontournable Apologie pour tous les jeunes roots en mal de défonce qui revendiquaient, déjà, à l’époque, la légalisation du canabis…

Mangez-moi. Billy ze Kick. Alors là, c’est le summum du morceau à réécouter quelques années plus tard. Gamin, on l’a tous chantée, on la trouvait marrante, ça nous faisait tous marrer. Aujourd’hui, on se rend compte que c’est avant tout un morceau de drogué, toxicomane, teuffeur… On kiffe toujours autant quoi que probablement étonné de nous imaginer chanter ce morceau quand on était minot (ou pas parce que je sais qu’on a des quinquagénaires qui traînent dans le coin). Évidemment, le clip est une tuerie.

We will rock you. Queen. Qui passait en boucle sur les ondes radio. Qu’on yogurtait à foison. Qui faisait de nous des fans de rock. Et que je mets surtout pour le plaisir de vous passer un truc qui déboîte un peu sa maman dans mes diverses élucubrations musicales sans quoi je serais probablement bonne pour la pendaison.

Barbie Girl. Aqua. Les années 90 en puissance, du rose, du plastique, une voix de crécelle sur un début de son pop-techno. Une sorte d’Abba mélangé à Casimir lobotomisé façon barbie hollywoodienne… Et un Ken digne de Vin Diesel. Hey Barbie. Hey Ken. Ready for a ride? Sure Ken. Jump in… Et le pire c’est probablement que ce fut le seul opus d’un genre jamais égalé…

Lemon Tree. Fool’s Garden. Parce que superbe reprise de nos amis les Beattles et qu’il fallait bien que je la case quelque part.

Chat. Pow Wow. Plus pour nos parents mais Pow Wow quand même. Parce que sensualité et absurdité mêlées dans une seule et même chanson, le ton sur un fond musical pas du tout dégueulasse et agrémenté d’une performance vocale plus qu’appréciable. Et puis mythique. Moi vouloir être chat… De l’audace en compact disc.

Wannabe. Spice Girls. Parce que je vous ai déjà épargné Larusso et que je ne peux pas passer à côté d’un truc pareil… Faut que je me calme.

Parce que c’était mon enfance, peut-être la vôtre, parce que vous connaissez forcément ces chansons et que ça faisait un moment que je ne vous avais pas servi de quoi gerber et vous marrer en même temps. Un mec qui ris pendant qu’il vomit, j’ai toujours trouvé ça physiquement intéressant à observer, vous êtes pas obligés de me pardonner pour ça. Enjoy.

J’ai pensé à vous, hier, j’ai pensé très fort à vous… Quand ça? C’était derrière un putain de verre de martini blanc avec sa demie rondelle de citron et ses petits grains de raisins verts juste parfaits. C’était chez des potes, à discuter, histoire de se détendre un peu en fin de journée. C’était hier soir, martini blanc, potes et bonne musique. Bonne musique, grande musique, ça change et ça fait du bien. Et puis le moment, étrange, où je me suis retrouvée prise d’un putain de coup de génie. Une chanson, pour toi. A Song For You. Donny Hathaway. Pleure, public, pleure à l’énonciation de la plus belle chanson d’amour jamais écrite et/ou chantée sur cette petite planète.

Donny Hathaway, chanteur à succès aimé et adulé, Messing Around, tu vois Public. C’est histoire du jazz, l’histoire des années 60/70. Et puis ça finit dans un fracas, en 79, en bas d’un immeuble à New-York. Sa chambre était au 15ème étage. C’est l’histoire de cette incompréhension, de cet enfant de Chester qui n’en a jamais fumé… Sa voix, considérée comme du velours, reste LA référence dans le monde jazz-soul, à tel point – et c’est vous dire – que Ray Charles lui-même ne se sentait pas à la hauteur pour reprendre A Song For You. Je peux pas débattre pendant des heures au sujet d’une phénomène tel que Donny Hathaway, mais je peux en rajouter.

Je me rappelle, la première fois que j’ai entendu A Song for You, j’ai eu les larmes aux yeux. Pour la musique, pour son piano, pour cette putain de voix juste incroyable, pour les paroles, pour cette espèce de je ne sais quoi qui soudain s’empare de l’air et vous prend les tripes.

A Song For You.

