avril 2010


 Comme toute étudiante qui se respecte, quand arrivent les partiels et que je suis obligée de m’enfermer pour réviser, nécessairement, je me paye une irrépressible envie de faire la fête. Logique, on veut toujours ce qu’on ne peut pas avoir… Et comment survivre à cette putain de frustration que je qualifierais d’ontologique? Je n’ai qu’une solution, pour ma part, et c’est d’écouter des chansons de beuverie. Parfaitement. Vous m’avez bien lue. Il y a, selon moi, des chansons particulièrement adéquates pour faire la fête.

Généralement, ce sont soit de vieux tubes anglais sinon quelques bonnes vieilles chansons françaises dignes de ce nom. Et juste pour vous, je vais vous en faire une liste exhaustive.

Niveau classique, je citerais sans mal quelques tubes d’AC/DC tels que Back in Black, Thunder ou encore Highway To Hell. Je citerais aussi, naturellement, It’s My Life de Bon Jovi. Je peux aussi citer The Final Count Down d’Europe. Ou l’Alabama Song de The Doors. Également, et c’est normal, du Queen… Bohemian Rapsody, We are the Champions, We Will Rock You, I want to break free… Du Rolling Stones, aussi, Satisfaction. Et quelques bons vieux titres irlandais. Bref, du lourd.

Niveau français, on a quand même quelques perles à gueuler une fois bien faits. Cayenne, de Parabellum… Mort aux vaches, morts au condés, vive les enfants de Cayenne, à bas ceux de la sûreté. La Rue Kétanou est aussi parfaite pour une bonne petite soirée bière et connerie entre potes. Qui dit mieux? (ouah, ce jeu de mot). Et puis, de toutes façons, c’est pas nous qui marchons pas droit, c’est le monde qui va de travers… Nos chansons paillardes, qu’on connait tous, mais dont l’enregistrement est relativement dur à trouver alors passons. J’aime bien écouter du Volo de temps en temps, aussi, mais je vous en ai déjà parlé. Et puis, Les Wriggles. Les Ogres de Barback. L’As de Trèfle… Quelle douleur que de ne pouvoir faire qu’une liste exhaustive. Promis, je m’inspirerais de cet article pour vous faire quelques autres postes, un peu plus aboutis. Je suis obligée de vous citer Noir Désir, Louise Attaque, La Mano Negra, Matmatah, Manu Chao. Rhaaaaaaaaaa! Bref.

Et puis, moi, quand je pense soirée… Nécessairement, je pense Soldat Louis. Soldat Louis, c’est un groupe très largement inspiré des chansons de marins. Chansons de vieux Loups de Mer, d’homme qui voyage de port en port, qui rêve de la mer, boit du rhum, chante la gloire des putes. Chansons de bons vivants. J’ai une petite préférence personnelle pour Pavillon Noir (vivemeeeeent qu’on s’baaaaaaaarre) mais c’est mon côté globe trotteur qui est mis à mal, pas ma faute. Soldat Louis, ça restera toujours le souvenir musical de quelques soirées pour le moins mémorables. En vous parlant de ça, j’ai l’image d’une brochette d’amis, tous des hommes, entassés sur un vieux canapé en cuir noir complètement défoncé, une bière au poing. Il était déjà très tard, on avait bien bu. Je ne sais plus trop comment on a fini par décider ça… bref. Ils devaient réussir à chanter Du Rhum, des femmes, sans quoi ils n’avaient plus le droit d’avaler une seule goutte d’alcool de la soirée. Je crois que je venais vaguement de leur rappeler que le lendemain ils devaient presque tous aller travailler et qu’il serait éventuellement sage d’arrêter de boire. Forcément, comme tout mâle qui se respecte, ils ont essayé de me prouver mes torts. Et ces 6 couillons se sont mis à gueuler ce tube de beuverie, bière au poing (au point d’en renverser allègrement mais passons). Et ils ont réussi. Quand on menace un mec de lui piquer sa bière, il relève toujours tous les défis, c’est un fait avéré et proprement hallucinant. Comme quoi…

Enfin, voilà, pas de sujet d’article à proprement parler sinon une playlist pour vos oreilles d’alcooliques frustrés, ici, et le simple désir d’avoir partagé un petit bout de culture pochtronne avec vous. En espérant que ça vous aura envie d’écouter quelques vieux morceaux, à vous aussi.

NB – Évidemment, si vous avez des compléments à me proposer, n’hésitez surtout pas!

