février 2010


Comme il n’y a aucun suspense sur le sujet de l’article aujourd’hui, je vais rentrer directement dans le vif du sujet, ça évitera les introductions de deux kilomètres pour ne finalement rien dire. Allez, écoutez ça, qu’on puisse enchaîner ensuite :

 

Lecteur, je te présente John Mayall, le « pape du blues white », comme on le surnomme. Grand chef, j’te présente mon lecteur, c’est un brave type asexué qui a le courage de lire mes délires littéraires et ceux de mon co-bloggueur adoré.

The death of J.B Lenoir (comme ça double lien conceptuel avec l’article sur le blues noir via l’allusion à l’un des artistes phare cité par Phil, ça fait classe). Voilà l’hommage d’un bluesman blanc à l’un des plus grands bluesmen noirs américains de l’histoire.

John Mayall, à dire vrai, est même l’un des premiers bluesmen blancs de l’histoire, accompagné notamment par Alexis Korner. John Mayall, c’est le leader des Bluesbreaker, un groupe qui a plus que duré dans le temps. Je cite les noms, je cite des noms, ouais… Mais ça va plus loin.

Le blues blanc est né en Europe. Eh oui. Dans les années 60. C’est en Grande-Bretagne que nait le mouvement avec John Mayall & Alexis Korner, évidemment, suivis de près par les Rolling Stones (qui a un doute écoute Little Red Rooster et revient en parler avec moi ensuite). On trouve également l’irlandais Rory Gallagher dans la même lignée et, ce, rien que sur le vieux continent. Évidemment, the blues evil n’attendra pas longtemps pour se propager et contaminer tous les bien-pensants américains. Arrivent alors sur le devant de la scène des noms comme Johnny Winter ou encore Canned Heat.
Le blues blanc, années 60, d’abord Europe (Grande Bretagne) puis Etats-Unis, voilà ce qu’il vous retenir ce soir.

Forcément, les années 80 nous amènent les Blues Brothers & la boucle est bouclée, le blues blanc entre définitivement dans les mœurs, c’est magique.

Oui, c’est mignon tout ça, mais le blues blanc, ça reste quand même un putain de sujet polémique. Je ne citerais que quelques lignes connus d’une chanson française qu’on a tous déjà entendue : Armstrong, je ne suis pas noir, Je suis blanc de peau, quand on veut chanter l’espoir, quel manque de pot… Parce que, merde, le blues, à la base, c’est quand même un truc de black et ils font ça tellement bien qu’on peut se poser des questions. Le blues black est considéré comme le chant remontant des entrailles de l’histoire afro-américaine alors comment concevoir qu’un blanc s’y colle comme ça, presque avec arrogance? C’est très simple, à mon sens, c’est différent. Il y a une profonde différence, à l’écoute, entre du blues black et du blues white. Question de cohérence, sans doute. Le fait est que, blanc ou noir, les êtres humains ont – parait-il – une certaine profondeur, chacun a ses souffrances.

Musicalement, on peut affirmer sans détour que blancs & noirs se valent, Eric Clapton en est la preuve de par sa reconnaissance ultra mondialistiquement économique et vendable (j’ai toujours eu du mal avec Clapton, même si Layla est un morceau de choix). Sur le plan vocal, l’absence de certains gênes empêchent les bluesmen blancs de prétendre à la puissance de leurs confrères originels mais rien n’empêche à la beauté de leur chant, à la profondeur toute particulière de leur style. On ne peut pas limiter le blues à celui que les afro-américains ont su si brillamment créer. D’autant plus que l’émergence du blues blanc a permis une meilleure communication du blues evil, permettant la reconnaissance de jeunes noirs sortant comme Robert Cray ou le mérite d’artistes confirmés comme Buddy Guy. Fondamentalement, on parle du Blues Blanc comme du Blues Rock, considéré très souvent comme un savant mélange entre Blues evil & Rock’n’roll, on perçoit cette nuance avec des grands comme les ZZ Top ou Stevie Ray Vaughan. La liste d’écoute sera longue, n’en doutez pas, d’autant plus que je ne suis pas d’accord avec cette systématisation du blues blanc = blues rock. Le blues blanc, en lui-même, existe à mon sens, et ce sont des gens comme John Mayall qui me permettent de l’affirmer.

