janvier 2010


Je viens de réaliser qu’aucun article n’avait été posté hier! Il va falloir que je règle ça tout de suite pour ne pas vous perdre, chers amis lecteurs. Le problème, c’est que pour écrire un article, faut-il encore avoir un sujet d’article… Si je vous jure! Bref, j’ai donc naturellement cherché quelque chose de frais, réjouissant et candide pour terminer ce week-end trop court sur une note positive. Je vais donc vous parler de l’Apocalypse. Haha, c’est pas une blague en plus. Non, ne croyez pas que je me prends déjà pour un prophète, je vais vous faire part de ma réflexion sur comment Hollywood traite le thème de la fin du monde.

Vous aurez certainement remarqué que l’année 2009 est parasitée par une avalanche de films renvoyant directement ou indirectement au Doomsday : 2012, Le jour où la Terre s’arrêtera, Le jours d’après (un peu plus vieux), La Route, Le Livre d’Eli (en ce moment en salle) ou encore Légions qui sortira prochainement (s’annonçant déjà comme une bonne bouse commerciale). Et ce pour n’en citer que quelques uns, ou du moins ceux que j’ai eu l’occasion de voir. Bref, comme tout phénomène hollywoodien correspond à un phénomène de masse, il y a toujours un lien entre le thème traité et l’inconscient collectif. Et globalement, il me semble que ces films déclinent l’apocalypse en deux facettes : la destruction et l’errance.

La Destruction : quand je parle de destruction, je parle de l’apocalypse elle-même, dans ses effets directs. Dans la mythologie américaine, il n’existe que la fin DU monde. Il n’y a aucune place pour la fin « d’un » monde. Je m’explique : la vision américaine est purement biblique. Vous voyez, le feu sur terre, le jugement dernier… Il semble évident que cette multiplication des œuvres apocalyptiques retranscrit directement un malaise général provoqué par l’évolution de notre société, mais la culture américaine voit comme unique chute à une société décadente cette approche absolue et spectaculaire de l’apocalypse.

Ainsi, sous un déluge d’effets spéciaux (nécessaires à la survie d’Holywood, bien entendu), on pourra assister à l’extermination massive (2012) voire la menace d’une extermination totale de l’humanité (Le jour où la Terre s’arrêtera). Ce que je trouve le plus hilarant en réalité, c’est le facteur déclencheur du massacre. Et là je parle surtout des deux films pré-cités, qui sont de loin les plus caricaturaux. Loin de rendre l’humanité responsable de son propre anéantissement, on essaiera dans 2012 de trouver une origine cosmico-solaire, et dans Le jour où la Terre s’arrêtera, tenez vous bien si vous ne l’avez pas vu, ce sont carrément des extraterrestres humanoïdes (sinon c’est pas drôle) qui viennent nous exterminer après avoir créé une Arche (de Noé), pour nous punir des mauvais traitement que nous infligeons à notre planète.

Fallait quand même y penser.

L’Errance : ici je pense surtout à La Route (dont vous pouvez lire ma critique complète ici) et au Livre d’Eli, sorti mercredi. Le premier parle donc d’un père et son fils errant et survivant dans un monde post-apocalyptique où aucune vie n’est possible à long terme. Le second met en scène Denzel Washington dans le rôle d’un homme traversant un monde dévasté plus de 30 ans auparavant par des guerres atomiques, porteur de la dernière bible existante et donc de la parole divine… Accessoirement, notre prophète du futur est un maître en arts martiaux doué d’une mémoire dépassant l’entendement, avec un cœur et un cerveau (et des muscles). Bref, il vaut mieux s’attacher à l’univers visuel de ce film plus qu’à son contenu. Mais revenons en à nos moutons.

L’errance sera sûrement la facette du drame la plus intéressante à suivre, car elle nous confronte à l’hypothèse d’un monde ayant perdu sa cohérence : morale oubliée, instincts de prédateurs, plus de villes ou de sociétés organisées, ni sécurité, ni confort. Elle nous renvoie à la déshumanisation en son paroxysme : comment croire en l’humanité, ou conserver une morale droite lorsqu’un de vos congénère peut à tout moment se jeter sur vous pour vous dévorer. Si Le Livre d’Eli nous plonge dans un univers assez caricatural, un pseudo féodalisme futuriste composé de mercenaires, cannibales, victimes innocentes et seigneurs de la guerre, c’est réellement La Route qui met le mieux en exergue l’horreur de l’errance : aucune forme de société organisée n’aura survécu à l’apocalypse, pas même un embryon, la fuite des sentiments humains laisse place aux ravages des instincts animaux, et la morale vacillante n’a désormais plus de bouée.

Bref, l’errance dans un monde dévasté prend à contrepied tous les aspects de notre société matérialiste contemporaine, et permet une réelle réflexion sur les choses qui sont réellement précieuses, tant sur le plan physique que moral.

