Si Chester a inventé le jazz, c’est bien pour permettre aux esprits capables de l’apprécier de pouvoir se ressourcer un peu… Et puis Chester a inventé mon proprio… Et mon proprio est un jour venu faire ma connaissance, histoire de boire un café et de voir si j’étais bien installée. Et puis on a parlé musique. Et puis on a parlé Jazz. Et puis mon proprio m’a invitée à aller voir un concert avec lui. De Jazz. Et, après, figurez-vous que j’ai méchamment kiffé ma race. Parce que Chester, ce dieu, il a aussi inventé Portico Quartet et, ça, voyez, c’est carrément la classe.

Concrètement, tout commence avec un festival : le Nancy Jazz Pulsations, le fameux événement qui va me permettre de pleurer devant son altesse Marcus Miller samedi soir… Et un petit concert à La Manufacture, salle de concert intimiste et excellemment sonorisée pour une heure que nous qualifierons d’un commun accord avec moi-même d’ultime.

Le groupe est jeune, sans prétention, sa renom ne le précède pas et c’est une douleur que la société s’inflige dans l’ignorance. Dès le premier morceau, je me dis que ça pue la Grande-Bretagne… pourquoi? Parce que cette musique est élémentaire et pas au sens basique du terme. Elle est élémentaire parce que le saxophone est aérien, que l’air drums est liquide, que la batterie est volcanique et la contrebasse terrestre. Elle est élémentaire parce que, l’espace d’une seconde, je m’imagine quelque part en Angleterre, sur les côtes du Sud Ouest, à regarder la mer s’écraser sur les falaises et les oiseaux lutter contre les colonnes d’air. Dans ma tête, tout est clair : un whiskey sublimerait tellement le moment qu’il est tout à fait naturel que je n’en ai pas… La perfection n’est pas une bonne chose à goûter un jeudi soir, mieux vaut attendre le samedi… mais on en était pas loin!

Je ne vois pas quoi rajouter d’autre… perdue entre jazz et world music, j’en ai encore la tête qui tourne. C’était pur, intense, juste. C’était à la fois grandiose et humain… je suis un public facile quand j’ai mal au dos, la musique me détend… Mais encore faut-il quelque chose d’assez puissant pour me détendre. J’en ai encore le vertige. Vous ne savez pas ce que vous manquez (du moins pas encore).

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