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Retour aux sources. J’ai pris l’habitude de regarder mes films par filmographie. Ma méthode est simple : trouver un réalisateur talentueux et regarder toute sa filmographie. Après avoir terminé celle de Richard Kelly (Donnie Darko, The Box et Southland Tales), je me suis attaqué à celle de Sam Mendes. Pour être honnête, je n’ai pas encore vu son tout dernier (Away We Go). Toujours est-il que c’est un réalisateur vraiment talentueux. « Samuel Alexander Mendes dit Sam Mendes est un réalisateur britannique né le 1er août 1965 à Reading. Il fait ses études à l’université de Cambridge avant de rejoindre le Chichester Festival Theatre. Il rejoint ensuite la Royal Shakespeare Company où il dirige Troïlus et Cressida avec Ralph Fiennes, et Richard III. Il devient ensuite, en 1992, le directeur artistique de la Donmar Warehouse de Londres où il met en scène La Ménagerie de verre de Tennessee Williams et une adaptation scénique de la comédie musicale Cabaret. Il dirige enfin La Chambre bleue avec Nicole Kidman. » Bref, après cette carrière au théâtre, il se lance dans le cinéma. Pour l’anecdote, il vient de divorcer de Kate Winslet. Ok, useless.

Il démarre sa carrière cinématographique plutôt brillamment en réalisant American Beauty. J’espère que chacun de vous a vu ce film, parce que dans le genre c’est plutôt un chef d’œuvre. Le film est une sorte de concentré des maux de l’Amérique contemporaine : homophobie, mal-être de la jeunesse, drogue, culte de la superficialité qui se traduit à la fois dans les fantasmes que nourrit le quadragénaire – magistralement interprété par Kevin Spacey – pour une jeune fille dont l’esprit insignifiant est l’incarnation même de l’ennui, dans ses désirs matériel (culte du corps, grosse voiture) mais aussi de manière plus générale dans la fuite de cette petite vie bien rangée, où les familles, banlieusards paumés de l’American Dream, sont rangées dans de petites boites alignées à perte de vue. Et il ne faudrait pas omettre une maîtrise esthétique exceptionnelle pour un premier jet. Si vous l’avez vu, vous vous rappellerez sûrement de cette scène où le jeune filme la danse chaotique d’un sac plastique pris dans des tourbillons aériens. Le genre de scène qui reste gravé.

Mais Sam Mendes est certainement de ces hommes qui refusent de se laisser enfermer, à l’inverse de ses héros qui se laissent ou se sont laissées enfermé dans un système étroit. Son deuxième film s’attaque donc à un tout nouveau genre : le thriller mafieux des années 30. Je ne m’étendrais pas plus que ça sur ce film. La réalisation est nickel, les personnages brillamment interprétés par Tom Hanks et Paul Newman (paix à son âme), l’histoire bien rodée, l’ambiance maîtrisée. Bref, un bon film, mais qui n’a rien de foncièrement original. Un mafieux se fait trahir par sa famille – mafieuse – et s’enfuit avec son fils, tentant de s’extraire de ce système pour offrir une nouvelle vie à ce dernier.

Sans transition, il s’attaque cette fois au film de guerre. Et histoire de ne pas faire dans le vu et revu, il s’attaque à un conflit souvent oublié : la guerre du golfe. Il met ici en scène le génialissime Jake Gyllenhaal (Donnie Darko) dans le rôle d’un jeune soldat, un peu paumé, à la recherche d’une famille incarnant la rigueur et la force qu’il n’a jamais pu trouver dans sa famille de dégénérés. Le film en lui-même n’a rien d’exceptionnel, ni dans son traitement ni dans le fond. Mais tout est une fois de plus maîtrisé, sans maladresses. Les thèmes habituels y sont traités : les fantasmes de puissance, la perte de la raison, la frustration sous tous ses aspects, l’incompréhension et l’horreur. Au final, le traitements des thématiques sont toujours maîtrisés, mais c’est peut être ce qui constitue justement la faiblesse de Mendes : on assiste à du bon, mais pas du très bon. C’est ce qui fait la différence entre le réalisateur talentueux et le maître. Toujours est-il qu’il est à noter que certains passages de Jarhead sont d’un esthétisme assez décoiffant : le désert y est représenté dans toute son hostilité, son aridité. Mais c’est surtout la scène où les irakiens mettent le feux aux puits de pétrole qui a retenu mon attention : les soldats s’enfoncent dans une immensité opaque, sous la pluie de pétrole, pénétrant un univers sombre, limite dantesque, digne des sinistres contrées dépeintes par Tolkien.