Au passage, si vous avez l’esprit cynique, je vous conseille de voir Le livre d’Eli. La fin est à mourir de rire (mais pas autant que les affiches ci dessous) : pendant/après les grandes guerres, les hommes ont génocidé la Bible car elle serait apparemment à l’origine de ces mêmes guerres, mais grâce à ce bon vieux Denzel et sa Holy Bible pour aveugles, le Christianisme survit malgré tout et renaît de ses cendres pour souder à nouveau l’humanité (je savais pas que Dieu avait un jour soudé l’humanité soit dit en passant). Pas facile de débarrasser l’humanité de la religion…

Bref, après avoir vu ces films (et disons que dans la conclusion je sépare La Route des autres), il semblerait que notre civilisation soit vouée à l’anéantissement par le feu, qu’à priori ce sera pas – trop – la faute des hommes, que des hordes de cannibales vont manger le peu de bonnes gens qu’il restera, mais que, Glod bess us, l’espoir nous guidera dans la lumière divine pour le renouveau de l’humanité (ca ressemble pas un peu au Jugement dernier ça?). Enjoy, vous serez sûrement parmi les survivants.

Cette fois-ci, aucun suspense sur le thème de l’article, je vais vous parler de Lolita Pille et plus précisément de Hell, son best-seller, françaisement connu (le mondialement eut été de trop, voyez). Il s’avère en effet que j’ai eu un genre de débat avec un squatteur de mon appartement qui avait entrepris de le lire et je me suis dit, au regard de mon contre argumentaire, qu’il était de mon devoir de traiter ce sujet ici. Je vous ai habitué à de la haute littérature, à du classique, j’en ai bien conscience, mais j’estime malgré tout que ce livre mérite qu’on s’y intéresse. Vraiment.

Commençons déjà par l’auteur. Lolita Pille. Certains disent qu’elle est passée sous le bureau ou qu’elle se fait son nègre (qui ne serait pas moins que Beidbeger). J’ai envie de vous dire : pourquoi pas, je m’en fous. Aujourd’hui âgée de 28 ans (calcul facile à faire, elle en a 8 de plus que moi), elle avait donc à peine dépassé la vingtaine quand Hell est sorti. Hell, c’est son premier roman et c’est le sujet du jour. A celui-là suivra Bubble Gum, dans le même ton mais ô combien plus élaboré sur sa trame. Elle finit avec Crépuscule Ville, que j’ai trouvé… à chier. Pour ce qui est de ces livres, je vous renvoie à des critiques plus que correctes faites par quelqu’un qui s’y prendra de toutes façons mieux que moi : ici & .

Poursuivons ensuite avec le gros du livre autrement dit la quatrième de couverture, plus communément appelée « le résumé du livre ». Je cite :

« Je suis une pétasse. Je suis un pur produit de la Think Pink génération, mon credo : sois belle & consomme. » Hell a dix-huit ans, vit à Paris Ouest, se défonce à la coke, est griffée de là tête aux pieds, ne fréquente que des filles et des fils de, dépense chaque semaine l’équivalent de votre revenu mensuel, fait l’amour comme vous faites vos courses. Sans oublier l’essentiel : elle vous méprise profondément…
Jusqu’au soir où elle tombe amoureuse d’Andréa, son double masculin, séducteur comme elle, et comme elle désabusé. Ensemble, coupés du monde, dans un corps à corps passionnel, ils s’affranchissent du malaise qu’ils partagent. Mais les démons sont toujours là, qui veillent dans la nuit blanche de ces chasseurs du plaisir.

Le résumé est un peu faible mais pour ceux qui n’avaient jusqu’alors aucune idée de ce dont je parlais, vous voilà servis. A la première ligne, on devine que le langage aura des tendances vulgaires, c’est ce qui m’a permis de me dire que moi aussi je pouvais le lire et qu‘il n’était pas réservé qu’aux blondes peroxydées en mal de rêves décadents et de fantasmes prostituants éthérés.

En quelques mots. Première phrase : « je suis une pétasse ». La couleur est annoncée et, au demeurant, on se rend vite compte qu’en plus d’être une pétasse, Hell est une pétasse cultivée qui chante du Nino Ferré, parle de Verdi, a un cerveau. Un cerveau? Oh my chester mais comment que cela est-ce possible? Ahah. Le rendu est plutôt bon, sur le personnage du moins. Pour ce qui est d’Andrea, dont la relation avec Hell est beaucoup plus alambiquée que ce que le petit résumé veut bien vous le laisser croire, je ne citerais que quelques mots : « Je suis Jeune, Beau, Riche et lucide. Et ça, c’est le détail qui fout tout en l’air ». Des personnages comme je les aime, tout en cynisme, en haine et en idéaux déçus. Des personnages francs, vulgaires, pas conformes. Des personnages, malheureusement, tellement anti-conformistes qu’ils en deviennent conformistes mais on a tous un point faible et, le mien, c’est les gens qui n’ont pas peur de sortir un putain toutes les deux phrases autour d’arguments concis.