La musique, un langage humain & interethnique? J’ai déjà abordé ce sujet, sous d’autres formes, mais la question du blues amène un nouvel éclairage. Chaque culture a dans ses racines un quelque chose qui la rend particulière et le mélange des genres apporte de nouvelles lumières. Le métissage est l’avenir, c’est ce qu’on dit, eh bien force est de constater que c’est aussi le passé. Les bluesmen blancs ont amené une sorte d’hégémonie guitariste sur le style à la base beaucoup plus épuré du blues noir, ce qui a permis… Ce qui a permis? Jimi Hendrix, bien sûr! On s’y retrouve, au final, et de sacrés artistes nous attendent au tournant.

Que dire d’autre? Il y a tellement de détails à donner, c’est à devenir folle, aussi je propose de laisser là les explications interminables sur un genre qui n’a plus besoin d’être reconnu, de vous offrir une petite playlist bien sentie et d’ouvrir le débat dans les commentaires.

Voilà pour vos oreilles, les gens.

Bonne soirée.

Parce que la vie étudiante n’a jamais que le sens qu’on lui donne,
Parce que Jeunesse se fait,
Parce que chez moi on ne fume que des Chester (except le paquet de la honte, vous l’aurez remarqué)
Parce que tout ça.
Un mur.

Hauteur approximative : 1m95.
Nombre de paquets pour le moment : environ une centaine.

[ Toujours en travaux ]

Ma coblogueuse et moi nous sommes mis dans l’idée, sur inspiration d’un commentaire d’un lecteur assidu, de vous pondre un article sur le Blues. Le Blues… Ce putain de courant musical qui vous secoue les tripes, fait bouger vos jambes et anime votre tête malgré vous. Impossible de résister, trop de puissance musicale pour lutter. Le problème, c’est qu’on aime tous les deux le blues. Alors on va vous faire DEUX articles. Le but n’étant pas de faire un battle culture, ni de vous mettre sous intravéneuse une quantité trop importante de musique. Alors je vais m’occuper de vous parler du Blues Black, et ma co blogueuse du Blues White.

Alors le Blues Black, c’est pas un courant musical. Le Blues Black, c’est LE Blues. Ouais, les Blues Brothers sont des blacks qui s’ignorent. Mis à part ça, je me charge de vous balancer un rapide topo sur le Blues – the blue evils, you know – histoire de faire ça dans les règles de l’art.

« Le blues est une forme musicale vocale et instrumentale, dérivée des chants de travail des populations afro-américaines apparue aux USAau début du Xxème siècle. C’est un style où le (la) chanteur(euse) exprime sa tristesse et ses coups durs (d’où l’expression « avoir le blues »). Le blues a eu une influence majeure sur la musique populaire américaine, puisque l’on en retrouve des traces dans le jazz, le rythm and blues, le rock n’ roll, le hard rock, le heavy metal, la musique country, la soul, les musiques pop ou de variété et même dans la musique classique. On peut donc dire que le blues est un ancêtre de la musique actuelle ».

Voilà, en gros, le blues c’est la base de tout. C’est du vocal, de l’instrumental, des rythmes puissants, de l’émotion – et pour ça, rien ne vaut le blues black -, un art codé et riche, affichant une infinité de déclinaisons. Je sais même pas quoi ajouter, c’est ce genre de musique qui vous donne envie de vous coucher sur un canapé, de mettre les basses à fond sur un rythme lent à la Beyond Cool de Lucky Peterson, de vous en griller une en regardant les étoiles et de vous sentir vivre et vibrer. Alors l’article sera pas long, je vais vous parler brièvement de quelques bluesmen noirs, et surtout vous balancer une petite playlist, pas trop longue mais bien concentrée.