Je ne pourrais pas vous parler de Away We Go, je finirais donc sur Les Noces Rebelles. Mendès nous livre ici un film plus intimiste, porté sur la psychologie d’un couple en détresse. On revient ici à l’un des thèmes abordé sdans American Beauty : la normalisation, la banalité, l’enfermement dans les standards. Il met en scène le célèbrissime couple de Titanic : DiCaprio/Winslet. Plongeant dans les racines de leur mal être, Mendes nous dévoile avec une certaine pudeur les peurs qui rongent les deux époux : peur de la banalité, peur de la mort, peur de la perte de la passion. Les mécanismes de défense de chacun se mettent en place, mélangeant agressivité, rancœur, culpabilité. On comprend très vite que le couple ne partira jamais à Paris, n’ira jamais reconstruire sa vie ailleurs, sous de meilleurs horizons, sacrifiant leurs rêves et aspirations pleines de fougue sur l’autel du matérialisme américain.

Voilà. Je souhaitais juste vous donner un petit tour d’horizon de son œuvre qui est plutôt intéressante. Pas décoiffant certes, mais du talent, de la maîtrise et des thèmes diversifiés. De bons ingrédients pour de futurs chefs d’œuvre? Je l’espère.

L’article post-débat-politico-moralo-syndicalo-putain-de-bordel-de-merde-c’était-presque-la-guerre, ça me fout quand même gravement la pression, là. Mais, le truc, c’est que je suis, comme tout le monde, en période de partiels et que – en toute honnêteté – j’ai d’autre soucis dans ma vie que vous pondre l’article du siècle. Je sais, ça fait très souffrante de flemmingite aiguë mais je préfère encore me préserver pour mes exams plutôt que me retourner le crâne pour un blog qui, lui, tournera encore après le 18 mai. C’est vrai, ça, vous avez une idée de ce qu’on endure, ici? Loin de toutes conceptions amicales me poussant à dénoncer mes exs jaloux et l’attitude de sale gosse de mon co-bloggueur, la vie d’un étudiant, c’est pas toujours facile.

Hier, en section commentaire, avec le secrétaire général de l’UNEF, sans avis politique vraiment précis (enfin pour moi, du moins), on a parlé de la qualité des diplômes. Je peux vous dire que la qualité des diplômes, là, je la sens bien passer. Plus tard, j’en suis persuadée, je repenserais à ma vie étudiante comme à la belle époque. C’est vrai. La vie étudiante, c’est cool. C’est le début de l’indépendance, de la vie loin du domicile parental, c’est des fêtes comme on en faisait pas vraiment à l’époque – lointaine mais pas tant que ça – du lycée. C’est aussi la possibilité de se taper des grasses matinées de fou, la possibilité de côtoyer des personnes cultivées (ou presque). La vie étudiante, même pour un juriste, ça a un côté bohème qu’on ne peut définitivement pas nier. Je ne pense pas que, quand j’aurais enfin réussi à devenir magistrate, j’aurais l’opportunité le jour de la Saint-Patrick de me retrouver à me faire griller la pilule dans un parc à boire du Jurançon et de la bière en attendant d’aller en réunion pour un travail de groupe. C’est vrai.

Mais en attendant, quand la période des partiels arrive, ça commence à devenir Hard Times, voyez. C’est la période de la restriction, là où tu serres ta ceinture pour tout ou presque. Quand les partiels s’annoncent, déjà, tu dis adieu à toutes envies de vouloir aller faire la fête. Parce que tu ne peux tout simplement pas te permettre d’avoir la gueule de bois. C’est triste, hein? Mais ça va encore plus loin. Quand t’es en période de partiels, tu oublies, aussi, l’idée d’une bonne vraie grasse matinée. Tu culpabilises dix fois plus quand ton réveil ne sonne pas… Parce que c’est du temps de perdu. Tu culpabilises, aussi, d’avoir envie de regarder un film ou un épisode d’une série, quelle qu’elle soit. Quand tu lis, tu lis un truc en rapport avec tes cours. Pour me détendre, en ce moment, je lis Surveiller et Punir de Michel Foucault, un traité philosophique sur la naissance de la prison et la réforme du droit pénal. Paye ta détente. Bon, j’aime ça, c’est intéressant, mais c’est franchement éreintant, mine de rien.