En parlant de ça (d’arguments, sic.), faisons un tour par le livre en lui-même avant de nous retrouver précisément là où je compte bien vous emmener. Parlons un peu style. Ce qui change avec Lolita Pille, c’est cette tendance à l’extrêmisme baudelairien à savoir prendre du très moche pour en faire du très beau. Entre deux putains, on a des tournures réfléchies et élaborées, un vocabulaire quasi-précieux, de l’intellectualisme pur et dur. Bref : du bon boulot. Ouais, mais au final, sans plus. Pourquoi? Parce que si l’absurde tue l’absurde (mon petit, celle-là, c’était dédicace), le stylistique tue aussi le stylistique. Parce que demander à son lecteur de réfléchir au pourquoi du comment ou bien vouloir faire des phrases tellement bandantes qu’on se retrouve avec une page entière sans un seul point… C’est un peu la mort de la lecture. A d’autres moments, elle s’amuse à l’inverse à mélanger vulgarité et phrases courtes, sans cohérence autre que ses envies (et sans doute son taux d’alcoolémie). Juste une prouesse. Un effet de style. Au final, le côté démonstratif, le côté littérarisé au possible, cet aspect presque bourgeois et méprisant – pour un lecteur avisé comme pour un lecteur du dimanche – c’est lourd. C’est là la grosse critique je ferais et je doute que beaucoup puissent me contredire (si tel est le cas, commentaire, s’il vous plait).

Bonne nouvelle, nous sommes précisément là où je voulais vous emmener. Ce sera court, mais il faut en parler. Le squatteur précédemment cité a eu la judicieuse idée de dire que Hell était conne. Pourquoi, me direz-vous? Hell est conne parce qu’elle a le choix, qu’elle se rend malheureuse toute seule et qu’elle devrait tout pouvoir changer. On ne doit pas pleurer pour elle.

Excusez-moi, je crois que je vais gerber. C’est ma façon à moi de dire que je ne suis pas d’accord… Parce que c’est bien beau de critiquer et de se penser tout beau, tout propre et tout mignon mais j’aimerais bien le voir à la place de la nana. A aucun moment on ne nous parle de crises de manque ce qui peut laisser à penser que Hell n’est ni accro à la coke ni même vraiment alcoolique au sens le plus stricte d’une addiction physique profonde. Certes. Mais quand on a passé sa vie à la mener dans la débauche la plus complète, quand l’alcool est aussi naturel que de l’eau & quand le tabou de la drogue a été relégué à une banalité quotidienne… Comment s’en sortir? Si un rail de coke n’est jamais qu’un moyen de se détendre comme un autre, loin de toute notion ou de mal, pourquoi arrêter? Si l’alcool, c’est bon et ça fait du bien, pourquoi s’en priver? Si on vit la nuit, pourquoi s’aveugler avec le jour? Si on vit dans la décadence, pourquoi vouloir monter? Sans doute ne suis-je pas suffisamment objective pour émettre un avis plus critique mais force est de constater que c’est la détresse sous jacente de Hell tout au long du livre, du début jusqu’à la fin, qui m’a surtout marquée. Cette espèce de douleur malsaine qu’elle chérit parce qu’elle ne connait que ça et, finalement, ne pense pas mériter mieux… C’est ça, l’Enfer. La chute. L’atterrissage, aussi, mais faudrait-il qu’il compte encore.
Le passage de la mort d’Andrea restera pour moi les quelques lignes les plus dures que j’aie jamais lues, mais c’est personnel, humain.

Pas grand chose à rajouter. A part une citation, peut-être.

N’attendez pas de chute à cette histoire, il n’y en a pas. Il est mort et plus rien n’a de sens pour moi. J’envisage l’avenir comme une éternité de souffrances et d’ennui. Ma lâcheté m’empêche de mettre fin à mes jours. Je continuerai à sortir, à taper, à boire et à persécuter des cons.
Jusqu’à ce que j’en crève.
L’Humanité souffre. Et je souffre avec elle.

Today is Friday. Un peu dur d’écrire aujourd’hui. Vous savez, cette sensation de toucher à la fin de la semaine, vous réservez le peu de force cérébrale qu’il vous reste en espérant en avoir assez pour ne pas faire sauter les derniers cours de la journée. La semaine aura été dure, mais heureusement, je connais un remontant efficace. Devinez quoi ? Le Cinéma évidemment! Et cette semaine aura été chargée. Mais mon attention a été attirée par deux films : In The Air, Comédie avec George Clooney nominée aux Golden Globes – je crois pas qu’elle ait été primée, mais en même temps Avatar, prix du meilleur film j’ai envie de dire…. – , et A Serious Man, comédie absurde des Frères Coen (notez je met un F majuscule).