Pour commencer, Skip James, un blues man du début du siècle. Son premier album sort en 31, et restera quasiment inconnu mais influencera nombre de bluesmen. Son style unique, épuré, presque plaintif, se rapproche véritablement du sens du mot blues, originellement synonyme de souffrance. Un tiers du film de Win Wenders, A Soul Of a Man, lui sera consacré.

Un autre tiers sera consacré à JB Lenoir, autre bluesman du milieu du siècle, mort au moment où son nom faisait son chemin. Sa discographie, bien que réduite, vaut le détour : le style est épuré, centré sur des rythmes simples et une guitare sèche, avec un vocal presque au second plan mais non dénué de présence.

Dans une optique beaucoup plus moderne, le blues a évolué vers un style plus musical et complexe. Je suis allé l’année dernière au Fesrtival Jazz à Vienne pour sa soirée Blues – la soirée africaine aussi, mais hors sujet – et avoir découvert deux artistes à cette occasion : Lucky Peterson et Joe Louis Walker. Le premier était vraiment incroyable. Chanteur, à l’orgamone, à la guitare, aux percu… Just impressive. Et que dire de son style musical, une sorte de blues rock puissant et original dans sa musicalité. Je vous laisserez en juger par vous-même dans la playlist.

Je pourrais continuer à citer des artistes en vrac, mais au fond, parler artiste c’est cool, parler musique c’est tendu, et au final peu utile. Je pense qu’une bonne vieille écoute vaut tous les mots du monde. Alors prenez votre paquet de clope – vous êtes fumeurs -, sortez une cigarette, allumez l’objet du désir, mettez les basses à fond, et laissez vous aller.

Enjoy

Playlist de blues en vrac

La phrase du titre, c’est la phrase qui m’a poursuivie toute la journée, comme une doucereuse litanie, entêtante et tellement vraie… Cependant, plus qu’une simple phrase, c’est aussi une réplique du fameux Fight Club qui, au-delà d’être le film offrant la meilleure performance de Brad Pitt (pour ne pas dire la seule), est avant tout un livre. Ouais, un livre. Pas n’importe quel livre, en plus – non, non, non – un livre de Monsieur Charles Michaël « Chuck » Palahniuk. Et paf, ça fait un sujet!

Chuck Palahniuk, c’est sans doute l’écrivain le plus trash du XX° et je déconne même pas. Mais commençons par un petit topo généraliste, histoire de faire les choses bien.

Charles Michael « Chuck » Palahniuk (né le 21 février 1962 à Pasco, dans l’État de Washington) est un romancier satirique américain et un journaliste indépendant vivant près de Vancouver, Washington[1]. Après des études de journalisme qui ne lui permettent pas de vivre de ce métier, il devient mécanicien pendant 10 ans. Il écrit à cette époque Monstres Invisibles qui est refusé par les éditeurs en raison de son contenu trop provoquant. Il entreprend alors l’écriture de Fight Club qui rencontre un succès notable et est porté à l’écran en 1999 par David Fincher. Il est assimilé au mouvement dit d’Anticipation sociale.
Merci Wikipedia.

Plus concrètement, Palahniuk ne souffre aucun tabou. Il parle de tout comme il le souhaite et il fait ça bien. Son style, inspiré d’artistes comme Salinger, Tom Spanbauer ou Bret Easton Ellis, est considéré comme minimaliste. Le minimaliste, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas l’auteur qui décide de ne faire que le strict nécessaire. Enfin, pas vraiment. Le minimalisme, c’est l’art d’utiliser un vocabulaire abordable par tous, des structures épurées & des phrases courtes pour transcrire ces récits dans un style relativement proche du parlé quotidien. Le but recherché par le minimaliste est de s’ouvrir davantage à ses lecteurs qui se sentent alors plus proches du texte (et s’en prennent donc carrément plus dans la gueule, sic.).