En période de partiels, parce que je sais comment je vais réagir au stress, je m’y prends un mois à l’avance pour tenter de réduire ma consommation de cigarettes. Pourquoi? Parce que si, quand la période de révision arrive officiellement, je suis encore à un paquet par jour, je sais d’avance qu’à la fin des partiels je serais à trois paquets. En période de partiels, quand tu vas faire tes courses, même si tu en as encore chez toi, tu rachètes du café, parce que t’as carrément trop peur d’en manquer. Imaginez trente secondes de réviser jusque minuit sans café… Inconcevable. En période de partiels, aussi, tu achètes la blinde d’aliments consommables sans passer par la case cuisine. Pain, fromage, jambon, tant que tu ne perds pas 10 minutes à faire cuire des pâtes, t’as l’impression d’avoir grillé la moitié de la population en apprenant un paragraphe de plus que les autres. Ouais. Sauf qu’on fait tous ça, en fait.

Même pas je vous raconte l’influence que ça a sur vos relations sociales, en plus. Parce que quand les partiels arrivent, tu ne fréquentes plus QUE des gens de TA filière, comme ça, vous pouvez parler de votre sujet de conversation préféré : vos cours! Ça vous permet de réviser même en voyant des potes : le pied. Vous n’avez plus d’amis en dehors de votre amphi, plus de famille, parce qu’ils ne peuvent pas vous aider à gagner des points, et vous n’aimez soudainement plus sortir. C’est pathologique, en fait. Tu tournes aussi à l’organisation excessive. Tu régules tes heures de sommeil pour optimiser ton temps de révision. Ça m’arrive, par exemple, d’être tellement fatiguée que je vais me coucher à 18heures et de faire sonner mon réveil 5 heures plus tard, à 23heures, donc, pour reprendre mes révisions là où je les avais laissées. C’est pas très sain, tout ça, mais c’est complètement obsessionnel. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui savent aujourd’hui ce qu’ils vont faire quasiment à chaque minute de leur vie jusque dans deux semaines? Moi oui, une bonne centaine, tous des étudiants. En commençant par moi. Par exemple, là, je vais finir mon article, après je vais bosser mon espagnol pendant une heure, envoyer le tout à mon co-bloggueur (parce que solidarité sinon on meurt tous), puis je vais bosser mon droit civil. Après, direction le campus pour une projection en espagnol. En rentrant, droit pénal. Demain, matin, espagnol, demain soir, droit administratif. Samedi, Histoire des relations internationales et pénal. Dimanche, civil et droit administratif. Lundi matin, un dernier coup de HRI, lundi aprem, Droit Civil jusque très très tard dans la nuit. Mardi, exam le matin. Mardi après-midi, révision d’admin avant exam. Mardi soir et mercredi matin, HRI. Mercredi aprem, soir et jeudi très tôt le matin, pénal. Jeudi aprem et jeudi soir, In The Name Of the Father & Superfreakonomics. Samedi, je dors. Toute la journée. La semaine suivante sera similaire, celle d’après aussi… c’est la course, c’est la guerre, c’est la mort.

La période des partiels, dans la vie étudiante, c’est Tchernobyl, Bagdad, Beyrouth, Tchang Kaï-Check, Hiroshima, Bush, Staline, Hitler et De Gaulle réunis. En une seule période de l’année, que tu subis deux fois. Moi je dis, c’est – un peu – du foutage de gueule.

Je n’aime pas m’engager politiquement. Mais vous savez ce que j’aime encore moins? Qu’on me prenne pour un con. Et vous savez ce que je déteste encore plus? Qu’on me dise quoi penser. On y est : j’aime pas les syndicats. Je sais, ça va vous paraître brutal. Non pas que je nie leur utilité, leur rôle fédérateur et vital, ainsi que leur influence positive dans le passé, mais je n’aime pas ce qu’ils sont devenus. Un exemple : tous les avions sont cloués au sol, les représentants syndicaux à la SNCF n’en ont rien à faire, quitte à paralyser le pays, ils maintiennent la grève. Mais où est la conscience collective? Leur vision ne s’arrête-t-elle donc qu’au bout de leur nez? Ils prétendent le contraire bien entendu, défendant des acquis qui les dépasse, tant physiquement que temporellement, mais en somme, la conscience collective, la vraie, celle qui se rapproche presque d’un patriotisme du cœur, solidaire, cet authentique syndicat social conscient et visionnaire a disparu. A-t-il jamais existé? Je le pense.