En ce qui concerne le premier, j’ai surtout eu envie de le voir pour George, qui est – tenez vous bien – une de mes égéries masculine. Précisons quand même que le réalisateur Jason Reitman est l’auteur de Thank You For Smoking (oublions Jennifer’s Body voulez vous?). Bref, le film m’attiraist bien, beaucoup après avoir vu la bande annonce. C’est l’histoire d’un homme dont le métier est de virer les employés des patrons trop lâches pour le faire – vous voyez, le genre de mec cynique mais pas sadique, qui en a simplement rien à foutre des gens – et qui cherche accessoirement à battre le record de miles parcourus en avion. Jusque là, le scénario est plutôt original, mais son traitement n’échappera malheureusement pas aux standards hollywoodiens (attention, Spoil) : la prise de conscience du manque de sens de sa vie grâce à une femme – Vera Farmiga est superbe – qui est en quelque sorte son alter ego féminin. Bref, ce ne serait qu’une comédie de plus si on ne pouvait compter sur le jeu parfaitement juste de Mister Clooney (oui George, t’es un connard dans ce film mais j’aime ça), un humour bien rôdé, et la beauté du couple George-Vera. Perso, la fin m’a vraiment pris de court (pas de happy end!) ce qui est, vous me l’accorderez, assez surprenant pour une comédie hollywoodienne. Donc un film sympathique à voir en couple ou en famille, quelques bonnes barres, on en ressort avec le sourire, mais ça va pas chercher très loin non plus. Un tel personnage dans les mains des frères Coen serait devenu un véritable psycopathe, et par la même un petit bijou (surtout après la performance de Clooney dans O’Brother). Enfin tout le monde ne peut pas avoir leur génie. D’ailleurs, parlons en de leur génie.

Petite piqûre de rappel? Les Frères Coen – Ethan et Joel de leurs illustres prénoms – c’est Burn After Reading, No Country For Old Men, The Barber, O’Brother, Fargo, The Big Lebowski et Barton Fink. Hé ouai, rien que ça. Et on peut parler de génie – avec un petit « g » tout de même – parce qu’il y a au moins un film dans cette liste que vous surkiffez, ou que vous allez surkiffer (oui, je conjugue le kiff). Ils on probablement la cinématographie la plus impressionnante de ces 20 dernières années. Alors je suis pas un fan inconditionnel, mais après avoir vu No Country For Old Men, je ne peux que reconnaître leur immense talent. Je me suis pausé la question de savoir comment je pourrais définir leur cinéma. C’est difficile à vrai dire, parce que plusieurs niveaux d’humour, d’absurde, de réflexion et de sincérité se mêlent, et qui rendent leur œuvre assez complexe à analyser. D’ailleurs je pense que l’on peut faire leur psychothérapie à partir de leurs films. Je n’aurais donc pas la prétention de déchiffrer le sens du pourquoi et du comment, mais globalement, leur œuvre se résume à mettre en scène des personnages loufoques (faibles, idiots ou fous), dans un environnement absurde, un festival du non sens.

Et en cela, A Serious Man colle parfaitement à cette description. Après No Country For Old Men, les deux derniers films semblent marquer un retour aux racines flagrant, et plutôt réussi (je sais, coblogueuse, tu as détesté Burn After Reading), mais je ne pense pas, contrairement à ce qu’avance cette critique, que l’on puisse parler de synthèse de leur cinéma dans ce seul film. Bref, revenons à notre mouton : le personnage principal, un juif qui se fait larguer par sa femme, ignoré par ses enfants, sur le point d’être viré – bref totalement paumé – cherche des réponses. Et pas n’importe quelles réponses. Des réponses spirituelles, puisque la raison elle-même reste sans voix. La question? Pourquoi les choses vont mal. Il se trouve ainsi perdu dans l’incompréhension, telle une bête traquée, entourée de gens abrutis, et qui ne semblent pas comprendre son tourment pourtant naturel. Une sorte de scénario à la Ionesco dans Rhinocéros. Et en cela, c’est réussi. Bon, je n’ai toujours rien compris aux premières minutes du film. Je me demande si les frangins cherchent à nous perturber ou s’il y a réellement quelque chose à comprendre.

Mais voilà, moi j’ai un problème avec l’absurde. Et encore plus quand il manque de rythme. Ce film m’a rappelé Barton Fink : en sortant, on sait qu’on a vu un très bon film, mais on a pas réellement aimé. Trop d’absurde tue l’absurde. Au final, on ne sait pas trop à quoi s’en tenir. Quel était le sens du film? Le but était il de lui donner aussi peu de sens que la vie de l’anti-héros? Si c’est le cas, c’est assez réussi. La seule alternative que je vois serait une critique de la religion, en tant que moyen de compréhension du monde. Ou alors une critique des faibles. Difficile à dire.

Pas déçu, mais pas satisfait.

Non, je ne suis pas atteinte de polydactylie pré-axiale. Non, je ne suis pas encore schizophrène. Non, je ne souffre pas d’un quelconque cancer et, de toutes façons, ce n’est PAS un lupus. Si quelqu’un a compris où je voulais en venir, qu’il lève la main! Nobody’s here? En fait, c’est chiant d’écrire sur un blog, il n’y a jamais personne pour vous répondre (ni pour vous interrompre, me direz vous, ce qui constitue en soi un avantage flagrant).

Qu’importe, je parle seule, mais je parle quand même et j’ai un article à écrire, mine de rien. Ambiance!

Teardrop de Masive Attack & un cœur qui bat en rythme de fond. Nos lecteurs les plus avisés – mes frères de glandage, visiblement – viennent enfin de saisir.