Plus en amont, Palahniuk, en plus de choquer, est aussi un homme qui pense. On se gave de ses réflexions en apartés, mélange de discours philosophiques et de théories absurdes, souvent misanthropes. Il y a Chuck Palahniuk et le sexe, Chuck Palahniuk et la violence, Chuck Palahniuk et la société, Chuck Palahniuk et la religion, Chuck Palahniuk et la morale, Chuck Palahniuk et la mort, Chuck Palahniuk et la considération humaine. Chuck Palahniuk qui ne respecte rien ni personne et c’est pour ça que je vous en parle.

Allez, pour le kiffe. Combo citations.

Et puis, quand ils sont épuisés, les hommes et les femmes vont à l’église.
Et ils se marient.
Être fatigué n’est pas la même chose qu’être riche, mais la plupart du temps c’est assez proche.
[Fight Club]

Sur une durée suffisamment longue, l’espérance de vie tombe, pour tout le monde, à zéro.
[Fight Club]

Tu dois admettre qu’il est possible que Dieu ne t’aime pas du tout. Il ne t’a jamais voulu. En toute probabilité, il te déteste et ce n’est pas ce qu’il peut t’arriver de pire. On n’a pas besoin de lui mec ! On n’en a rien à foutre de la damnation ni de sa sa foutue rédemption. On est les enfants non désirés de Dieu, très bien !
[Fight Club]

Au diable, l’idée d’inventer des monstres. Ici, il nous suffit de regarder parmi nous. D’être attentifs.
[A l’Estomac]

Et si Adam et Eve n’étaient pas tout bonnement les chiots que Dieu a largués parce qu’ils refusaient de devenir propres ?
[Berceuse]

Nécessairement, ça envoie un peu le pâté comme dirait mon co-bloggueur.

Et puis, tout ça, ça vous donne des références à vous procurer, forcément. Peste, Fight Club, A l’Estomac, Monstres Invisibles – ça, c’est ce que j’ai lu sur conseil de Shida – vous avez aussi Choke, Berceuse & le Festival de la couille et autres histoires que je n’ai pas encore lus.

Quelques mots sur l’un de ceux que j’ai lu? A l’Estomac. De loin le manuscrit le plus dégueulasse de Palahniuk, tant et si bien qu’on se demande parfois si notre estomac, à nous, ne va pas lâcher. L’histoire se base sur un scénario banal au possible. 23 lambdas répondent à une annonce qui leur propose de s’isoler pendant trois mois, trois mois où ils pourront tous se libérer de leur quotidien pour se consacrer enfin, de façon pleine et entière, à leur art, sans jamais être emmerdés par le monde extérieur. A dire vrai, le scénario est tellement bateau que ça fait un mauvais roman. Ouais. Mais ça fait une série de nouvelles complètement délirantes… Je ne peux pas vous en dire plus, sinon je gâcherais la beauté de la lecture, mais je vous assure que ça vaut le coup. [ à lire à jeun, par contre ].

Je suis le cerveau malade de Jack.

Ps : coup de cœur de lectrice aujourd'hui, ici.

Qui ne s’est jamais senti, à la lecture d’un bouquin ou après un bon film, investi de l’atmosphère d’une époque, imprégné d’une culture lointaine, de sa philosophie et de ses coutumes? Les barrières séparant notre propre civilisation et la génération où l’on passe nos tristes jours des âges lointains et de leurs mystères s’effacent, laissant place au rêve d’une autre vie. Et bien c’est le genre de sensation que j’ai vécu après avoir revu pour la énième fois ce film fantastique qu’est Ghost Dog.

L’histoire est celle d’un Samouraï des temps modernes, d’un tueur à gage joué par Forest Whitaker, adepte de la spiritualité japonaise et vivant sur un toit parmi les pigeons, vient à se retourner contre les hommes qui l’emploient : un groupe mafieux en fin de vie. Le film est ponctué de proverbes japonais extrait du Hagakure, Le Livre du Samouraï, nous livrant les préceptes de la Voie du Samouraï, donnant une dimension spirituelle et authentique au film. L’oeuvre s’articule en réalité autour de deux axes : d’une part l’évolution intérieure de Ghost Dog et, d’autre part, le choc issu de la rencontre de l’univers mafieux, de la culture japonaise ancestrale et de la société moderne incarnée dans le Hip Hop.