Cette entrée en matière est peut-être trop incisive, mais je dois avouer que j’ai les boules. Reprenons à zéro. Lundi matin, je me rend sur le campus, pas encore très frais et dispo, avec pour seule ambition un coma de deux bonnes heures. Je marche donc tranquillement vers l’université Stendhal – aka Bagdad – lorsque soudain surgissent sournoisement deux individus fort louches : des syndicalistes. L’un bosse pour le compte de l’UNEF – syndicat étudiant de gauche -, l’autre pour la CNT – Confédération Nationale du Travail. Par une habile manœuvre, j’esquive le premier qui me lance un regard mi désespéré mi accusateur, mais je ne parviens pas à éviter la collision avec le second. Il faut dire aussi qu’il me prend par surprise avec un perfide « nous appelons à ne pas voter ». Bim. Je m’y attendais pas. Je prend donc son tract et entame la lecture en marchant vers ma salle de cours. Je vous en donne un rapide résumé. En titre : « Agir au lieu d’élire ! ». Ensuite, « élire des représentants à ces conseils – élections pour les conseils d’université – c’est signer un chèque en blanc à une poignée d’individus pour décider à notre place ». Puis « Les élus […] essaient de nous empêcher de parler en prétendant être seul représentant légitimes de tous ». Je vous passerai certains détails inutiles, mais je ne peux m’empêcher de vous citer la fin : « Pour des résultats concrets, la lutte et la SYNDICALISATION ! L’essentiel n’est pas de voter, mais de lutter toutes et tous ensemble ».

Voilà… Donc en résumé, voter c’est mal. On élit des gens qui sont censés nous représenter? Quoi? Mais c’est un scandale, ce n’est pas la démocratie ça! Les élus sont d’ailleurs tous des hommes avides de pouvoir, cherchant à tout prix à le détourner à leur profit (surtout les étudiants, cette espèce sournoise). Mais je me posais la question : c’est quoi la « lutte »? Nan parce que si on est plus sensé voter, comment fait on valoir notre opinion? Pour voter une loi on entre à 10000 au Parlement? 60 millions même, sinon c’est pas de la démocratie. Voter à gauche, je veux bien, croire encore à la lutte des classes, à la rigueur, mais déblatérer de telles conneries, c’est pas humain.

Mais vous vous dites surement que prendre l’exemple d’un groupe anarchosyndicaliste, c’est un peu enfoncer une porte ouverte. Mais rassurez-vous, l’action est en deux temps. J’arrive donc en cours, décidé à expliquer les raisons de mon ulcère à ma coblogueuse. C’est là que débarque un représentant du groupe Bouge Ton Campus en liste pour les élections. Il fait son speech, j’ai pas vraiment écouté, mais je retiens qu’ils se disent apolitiques, et ça, ça fait du bien. Mais voilà, l’ai le vice-président de l’UNEF dans ma classe. Hé oui. Politique oblige, nous avons tous droit à un contre speech – même la prof qui n’avait rien demandé, la pauvre – foncièrement véhément, partial et agressif. Oubliez l’adjectif « apolitique » utilisé plus haut, notre ami nous explique, marteau au poing et serpe planquée dans le pantalon, que ces gens ne sont rien d’autre que des « gogols », une véritable « mafia » aux pratiques douteuses qui cherche à, je cite, « simplanter dans nos facs ».

Voilà donc comment la gauche modérée nous apprend la modération. Pourquoi s’embêter avec le respect? La démocratie, c’est voter à gauche. Parce qu’au fond, c’est rassurant de croire aveuglément en des schémas politiques étroits, c’est rassurant de les prôner envers et contre tous, c’est rassurant de se laisser porter par l’esprit collectif, c’est rassurant de ne pas écouter les contre arguments, de ne pas respecter la contradiction, de la diaboliser même. Car oui, cette même personne – qui sait que je ne suis pas très à gauche – m’a un jour lancé une réplique pleine d’ouverture et d’intelligence en réponse à l’un de mes arguments : « de toute façon tu votes FN ». Malheureusement pour lui, je voterais plus pour DSK que Sarkozy, et je me sers d’une photo de Le Pen pour purger mes intestins les lendemains de soirées. Quel dommage, ça aurait été tellement plus simple de me mettre dans une petite case. Mais vois-tu, cher syndicaliste, le monde est plus compliqué que ça, et ton discours me donne la gerbe. Mai 68 est fini. Dorénavant, il va falloir combattre pour que notre société survive, pas pour conserver nos acquis sociaux. Et maintenant, essaie de te trouver une véritable identité plutôt que de coller au canon du syndicaliste frustré, aussi puant que paumé.

Aujourd’hui, j’ai envie de me plaindre. A la base, je voulais vous parler des élections étudiantes mais j’ai cru comprendre que mon co bloggueur voulait en parler demain et, comme je suis sympa, je vais le laisser faire. Mais forcément, ce con me grille mon sujet d’article. Après m’avoir exploitée à me faire poster pendant trois jours consécutifs… Et c’est pas comme si c’était déjà pas compliqué, d’être pote avec lui, croyez-moi. Parce que ce que vous ne savez pas, lecteurs, c’est qu’à cause de lui, deux de mes relations sont tombées à l’eau. Pas une relation, hein, deux. Et quand vous voyez l’animal, je vous jure, des fois, c’est vraiment déprimant.