Ce matin, je bois mon café dans une super tasse.

Oui. Je vais vous parler de Docteur House (aka House M.D.).

En voilà une entrée en scène qu’elle est belle mais tout ne fait que commencer. Que vous dire? En premier lieu, je vous parle ici de l’une de mes séries préférées (plus tard, rien que pour toi public, je te parlerai de – wait for it… – How I Met Your Mother).

House M.D. est l’œuvre de David Shore et, de fait, sa seule œuvre connue. La série est créée en 2004, son épisode pilote est diffusé sur la Fox le 16 mars 2004 et il faudra attendre 2006 pour qu’enfin on daigne nous la présenter en France (sur TF6). Le drame, dans l’histoire, c’est que la France qui se lève tôt a dû attendre le 28 février 2007 et sa première diffusion sur TF1 pour enfin prétendre à ce petit bijou de genre. Bijou de genre, parfaitement, parce que l’une des caractéristiques premières de la série reste encore le mélange subtil de genres divers : médical, certes, mais aussi policier et drame. Comédie, également, mais tout dépend de votre humour et de votre potentiel cynique. Ah, cynique. Que j’aime ce mot.

Je m’explique (et je passe ainsi à un langage plus précis afin de mieux vous exposer mon point de vue). Pour ce faire, je m’en vais vous copier/coller le résumé d’un site quelconque puis je démonterais ce résumé pour que vous compreniez bien où j’aimerais vous emmener aujourd’hui.

 « Docteur House est une série où le criminel est la maladie et le héros un médecin irrévérencieux controversé qui ne se fie à personne et moins encore à ses patients. Le Docteur Gregory House est dépourvu de bonnes manières et ne communique pas avec ses patients. Jeune, il a eu une grave infection qui l’oblige depuis lors à utiliser une canne. Il fait preuve de beaucoup d’obstination envers les cas qui lui sont confiés, particulièrement si ses confrères ont échoué avant lui. Son comportement se situe à la frontière d’une attitude antisociale. Physicien, il a des pensées peu conventionnelles mais son instinct sans faille lui a permis d’acquérir beaucoup de respect… Spécialiste des maladies infectieuses et brillant diagnosticien, il aime résoudre des énigmes dans le but de sauver des vies. Il est secondé par une équipe de jeunes experts : un neurologiste, un immunologiste, sans oublier son bon ami le Dr. James Wilson un spécialiste en oncologie… »(source : dossier presse RTL)

Chester blesses internet, j’ai du travail. J’aime bien la première phrase du résumé qui n’est pas sans rappeler une petite remarque de genre que j’ai faite un peu plus haut. Pour le reste, approfondissons gaiement dans les joies les plus ironiques qui soient. Déjà, dire que Docteur House est dépourvu de bonnes manières, j’ai envie de vous dire que c’est faux mais basons nous sur l’idée principale : Gregory House est un bon médecin, un excellent médecin, à dire vrai. Dans de nombreux épisodes de cette série qui entame en ce moment sa sixième saison, on entend parler de lui comme du meilleur. Le meilleur. Diagnosticien connu et reconnu, Gregory House base ses diagnostics tant sur des connaissances précises que sur un sens de l’orientation aiguisé et une logique qui lui est propre, pour ne pas dire ontologique. Petite onomatopée impressionnée. Un genre de waow à peine murmuré pour faire classe. Mais en fait, le gros avantage de House c’est que, de fait, il n’aime pas les gens. Quelque part, House, c’est l’idéaliste déçu et aigri qui dort dans tous les cyniques, c’est le mec qui aimerait croire à l’Humanité mais qui a décidé que tout était noir pour ne plus être déçu ou, du moins, pas davantage. Les gens mentent, sont hypocrites, faibles, égoïstes. House ne s’illusionne pas sur la race humaine et encore moins sur lui même, à tel point qu’au détour de certains épisodes on peut le voir surpris, touché voire – c’est rare – ému. Je garde un souvenir presque larmoyant de l’épisode 17 de la saison 3 où ce médecin de génie se borne à appeler l’enfant d’une photographe un embryon et n’arrive pas à comprendre comme une femme peut être prête à perdre la vie pour un foetus. La scène dans le bloc opératoire est d’une humanité délicate, grandiose.

House c’est aussi et avant tout le médecin franc, rude voire cruel, connu pour sa répartie fracassante et ses phrases cultes. Petit medley! (j’ai la vague impression d’écrire l’article le plus long jamais posté par ma personne sur ce très cher blog)

Foreman: Je croyais que tout le monde mentait
House : C’est dans le mensonge que la vérité commence, méditez cela !
Foreman: Ca veut rien dire, non ?