Pour commencer avec la personnalité de Ghost Dog, la dualité est de mise, pour ne pas dire un paradoxe flagrant entre la spiritualité cultivée du personnage, sa recherche de perfectionnement à travers la Voie du Samouraï et son boulot de tueur à gages pour le compte de la mafia. Certes, l’homme dégage une grande puissance du fait de sa détermination, de sa discipline et de sa quête spirituelle. Mais cette facette s’oppose à celle d’un homme qui n’hésite pas à tuer à des fins illégales, à voler des voitures pour mener à bien ses contrats, ou encore à voler et déshabiller un couple dans la rue afin de se saper correctement pour son dernier baroud d’honneur.

A force de discipline, d’imperméabilité aux influences extérieurs et de self-control, Ghost Dog paraît parfois poser un pied de l’autre côté de la frontière qui sépare l’homme de l’animal. Une partie de lui rejette tant son humanité que celle qui l’entoure : la seule scène qui lui arrachera une émotion sera celle de ses pigeons abattus jonchant le sol. Il est même prêt à tuer des hommes pour venger la mort d’un ours, égal de l’homme selon certaines cultures ancestrales.

Le moment caractéristique de sa tourmente intérieure et de la lutte de ses deux aspects intérieurs est certainement la scène dans le parc où le chien errant, incarnation de son animalité, le toise. C’est le moment de sa rencontre avec Perline, une jeune fille de couleur qui sera l’un des seuls êtres humains avec qui il se liera d’amitié, son enfance incarnant la pureté de l’humanité. Le chien – l’animal – s’en va et laisse place à l’homme. Vers la fin du film, au moment où Ghost Dog a pris la résolution de mener ses intentions vengeresses jusqu’au bout, le chien réapparait, dans les ténèbres, dernière résurgence de son animalité. Le choix est fait, l’homme et l’animal fusionnent pour franchir le rubicon.

Mais l’autre volet du film, et certainement le plus marquant, est la rencontre entre ces cultures diamétralement opposés. Plus que ça, deux d’entre eux – l’univers mafieux et la tradition japonaise ancestrale – sont en réalité les réminiscences d’une époque dépassée, révolue. Le film montre ainsi la tentative désespérée de ces mondes pour leur survie, face à la dure réalité du temps écoulé, d’une ère nouvelle incarnée dans la culture ghetto/Hip Hop de l’Amérique des années 90.

L’absurdité de leur existence est flagrante : personne ne respecte réellement les aspirations spirituelles de Ghost Dog, et personne ne craint plus les vieux mafieux. Les trois parrains, Sony Valerio le hargneux, Ray Vargo le fou et et Old Consigliere l’impotent, sont d’ailleurs passablement ridicules, à la limite de l’absurde. Mais tandis que la Mafia se débat avec son déclin, Ghost Dog ne fait que contempler avec détachement sa propre marginalité, à l’image de la scène dans le parc où il observe de loin les jeunes rappeurs reprenant le titre Ice Cream, dont les paroles – glaces à la vanille, chocolat et citron – renvoient aux préoccupations sociales de notre temps.

Ces univers coexistent, se respectent d’une certaine façon, mais ne peuvent se comprendre. Mais Ghost Dog ne ressent pas le besoin d’être compris, sa voie intérieur est reine et n’a besoin ni d’aval ni de reconnaissance. Il rejette la communication dans son vecteur le plus primordial : la parole. Muet durant la quasi totalité du film, son meilleur ami, vendeur de glace et créole, ne parle pas sa langue, ni ne la comprend. Mais pas besoin des mots, leur amitié repose sur la symétrie de leur solitude : deux hommes en prise avec un monde étranger, à la différence près que le vendeur transpire d’humanité et d’amour de la vie.