Ce qu’il faut savoir c’est que l’année dernière, je passais exclusivement mes journées en sa compagnie et ça m’a joué des tours. La première fois, c’était l’année dernière, fin octobre. Je venais de me remettre pour la énième fois avec mon éternel ex, fidèle au poste. Et cet ex est une personne jalouse. Il est étudiant sur Lyon, je le vois souvent soit là bas soit chez mes parents. Enfin. Toujours est-il qu’un week end, c’était l’anniversaire du Petit (le co-bloggueur, donc) et je me suis rendue à une soirée pour ça. Le truc, c’est que la veille j’étais rentrée chez mes parents pour récupérer mon bac et Monsieur l’ex avait tapé sa crise parce que, ouais, je ne restais pas et je retournais sur Grenoble pour l’anniversaire d’un inconnu au bataillon. Se passe la soirée de l’échec et, au final, coincés dans la campagne, obligés de dormir sur place. Mon cher co-bloggueur et moi-même avons donc, en désespoir de moyen de transport retour, dormi dans la même chambre. La même chambre, pas le même lit. Une semaine plus tard, j’étais célibataire. Parce que je n’étais pas avec Monsieur mon ex, que j’avais dormi avec un autre (non mais vous y croyez, à ça?) et, bien évidemment, que je ne faisais pas assez d’efforts. Le coup du « vous avez dormi ensemble », il a eu la gentillesse de me le faire payer plus tard, en plus. Bref, le Petit venait de briser ma première relation de l’année.

Mais il ne s’est pas arrêté là! Non, non, non… Janvier, je commence à fréquenter un type que nous appellerons Anonyme pour plus de confort. Anonyme est sympa, il me fait rire, on passe de bons moments ensemble, je passe souvent la nuit chez lui… Tout va bien. Et puis, un jour, alors que j’étais en soirée chez des potes, Anonyme découvre la photo du Petit et pas n’importe quelle photo. La photo du Gala de droit, aka la soirée où il était en costard, choisi par ma personne, en bonne experte du blazer que je suis. Sur cette photo, il est seul, il fait beau gosse, presque grand. Anonyme se rappelle que le Petit squatte souvent la nuit chez moi, quand il ne peut pas rentrer dans sa campagne, et, soudain, Anonyme s’énerve (non sans un superbe « ah, elle te dit qu’elle couche pas avec ses potes? » de la part d’un excellent ami que je remercie encore de cette crise que j’ai subi à cause de lui). A partir de ce jour-là, Anonyme m’a fait vivre un enfer, de crises de jalousie en crises de jalousie, le Petit en rajoutant une couche chaque fois qu’il était dans le coin « ah, c’est Anonyme? Passe lui le bonjour… » MAIS TA GUEULE PUTAIN! J’essayais, désespérément, ou presque, de sauver mon couple, histoire de ne pas m’ennuyer la nuit. Et non. L’échec a été entier le jour où Anonyme, un matin, a pris pour lui d’éteindre mon réveil. Mon alarme s’appelait Phil, c’en était fini de nous deux. Le truc le plus horrible, dans cette histoire, c’est que tous mes réveils ont un nom débile, reste d’un mémo que j’avais collé en alarme et que je n’ai jamais supprimé. Actuellement, par exemple, j’ai « wake up call », « message Dam’s », « Papi anniversaire » et « Théo aspi ». Anonyme m’a punie pour ma tendance à servir de mémo universel à tout mon entourage en me condamnant à l’abstinence. Et tout ça à cause du Petit. Qui, précisément, est Petit.

Sans que ces jaloux l’aient vu, rien du tout, j’ai été obligée de mettre fin à deux de mes relations (oui, je suis celle qui part, pas celle qui regarde l’autre partir). Tout ça à cause de mon co-bloggueur aka le Petit, aujourd’hui. Ce connard. Il en est fier, en plus, ça le fait rire à chaque fois qu’on évoque le sujet. A chaque fois. Et, en plus, aujourd’hui, il me grille mon sujet d’article après avoir passé trois jours à me laisser le bébé. Sans préavis, rien du tout. Voyez ce que je subis, un peu. Vous le voulez? Je vous le donne! Par contre, n’oubliez pas de le nourrir régulièrement sinon votre vie deviendra un calvaire, parole de Cendar.

