Edition amicale


Bonjour, bonsoir, allez vous faire foutre, je suis de retour… je vous ferais bien moi-même le compte-rendu de mon week end mais j’ai tellement gavé tout le monde que j’ai dû trouver une autre solution. L’avantage, dans le fond, c’est que je ne passe pas mes week-ends d’anthologie avec des bras cassés et que les gens à la cool, chez moi, ils savent écrire. J’vous ai déjà parlé de Shida, je crois.
Bon bah voilà. On fêtait nos deux ans de mariage, mon année, l’année de notre camarade/hôte et tout le reste. Comment vous foutre la haine en plus de 900 mots, par Shida, c’est pour vous, Lecteurs.

***

Ami du soir, bonsoir. Les présentations seront brèves. Descendez de quelques articles et cherchez la mention d’une très bonne compagnie pour un week end plein de promesses. La très bonne compagnie, c’est moi et C. Et nous sommes réunis ici, non pas pour célébrer une quelconque union qui finira sans doutes en versement d’une pension alimentaire mensuelle, mais bel et bien pour vous fournir le récit de notre week end. Vous avez le droit de vous en foutre, n’oubliez pas l’endroit où vous lisez ces quelques lignes. Bref, Nietzsche a dit que Dieu est mort, bah il avait tort, il était juste sorti s’acheter un paquet de Chester les enfants… Et pendant que Nietzsche se la coulait douce à bouffer les pissenlits par la racine, Dieu, clope au bec et son verre d’Oban dans la main, créa le Jazz, le Rock, et AC/DC.

Arrivée à Paris. Première étapes, un tabac. OCB slim et Classic Red. Plastique déchiré, crépitement de briquet, et j’inhale ma première clope parisienne depuis un bon moment. Les gestes de survie ayant été consommés, direction le métropolitain. Mais je suis moi. Et moi sans l’Echec, ca ne serait pas vraiment moi. Y’a aucune station de métro sur ce putain de boulevard Magenta. Descente dans les entrailles du monde, dédales de boyaux aux effluves d’urine et de transpiration. Imaginez le bonheur, la jouissance, que peuvent procurer les émanations transpiratoires d’une mégère de 130 kg … Le pire c’est que j’ai pris le tout avec une certaine mesure de nostalgie. Le gras des barres dans le métro, les vieilles qui vous empêchent de marcher à une allure décente, les vendeurs à la sauvette, les clodos sur les banquettes… Ca fait partie du truc. Paris sans tout ca, c’est un peu comme un repas sans dessert. Retrouvailles avec Cendar et C. Je place quand même une petite dédicace pour tous mes nègres de Paname et du 92 la famille de C, qui nous a fourni de loin l’endroit le plus calé dont j’aurais pu rêver pour loger dans la capitale.

Anyway, pendant que ca se vestimente, je change ma sonde urinaire (private joke) et je prépare les munitions pour le concert. Le petit Paulo ne s’est pas tapé 7h de voyage pour nous regarder en chien de faïence. Un métro et un RER plus tard : Saint Denis. Car oui, ami lecteur, nous aimons le grandiose, le drame et l’indécence. C’est donc au Stade de France que ca se passe. Escale malbouffe. Le Mcdo étant blindé, il nous faut partager une table avec une parfaite inconnue. Après lui avoir infligé nos discussions à tendances largement gerbatoire, cette dernière, devant l’afflux massif de personnes en direction du stade, s’excuse de devoir nous adresser la parole (un bon point pour elle) puis nous demande le sujet de la sauterie de ce soir (Cékileconsersesoir ?). Haussement de sourcils général de notre part. Faisant preuve d’un civisme à la limite de la bêtise, tant l’affront semblait important, nous lui assénons un triple AC/DC.

  • « Connais pas faudra que je me mette à la page »

Merci pour la culture musicale de la France d’en bas. Qu’on puisse ne pas me fredonner une chanson, ok. Mais n’importe quel lascar de Chatelet aurait au moins eu la décence de répondre un truc du genre : « Ah mais c’est trop véner ca c’est pourri », pour ensuite éventuellement nous qualifier de métalleux voire de satanistes et ainsi voir le mérite de nous avoir fait bien rire.