Il n’y a pas de mort digne ! Notre corps nous lâche parfois quand on a 90 ans parfois avant même qu’on vienne au monde mais ça arrive fatalement. Il n’y a jamais de dignité là dedans. Peu importe qu’on puisse marcher, voir ou se torcher les fesses tout seul c’est toujours une horreur, toujours. On peut vivre dans la dignité mais pas mourir. [ House ]

À chaque seconde où nous refusons de nous aimer les uns les autres, un pauvre petit bébé chien verse une nouvelle larme [ House ]

Foreman: « Je trouve que votre argument est spécial.
-House: Et moi je trouve que votre cravate est laide ! »

L’avantage de la série, c’est que non seulement les personnages sont humains, mais – en plus – David Shore a fait en sorte que tout un groupe de personnes diversifiées entre en interaction avec House. On a un patient, différent à chaque épisode, pour une maladie, différente à chaque épisode. Il y aussi son équipe avec Cameron, jeune femme optimiste, Chase, rentier australien lèche-botte, et Foreman, l’autodidacte de banlieue qui a une grande gueule. On pourra citer aussi Cuddy, fantasme profond de House mais aussi son seul véritable adversaire en ce sens où la femme est également son boss. Et puis Wilson, son meilleur ami, ou ce qui s’en rapproche… Parce que House n’aime pas les gens et ne s’en cache pas.

Entre leçons de vie et leçons de cynisme, je regarde House tant par besoin de divertissement que de réaliste. Oui, il y a des épisodes où il n’arrive pas à sauver son patient, ça arrive. Oui, il n’est pas un surhomme. Et c’est un drogué! Voilà, je suis conquise!

Gregory House, avatar de la société désabusée? Aucune idée. Dans tous les cas, on ne peut qu’admirer Hugh Laurie pour sa performance affolante. Hugh Laurie, c’est l’un des méchants dans le film les 101 Dalmatiens. Acteur britannique (qui joue dans une série américaine? Paria!) au caractère déjà revêche, Hugh Laurie est un professionnel et David Shore n’hésite pas à avouer que House n’est pas son entière œuvre puisque son acteur principal a énormément fait tant pour House, cœur de tout cet article et de toute la réalisation, que pour la série. Pointilleux, perfectionniste et quelque part profondément similaire à son personnage, Hugh Laurie nous présente un House tout en fierté, en rejet et en humanité. Parce que, oui, c’est un monstre, mais un monstre réel.

Au final, Gregory House est un fumeur de Chester qui s’ignore.

&, sur ses entrefaits, une conclusion pas trop bâclée, un peu de circonstances, tout ça, en attendant d’avoir votre avis…

Soit Dieu n’existe pas,
soit sa cruauté dépasse l’entendement. [ House ]

Hier matin fut un de ces matins merdiques. Vous savez, ces matins où 3 réveils sont nécessaire pour vous réveiller, 5 pour vous motiver. Le genre de matin qui succède à une nuit merdique et précède – généralement – une journée tout aussi merdique. Même pas la motive de me faire un petit déjeuner digne de moi, oubli du café dans la cafetière, vautrage dans le canapé à surfer nonchalamment sur les sites habituels. Même Nina Simone ne parvient pas à m’arracher l’esquisse d’une émotion. Et là. Le petit truc anodin qui va changer ma journée.

Vous vous demandez ce que c’est hein? Vous vous imaginez peut-être un truc assez classe, ou alors un truc crade, ou alors vous en avez rien a foutre. Mais non! Bon, je l’avoue. J’ai brusquement décidé de regarder Men In Black. Et pas n’importe lequel : Men In Black 1 (s’il vous plaît!). Et quel film! Je sais Cendar, tu es déçue, consternée certainement. Mais à force de voir des films d’auteurs, j’en avais oublié la définition d’un « bon film ». Ou plutôt j’avais réduit la catégorie de manière à ce qu’aucun film holywoodien ou sans prétention puisse s’y immiscer. Mais Men In Black est un film d’anthologie. Pourquoi? Parce qu’il y a :

De la science-fiction à deux balles. Bah oué, moi j’ai toujours pas compris comment une galaxie peut tenir dans une bille, mais je vous avoue que ça me fait tripper un max.

De l’action. Pas beaucoup, mais bien distillée. Moi j’en ai marre des scènes d’actions qui durent, durent et durent encore.

Des aliens : et quels aliens! Faut voir leur tronche : on va des boudins de la caféteria qui jactent comme des tchèques sous hélium, au gros cafard répugnant pris d’un complexe d’infériorité en passant par le bull français qui parle comme mon oncle (fumeur notoire), sans oublier le poulpe de l’espace!

De gros gunz : quoi des gros phallus? Non, je trouve le carboniseur azimut réverberant à capacité accrue très crédible moi. Sans oublier le fou rire du révolver/seringue qui clou au mur Will Smith… Et quand on parle du loup.

Tommy Lee Jones et Will Smith : parce que c’est le couple le plus classe depuis De Niro et Al Pacino, parce que Tommy Lee Jones a du chien, et Will Smith a la classe, parce que c’est eux les men in black! Quoi je m’emballe?

Enfin bref tout ça pour dire pas grand chose n’est-ce pas? C’était juste histoire de rappeler que moi aussi je peux savourer les choses simples.