La moindre des politesses serait de m’excuser auprès de toi, lecteur, pour ma longue absence. Mais fuck, pas envie. J’avais vraiment rien à te dire, et je n’ai pas le talent de ma coblogueuse pour monologuer sur n’importe quoi. D’ailleurs je me pose des questions quant à mon approche bloguesque. Est-ce vraiment utile au final de vous parler art et culture? Quand je parle musique, faut écouter les albums. Quand je parle film, il faut regarder les films (et quand je parle livre etc…). Tout ça pour dire que pour réagir à ce genre d’article, soit il faut avoir la connaissance préalable de la chose abordée, soit il faut prendre le temps de s’y intéresser. Mais le temps… Je vous en demande peut-être beaucoup hein. Bref. A l’approche des partiels, le contenu de ma vie se rapproche du néant intersidéral. Alors j’ai peu de choses à raconter. Merde, je me répète

Bien, hier, j’ai limité la casse en comblant l’abrutissement servile de la vie étudiante par l’abrutissement servile du à la consommation de substances illicites. En même temps, aller à un concert reggae sans Marie-jeanne, c’est comme un français sans fromage. Here we are. Grenoble a du potentiel musical. On a des concerts, des bars, et des festivals. Et ce week-end nous offrait justement l’occasion de nous retourner le crâne à l’occasion du festival Root’s n’ Culture (8ème édition s’il vous plait) organisé par EVE. Et qu’on aime le reggae ou pas, ce genre d’ambiance est quand même super kiffante. Roots… Un petit mot qui évoque pas mal de choses : dreadlock, son pur, ambiance fraternelle… Bon, stoppons l’onanisme, quand on se trouve face à un mec défoncé en transe sur un morceau franchement médiocre qui vous fout des taquets à tout va, la candeur laisse vite place à une certaine misanthropie.

Mais musicalement, le son reggae root est particulier. Sa force fait aussi sa faiblesse. N’importe quelle rythmique reggae peut vous faire bouger. Tout est cool, bien marqué, rebondi et retenu. Nickel quoi. Mais le problème, c’est que la base musicale commune du reggae est unique, et de fait, la diversité et l’originalité en prend un coup. Et après trois heures de concert, c’est un peu ce goût là, légèrement amer, qui me reste à la bouche.

Bon, l’affiche avait l’air pas mal : Waka, Kanka, The Sentinel et Danakil. J’avoue qu’il n’y avait que Kanka que je connaissais et qui m’attirait. Mais problème logistique oblige, je n’ai pas pu les voir. J’arrive pour le deuxième concert : Sentinel. Voilà un bon groupe. Prometteur. Beaucoup de rythme, avec des influences plus hip hop, des instru calées, diversifiées et maîtrisées. Tout n’étais pas incroyable, certains morceaux et speech politico-sociaux laissaient un peu à désirer. N’empêche qu’au bout de 30 min de concert, on a toujours pas cette petite voix qui vous dit « quand est-ce que ca se termine ». On en redemande même.

Par contre, on ne peut malheureusement pas en dire autant en ce qui concerne Danakil. Je ne connaissais pas, mais tout le monde semblait attendre ce groupe. Bon, pourquoi pas. Les mecs débarquent : guitare, basse, chanteur dreadlocké, cuivres discrètement planqués derrière la scène. Bref, de bons ingrédients. Mais la sauce ne prend pas. Mais alors pas du tout. Ça m’a fait penser à ces musiques de collégiens qui sont extrêmement simples, voire médiocre, mais que tout le monde annone bêtement. Les paroles ont un intérêt proche d’un reportage sur les lombrics, la partie instrumentale et rythmique est répétitive et assez pauvre (même si elle est bien goupillée), les solos tombent souvent comme des cheveux sur la soupe, et vocalement, le chanteur m’a filé la chiasse (dixit un pote). J’exagère sur le chanteur, son rythme était bon, mais c’est ce genre de voix plate et prétendue reggae que l’on trouve dans les pochettes surprise. En même temps je ferais pas mieux, ok. Mais le pire, c’est qu’après je ne sais combien de promesses de « dernière chanson », on se met à souhaiter joyeux anniversaire à Maman, au guitariste, à un inconnu, et à un mec du staff. Youpi, et c’est reparti pour un morceau interminable (30 secondes, nous avait-il dit).

Bref, un peu dégouté d’être parti là dessus. Kanka attendra une autre fois.

Et pour conclure, petite vidéo prise par mes soins (admirez la qualité…) d’un des morceau de Sentinel (pas le meilleur, mais pas mal tout de même).