Dans sa vengeance, Ghost Dog s’applique à tuer la sphère mafieuse. Après avoir achevé son travail, une époque est morte et la sienne ne peut plus exister. Peut-être la solitude serait trop aigüe pour être supportable. Il affronte ainsi la mort qui se présente à lui, avec détermination, sans lutter pour sa survie dans le pur respect des préceptes qu’il vénère. Le film se termine avec une citation du Hagakure et l’idée que « l’on ne peut revenir à l’esprit d’une époque », et qu’il faut « tirer le meilleur parti de chaque génération ».

Voilà, ce film est touchant et original, la mise en scène est simple mais efficace, le rythme est lent mais pas dénué d’action. J’espère que vous aurez l’occasion et l’envie de voir cette œuvre véritablement originale. Et il ne faudrait pas oublier, pour les amateurs de rap et de bonne musique, que la Bande son est un vrai bijou : entièrement composée par RZA, membre des Wu-Tang Clan, la musique joue ici, plus que sa simple fonction de générateur émotionnel ou de fond musical, un véritable rôle dans le scénario et l’atmosphère. J’ai renoué avec la tradition des longs articles, j’espère ne pas vous avoir perdu en route. En guise de conclusion, je vous poste la musique d’intro – logique? – et thème du film by RZA.

Enjoy

désolé je peux pas résister : je vous met aussi Ice Cream.

Heureusement que j’ai posté un truc inutile en milieu d’après-midi parce que là je n’en puis plus, public, je suis m.o.r.t.e.. C’est le pourquoi du comment qui est intéressant, ici. En effet, figurez-vous que je suis sur les rotules à cause de mon logiciel power point (un générique, en fait) qui n’a pas cessé de planter et m’a forcée à recommencer un nombre juste incalculable de fois la fin du support de ma soutenance orale de demain. L’échec de l’oubli de l’enregistrement de son travail dans toute sa splendeur, soit, mais au delà de cette simple considération qui renverrait presque à une loi de Murphy, il y a une constatation vachement plus inquiétante : la technologie influe directement sur mes (nos) humeurs. Dépendance totale.

Je parle en connaissance de cause parce que je suis une vraie assistée technologique. C’est simple, j’utilise systématiquement une machine… Mes cours sont pris sur le pc, je consulte la presse sur internet, fais mes recherches sur le web, mate mes séries et film sur mon écran, écoute ma musique sur mon ipod, ne communique que par mon téléphone. Je ne me rappelle même plus la dernière fois que j’ai écrit une lettre. It sucks. Le délire va plus loin encore… On communique à l’excès. Que ferait-on sans msn, facebook, twitter? Et sans les sms illimités? Je me suis retrouvée totalement perdue le jour où j’ai été sans portable, à ne plus pouvoir communiquer avec ma coloc avec qui je vis. Elle s’est retrouvée à devoir écrire sur le portable d’un ami pour régler des trucs aussi bateaux que « j’te prends un sandwich pour ce midi? ». On aurait pu en parler le matin avant d’aller à la fac vu qu’on savait toutes les deux que je n’aurais pas de portable dans la journée mais non. Non, évidemment, ç’eut été trop facile d’avoir la présence d’esprit de se rappeler que notre béquille quotidienne était hors-service. Pathétique.

Imaginez un monde sans technologie. Non parce que, quand même, il y a quelques décennies, les gens vivaient quand même sans portable. Mais comment faisaient-ils bordel de merde? C’est juste inconcevable. Alors, ouais, imaginez-vous un monde sans technologie et flippez votre race sur un vieux relent de 2012 (sur fond du thème de Dark Vador ou des Dents de la Mer, histoire de faire les choses bien).