I’ve been so many places in my life and time
I’ve sung a lot of songs I’ve made some bad rhyme
I’ve acted out my love in stages
With ten thousand people watching
But we’re alone now and I’m singing this song for you

I know your image of me is what I hope to be
I’ve treated you unkindly but darlin’ can’t you see
There’s no one more important to me
Darlin’ can’t you please see through me
Cause we’re alone now and I’m singing this song for you

You taught me precious secrets of the truth witholding nothing
You came out in front and I was hiding
But now I’m so much better and if my words don’t come together
Listen to the melody cause my love is in there hiding

I love you in a place where there’s no space or time
I love you for in my life you are a friend of mine
And when my life is over
Remember when we were together
We were alone and I was singing this song for you

You taught me precious secrets of the truth witholding nothing
You came out in front and I was hiding
But now I’m so much better and if my words don’t come together
Listen to the melody cause my love is in there hiding

I love you in a place where there’s no space or time
I love you for in my life you are a friend of mine
And when my life is over
Remember when we were together
We were alone and I was singing this song for you
We were alone and I was singing this song for you

Je vous laisse profiter, encore une fois. Mettez-vous en plein les oreilles…

J’ai toujours vécu dans un monde à part, une petite bulle éthérée qui me rend un peu barge, un peu excentrique. J’ai jamais été très douée pour jongler avec tout ça et je ne connais pas la demie-mesure… Mais il y a un truc qui m’a toujours permis de garder la tête sur les épaules. La musique. Le rock. La pureté de la chose. J’ai toujours été un peu folle mais je sais toujours quand un morceau se passe de commentaire. C’est classique, c’est efficace, c’est magique. Bonne écoute.

Il est venu le temps de vous faire un article digne de ce nom… Et j’ai déjà mon sujet. Oui, oui. Hallelujah! C’est le cas de le dire. Je vous étonne? Vous connaissez forcément Jeff Buckley, Hallelujah, la chanson ultra déprimante et romantique que tout le monde a déjà fredonné… Well. Vous pensez qu’elle est de lui? Erreur. Vous êtes étonnés? Bande de petits joueurs… Hallelujah, c’est de Leonard Cohen. Leonard Cohen, bordel! Ça ne vous parle pas? Musique.

 

I’m your man, probablement la déclaration d’amour masculine la plus parfaite jamais écrite par l’industrie musicale… Et cette chanson a été écrite par ce grand monsieur qu’est Cohen. Canadien né en 1934, Cohen est avant tout un poète, connu et reconnu, notamment pour son recueil sur le nazisme (oui, il est juif, oui)… Mais pas seulement. Ses textes dégagent une profondeur à la saveur particulière que je ne saurais vous décrire sans vous les avoir d’abord introduits.

Ce que je fais ici.

Je ne sais si le monde a menti
Moi j’ai menti
Je ne sais pas si le monde a conspiré contre l’amour
Moi j’ai conspiré contre l’amour
L’atmosphère de la torture n’est pas agréable
Moi j’ai torturé
Même sans le nuage champignon
J’aurais quand même haï
Ecoutez
J’aurais fait les mêmes choses
même si la mort n’avait pas existé
Je ne veux pas qu’on me tienne
comme un ivrogne
sous le robinet glacé des faits
Je refuse l’alibi universel

Comme une cabine téléphonique vide
qu’on a vue la nuit et dont on se souvient
Comme les miroirs d’un hall de cinéma
qu’on ne regarde qu’à la sortie
Comme une nymphomane qui réunit
des milliers d’amants
dans une étrange fraternité
j’attends
De chacun de vous un aveu

Leonard Cohen, amour, solitude, religion, sexualité et complexité humaine. Leonard Cohen, chanteur, chanteur à la voix grave, lourde, profonde et guturale qui nous murmure des paroles pour le moins étonnante, bouleversante. Leonard Cohen romancier, Leonard Cohen inspiré. Méconnu. Universel malgré tout… Le nom de cet illustre monsieur est notamment mentionné dans Pennyroyal Tea (Nirvana, bande d’incultes), alors que Kurt Cobain chante, je cite : « Give me a Leonard Cohen afterworld / So I can sigh eternally ». Leonard Cohen, c’est avant tout la classe et l’élégance digne des années 30 mais dans la durée, dans la longueur, avec une âme à la fois torturée et doucereuse. Leonard Cohen, grand monsieur, et je crois que je n’ai pas besoin de m’étendre davantage. Enjoy.

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