J’ai toujours aimé réfléchir à des trucs sans importance, ça me permet de faire un peu le ménage dans le bordel qui me sert de tête et de me concentrer sur des trucs reposants. Aujourd’hui, c’est la faute des vosgiens, je réfléchis à la diversité culturelle française et ça me fait doucement rire. Nécessairement, il va falloir que je m’explique… Le principe, c’est qu’à l’étranger, le Français, c’est le parisien avec son béret et sa baguette sous le bras… Trop sex. Mais dans la réalité, on a la chance, en France, de vivre dans un pays où non seulement les paysages sont d’une diversité particulière mais où, en plus, le régionalisme y est si fort que des fois on se demande si on ne serait pas plusieurs états fédérés raccrochés à une Constitution ennuyeuse et nommés Français juste parce que se rattacher à des gens comme Baudelaire, Balzac ou Maupassant, c’est la classe.

Pour vous exposer un peu mon propos, je vais vous servir l’exemple des différends naturels inhérents à certaines populations. Au Royaume-Uni, c’est monnaie courante, les anglais détestent les écossais qui détestent les anglais qui détestent les irlandais qui détestent les anglais et les écossais. Bref, vous voyez le genre. En France, c’est la même… mais partout. Les Alsaciens détestent les Lorrains qui, eux-même, détestent les Alsaciens. Mais c’est encore plus compliqué. Les bas-rhinois, la crème de la société de l’Est, détestent les mosellans, les vosgiens, etc. Et vice-versa. La Savoie et la Haute Savoie, c’est comme la couture et la Haute Couture. Pareil pour la Haute-Normandie et la Basse-Normandie. Tout ce qui n’est pas parisien n’est qu’un putain de provincial et tout ce qui est parisien est un putain de parisien. Les gens du Sud décident que le Sud s’arrête à Avignon, ceux du Nord estiment que le Sud commence à partir de Paris, ceux de l’Est refusent de penser que l’Est c’est toute la partie droite de la France et ceux du Poitou… Ceux du Poitou, exit, en fait.

En France, on a de grandes villes comme Paris, Strasbourg, tout ça, et c’est la classe. On a la mer, l’océan, les montagnes, la campagne, la tour Eiffel et même la Joconde. En Bretagne, on mange des crêpes, en Normandie, on boit du Cidre, en Aquitaine, du vin, à Paris, on bouffe des croissants, en Alsace, de la choucroute, dans les Alpes, on mange du fromage, dans le Sud des calissons et du cassoulet. Mais qu’est-ce que c’est que ce patchwork délirant? Dans mes rêves les plus fous, je m’imagine un alsacien, un marseillais, un breton et un lillois en train de jouer à la pétanque… Tu tires ou tu pointes? Peuchère. Cesh’lave.

Alors, nécessairement, quand on me parle de Français, des fois, j’ai un peu du mal à situer tout ça…. Vous vous imaginez, une bande de peuples fédérés, tentant désespérément de coexister sous la domination d’un Nain?

Français… français… C’est jamais que des gaulois qui étaient là par hasard et ont trouvé cool de tous se mettre sous la coupe d’un barbu nommé François. Et comme il était un peu mégalo, il a décidé de donner son nom à un territoire si grand qu’il lui fallait plusieurs jours de cheval pour le traverser. La France, la vraie, en fait, c’est un truc de paysans. C’est pas pour rien que l’emblême de la France, c’est le coq, le seul animal capable de chanter les deux pieds dans la merde… Parce que la sortie anale, c’est quand même la seule façon de faire cohabiter tout ce qu’une personne normalement constituée peut avaler. Il y a de l’idée, comme si le territoire si diversifié de la France supportait la connerie de tout un peuple qui arrive encore à laisser un minimum de 6% à un nazi à chaque élection et à passer sous la domination d’hypocrites roses qui se font passer pour des mecs de gauche alors que, en fait, c’est comme le Poitou. Exit.

Après, ce n’est jamais qu’un délire de ma part, j’aime bien la France, dans le fond, pour sa culture, du moins, et pour la DDHC. C’est déjà ça. J’aime bien la France, parce qu’en faisant un peu plus de 200 kilomètres, on peut se sentir dépaysé. J’aime bien la France parce que ce pays me fait incroyablement rire quand je regarde la télé ou que je lis les journaux. J’aime bien la France, dans le fond, parce que je pourrais dire encore plein de trucs à son sujet. Des trucs cool, des trucs intéressants, des trucs à gerber, des trucs cyniques, dégueulasses, exagérés. Et puis, surtout, j’aime bien la France parce que, en France, on a du Monbazillac et que, ça, personne ne pourra nous l’enlever.

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