Eh ouais. Comme à peu près tout ce qui ressemble de près ou de loin à un étudiant français en sciences sociales, économiques ou juridiques, j’ai passé ma soirée d’hier à regarder notre cher ami Nicolas derrière mon écran. Comme à peu près tous les autres, je suppose, j’ai écouté, regardé, observé, analysé, entendu, ri et critiqué. Au milieu des choses vraies, les choses fausses et, drapé de toutes ses plus belles et précieuses vérités, le mensonge démagogue se pavanait sous nos yeux. Au demeurant, le mensonge était sexy, bien préparé. Pour une fois, Sarko a parlé lentement, de façon très claire mais – malgré tout – en l’écoutant parler on pouvait voir se dessiner insidieusement le labyrinthe de sa réflexion qui amenait non pas à la réponse de la question qu’on venait de lui poser mais à un thème parallèle grâce auquel il pouvait prétendre nous impressionner. Oui, hier soir, Nicolas Sarkozy rencontrait 11 français en direct depuis la-chaîne-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom-parce-que-ce-sont-des-parias-de-droite-et-capitalistes-de-surcroit… En bref : TF1. Et là, Ô joie, Ô surprise, Ô MIRACLE! La France qui se lève tôt était là, messieurs dames nos lecteurs! Juste sous NOS yeux! On a eu droit à l’ouvrier syndicaliste, à l’étudiante sur diplômée au chômage, à la française moyenne caissière à ***** qui ne reçoit pas de bourse pour ses enfants, à l’infirmière qui est perdue face à ses conditions de travail, à la jeune blondinette de 30 ans qui est auto-entrepreneuse… Excusez-moi, je vais vomir.

C’est pour ça que moi je veux pas parler politique. Déjà, parce que jamais personne n’est d’accord avec moi et que je suis lasse de devoir non pas défendre mais expliquer mon point de vue. Ensuite, parce que la politique c’est autant une histoire de démagogie que de presse et entre Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernaud hier, on a vraiment atteint le summum de l’absurde. Et ensuite parce que de toutes façons la France qui se lève tôt, comme on l’appelle, restera toujours d’une cécité et d’un égoïsme profonds. Rien que d’y penser… Beurk. En plus, je vote Sarkozy UMP et je vous emmerde. Eh ouais. Je suis étudiante et je vote à droite (han, blasphème, quelle horreur, qu’on la pende!!!). Je crois que c’est là que, par instinct de survie, je dois arrêter le débat.

Parler politique, c’est le mal. C’est pourquoi je vais vous parler de Facebook. Ou plus exactement des groupes Facebook. Parce qu’au fond, le concept Facebook, on adhère ou on n’adhère pas, ça restera sans doute toujours une immense bergerie de moutons moyens et de moutons anticonformistes avec quelques loups par endroit… N’empêche que Facebook m’a permis des fous rires que je n’oublierai jamais.

Tout d’abord, le phénomène Poney. En premier lieu, sachez qu’il découle de l’expression du « je peux pas, j’ai poney », qui vient de je ne sais où mais que je connaissais avant Facebook. Je suis une fan inconditionnelle du « je peux pas venir aux partiels, j’ai poney! », « je ne vais jamais à la piscine sans mon poney de bain » ou encore « Mon poney est plus grand que Sarko ». Les poneys sont internationaux, ils se rallient à tout, s’occupent de tout, ont leur mot à dire dans tout. En plus, ils sont mignons, n’ont rien à voir avec le reste de l’univers. Les poneys, quoi.

Là, je viens de tomber en admiration devant la fanpage « j’aime tellement mon lit que je couche avec ». Celui-ci est particulièrement explicite. Non?

Après, il y a les phénomènes anti-roux, anti-gros, anti-moche, anti-tout, tant que ça gueule et que ça revendique, TOUT VA BIEN. On a aussi les groupes pro-alcool, anti-modération, pro-excès, pour le colocalcoolisme. Ya les groupes de débauchés, les groupes de faux-candides, les groupes de réac.

Bah ouais, les groupes de réac, les mecs! Quand les filles ont été atteintes de ce virus bizarre qui les poussait à mettre la couleur de leur soutien-gorge dans leur statut… Moins de 24h plus tard, on a eu droit à « on s’en fout de la couleur, on veut une photo » ou alors la taille, la preuve, etc. Les mecs se sont unis en masse pour se rebeller contre ce phénomène pour le moins étrange et incompréhensible. Tony Musulin, le fameux convoyeur, a aussi éveillé les passions des facebookeurs, leur sympathie, aussi. « Tony Musulin, il a fui, il a tout compris ». Ce qui n’est pas sans rappeler le groupe-jeux-de-mot-ahah-quel-humour « Jeanne d’Arc, elle a fri, elle a tout compris ». Merci Rodolphe!

Après, il y a les groupes plus sérieux contre la pédophilie, tout ça, mais je parle pas politique. Ahah. Il y a aussi les groupes douteux, dont je ne parlerai pas, et puis les groupes un peu trash, un peu absurde comme « plaque moi contre mon GAJA et dis-moi des choses sales en latin ».