2012 & le monde qui s’écroule. Il y a une théorie qui dit que les Mayas n’ont pas prévu l’apocalypse, juste qu’ils ont estimé qu’aller au-delà de 2012 serait stupide et inutile. Théorie qui se tient, au demeurant, mais il y en a une qui fait vraiment peur & c’est celle selon laquelle le 20 décembre 2012, à minuit, la terre va se décaler de son axe de quelques millièmes et que… Fin du monde. Les pôles magnétiques s’inverseront, toutes les technologies à ondes de la planète seront inutilisables et nous crèveront tous dans l’anarchie la plus totale parce que nous ne sommes qu’une bande d’assistés qui s’ignorent. Dur, dur, dur…

Alors je propose qu’on s’achète tous une cave à vin bien fournie, des couvertures bien chaudes, qu’on élève des pigeons voyageurs et qu’on investisse dans une bibliothèque digne de ce nom comme ça, quand le grand jour arrivera, non seulement on survivra mais EN PLUS on apprendra peut-être la vraie indépendance, on vivra cons mais heureux, tout ça (ou alors on crèvera tous d’un coma éthylique parce qu’on boira trop ou de solitude parce qu’on sera tous trop citadins pour dresser correctement des pigeons…).

C’était le délire d’une étudiante fatiguée,
Mea Culpa & Buena Sera.

Parler pour ne rien dire, je fais ça bien, c’est un fait, je ne peux même pas le nier. Il faut avouer que j’ai fait un petit point sur le blog hier et que j’ai eu des révélations à la fois amusantes et flippantes. Par exemple, je suis la seule, jusqu’ici, à avoir posté des articles littéraires quand mon très cher co-bloggueur a la majorité dans les articles cinématographiques. C’est chacun son truc, me direz-vous. En effet. Autre petit détail marrant, j’aurais dû faire dans le marketing, je suis plus douée que lui pour faire tourner mes articles… Ce qui fait de moi, quelque part, l’agence pub made in peu1porte.wordpress.com.

Jusque là, tout va bien… (pour toi Public). Cependant, là où les choses ont commencé à m’angoisser, c’est quand j’ai remarqué, déjà, que le nombre de lecteurs avait foutrement augmenté et, pourtant, que personne ne commentait jamais les articles. Est-ce qu’on fait peur? L’idée a quelque chose d’angoissant quand on sait qu’on a commencé ce blog simplement pour partager nos pensées quotidiennes et découvertes culturelles avec nos potes et autres personnes cool (même si on ne les connait pas, c’est vous dire si on est tolérant). J’te fais pas un procès, lecteur, j’te dis juste que je vais pas te mordre. Après, tu es libre de tes choix, de tes commentaires, tout ça…

Mais là où le flippe m’a vraiment prise c’est quand j’ai découvert la section stats de la plateforme & que j’ai réalisé que – Oh My Fucking Chesterfield – des gens publient nos articles sur leur facebook et on ne les connait pas. D’accord, d’accord, je ne peux pas tous vous connaître. Ok, ok, les lecteurs de l’extérieur, je trouve ça vraiment super sympa (et hyper motivant, en plus, même si on n’a pas vraiment besoin de carotte pour écrire, c’est toujours un plus). N’empêche que… Pfiou. Ouais, pfiou, j’ai pas d’autres mots à ajouter à mon propos. Alors voilà ce qu’on va faire, les mecs : je viens de créer une adresse mail spéciale peu1porte (parce que si jamais on devient célèbre, vous avoir tous sur mon msn va me donner le tournis) pour que vous puissiez nous contacter.

Le deal, c’est qu’on vous force pas à commenter, qu’on ne se dévoile pas plus qu’on en a envie et qu’on vous permet de venir nous donner votre point de vue. Dans l’absolu, si vous avez envie qu’on traite d’un sujet ou même qu’on publie un de vos articles, vous saurez comment nous joindre (et même que si un grenoblois a un plan culture à nous proposer et souhaiterait un article ensuite, c’est négociable).
Voilà, ça c’est l’article de merde du milieu de journée histoire de prendre du temps pour réfléchir à l’article de ce soir (si quelqu’un a une idée de sujet, qu’il l’envoie sur la boîte, ça me sauverait éventuellement deux ou trois neurones).

Here’s the thing : peu1porte@laposte.net

A ce soir.

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