On a aussi les groupes d’adhésion de race « juriste », « CAP coiffure ». Ya les « Si toi aussi… », un jour je créerai un « si toi aussi quand tu vas aux toilettes, ton caca fait des bulles » et je verrai combien de débilitants adhèreront. On a aussi les groupes facebook « mon contenu est une chaîne mail »…

Bref. Il y en a une masse incroyable et il me faudrait plusieurs années pour vous faire une analyse précise et sensée du principe du groupe facebook… Pour ma part, le groupe facebook, c’est surtout une ou deux minutes de sourire amusé voire de rires et l’envie de partager un délire avec des amis sur la page d’accueil. Rien de plus, rien de moins. De toutes façons, l’engagement, ça me fait peur.

avis au lecteur : ceci est un article politico moralisateur totalement en marge du reste du contenu du blog et qui ne plait que très moyennement à ma coblogueuse.

Ce matin, après avoir revu ce monument qu’est Men In Black (ne cherchez pas le rapport, il n’y en a aucun), je suis tombé par hasard sur un article extrait du journal Le Temps dans le Courrier International, critiquant d’une manière remarquablement concise et percutante les délires de notre Ministre de l’Immigration, pion de la droite française et incarnant remarquablement les dérives de la droite – mais pas seulement la droite – européenne. Je n’ai plus pour habitude de parler de politique. J’étais de ceux qui pouvaient s’engager dans des débats enflammés et tenir leur flambeau dans une démarche jusqu’au boutiste souvent stérile, et puis finalement j’ai décidé, à la fois par répugnance mais aussi par humilité devant ce que je ne maîtrise pas, d’arrêter de me mêler de politique. Mais ça ne m’empêche pas de prêter une oreille attentive et cynique aux nouvelles du monde. Mais depuis quelques temps, une étrange sensation s’est éveillée en moi, cette sensation que l’on nomme la peur. La peur d’avoir peur. Parce que la peur et l’ignorance sont intimement liés, ignorance dont découle la folie des hommes. Alors j’ai peur de cette peur irrationnelle, celle qui vous fait renier les idéaux pour adhérer à la haine, celle qui vous fait dire et penser des choses répugnantes.

Dans le contexte de crise sans précédent – même si certains le nierons – que nous vivons actuellement, on se retrouve toujours malgré soi à chercher un sens. Mais le seul sens à l’Histoire est l’ironie. Certains croyaient que l’Homme pouvait tirer les leçons de ses erreurs, et d’autant plus facilement que le monde d’aujourd’hui est né sur les cendres de la plus grande folie que notre civilisation ai jamais connu. Mais moi je n’y crois pas, ou tout du moins plus. Comme le disent les écritures bouddhistes, l’étendard est toujours immobile, c’est le cœur de l’homme qui est en tourment.

Tout cela pour en venir au sujet de mon angoisse : l’évolution du débat sur l’identité nationale française. Je ne suis pas de gauche, je ne suis pas réellement de droite. J’attends tout simplement un homme capable de porter mes idéaux. En attendant, je me considère comme apolitique. Bref. Je n’étais pas foncièrement opposé à l’origine à ce débat, car ce que je hais presque autant que le racisme, c’est cette peur mal placée que nous avons en France de la xénophobie qui nous pousse à lyncher la première personne à ne pas ponctuer toutes ses phrases par « le racisme, c’est mal ». Mais plus le temps passe, plus ce débat perd le peu de sens qu’il pouvait avoir. Et puis d’abord quel débat? On vous a consulté? Vous a-t-on informé de lieux de discussion? Y a-t-il seulement un autre objectif que celui de donner au gouvernement des possibilités de polémiques et de manipulation des masses? La politique n’est qu’une vaste farce, reste à trouver la dinde. On parle maintenant de faire signer une Charte des Droits et Devoirs du Citoyen à tous les jeunes atteignant la majorité. Pourquoi faire une proposition aussi absurde? Donner un enseignement d’éducation civique de qualité au collège et lycée ne suffit-il pas? Bien entendu que si, mais les hommes de pouvoir aiment prendre pour des cons les hommes et les femmes qui leur ont accordé ce pouvoir. Parce que le public visé ici, ce n’est pas le jeune bourgeois parisien, ni même le pecno de Challes-les-Eaux. Celui qui est visé, stigmatisé, c’est le jeune des banlieues, paumé dans sa jungle urbaine et en prise avec toutes les dérives de notre société. Mais sincèrement, quelqu’un pense-t-il réellement que lui faire signer un papier et chanter la marseillaise la main sur cœur en tournant a cloche pied autour d’une statuette enroulée dans du jambon lui fera soudain prendre conscience de la magnificence de la nation française? Quel est l’objectif poursuivi? M. Besson, et à travers lui M. Sarkozy, ont ils conscience que le mouvement de stigmatisation amorcé peut déboucher sur une résurgence brutale et violente de la peur et de la xénophobie? Si ce n’est pas le cas, une telle bêtise serait inquiétante pour le devenir de la France. Si, au contraire, tout cela est bel et bien prémédité, puisse la crise économique ne pas trop s’aggraver, sinon je ne donne pas cher de l’intégrité morale française des 10 prochaines années.

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