Hydratation massive et forcée. La Cékurité ne nous laissera pas entre avec notre bouteille d’eau. Et les bouteilles vendues le sont sans bouchons. J’imagine sans mal le potentiel destructif de quelques grammes de plastique, et suis d’ailleurs étonné que le gouvernement Bush n’ait pas pensé à en tenir compte lors de sa campagne irakienne en quête d’ADM, mais où est la cohérence quand il reste tout un tas de choses à lancer, à commencer par les verres à bières eux aussi en plastique dur ? Bref une très bonne première partie de Slash, même si la tracklist n’était pas forcement dans le meilleur ordre possible. Il n’empêche que chauffer 90 000+ personnes, c’est un métier. Surtout quand lesdites personnes ne sont pas forcément venues vous voir. Puis AC/DC … Voir un tel concert implique un avant et un après. J’ai pu m’en rendre compte avec Cendar pour les avoir vu quasiment un an jour pour jour plus tôt. C. était prévenue. Il est vraiment difficile de verbaliser ce que l’on peut ressentir après deux heures d’orgasme auditif. Deux heures, à crier, sauter, chanter, headbanger et se prendre les pieds de ceux qui slamment en pleine figure. Je m’en serais vraiment voulu de ne pas avoir vécu ca … Deux fois ^^.

Le voyage de retour fut sans doute long et désagréable. Perdus au milieu d’une marée humaine ayant pour destination la gare la plus proche, quelques échecs plus tard, on joue les ninjas pour obtenir des places assises dans le wagon, au nez et a la barbe d’un quidam. Je n’ai pas eu l’occasion de croiser son regard, mais j’ai sans mal senti la déferlante d’ondes négatives dirigées vers ma frêle personne. Ne manquait plus que la poupée de paille et les aiguilles. Malgré tout cela, c’est sur un petit nuage, sourire béat et silence de rigueur, que le trajet de retour s’effectua. Entra alors en scène le fameux whiskey. Chesterfieldien…

Ce qui est plaisant dans l’expression grasse matinée, c’est ce grasse. Ce surplus d’ectoplasme, inutile, dégoulinant. Se répandre comme un putain de flan sur son matelas. Déborder. Suinter. Se complaire dans sa fange. Mais surtout, ne pas bouger. A peu de choses près c’est comme un big mac, c’est vraiment crade, mais qu’est ce que c’est bon … En parlant de Burger, petit cours d’hygiène de vie (valable uniquement pour un lendemain de fête ou événement exceptionnel). Se lever à 13h. Contempler d’un œil torve des gens qui mange de la nourriture saine. Passer au Mcdo pour prendre un cheese, histoire de ne pas s’autodigérer en attendant le repas. Prendre une bière en terrasse du Hard Rock Café. Commander un burger. S’extasier devant la gueule de son burger (pouvoir choisir la cuisson de la viande c’est le luxe absolu). Consommer ses 300 grammes d’indécences. Dessert. Juste intestable. Le tout avec des gens d’exceptions en face de la guitare de BB King … No comment.

Sortie du resto a 18h30 >.<. Chatelet. Tour Saint Jacques pour y retrouver le Paulo. En 23 ans d’existence, j’ai atteint un tel niveau d’échec qu’il me suffit de l’invoquer pour que celui-ci se réalise. Une fois le mode chinois activé direction le Beho. Ami lecteur, si tu ne connais pas le Beho, tu as tort. Tout simplement tort. Le Beho c’est un petit bar en plein Chatelet, place Sainte Opportune qui fait d’excellent Mojitos. Là c’est le moment ou tu argues que tu en connais des tas des bars qui font des Mojitos à la cool. Tu es prévisible lecteur… Tu en connais beaucoup des bars à Paris qui font Happy hours de 15h à 23h avec des cocktails à 4.50€ ? En plein Chatelet ? Bon eh bien maintenant t’en connais un. L’autre avantage du Beho, c’est qu’il se trouve à moins de 100m du Duc des Lombards.

Le Duc … Ca se passe de commentaires. Je te renvoie à l’article correspondant pour plus de précisions. La version courte, c’est légendes vivantes du Jazz, ambiance cosy, et vin de qualité. Mais comme nous sommes des apôtres de notre seigneur l’Echec, bah nous échouons. Le concert est complet, la prochaine session est dans deux heures … L’heure étant toute désignée pour un McFlurry KitKat sans nappage, c’est dans un énième McDo que nous échouons. Un débat sur la présence du design au McDo plus tard (A savoir que de plus en plus au McDo vous vous asseyez sur des chaises de chez Vitra, dessinées par les Eames ou encore Van Severen, ce qui me fout personnellement les boules), direction le fameux concert. Premiers arrivés, premiers servis. Nous sommes à la base de la queue qui se forme doucement. Pendant que mes comparses sont lancées dans une discussion animée pour meubler l’attente, je remarque l’arrivée d’un groupe de personne qui se place tout simplement devant nous. Quand ca fait 20min que vous faites le piquet, ca interpelle un peu. Il s’avèrera plus tard que c’était les amis de la chanteuse. Toujours est-il que les amis des amis se pointent. Et qu’après une hésitation gênée vous décidez de tabler sur la non réaction de la queue et de les faire vous rejoindre, grillant ainsi la politesse à la 20aine de personnes qui font les plantons. Tandis qu’un sourire s’esquisse sur mon visage, j’accroche le regard de celui que nous appellerons « le Chef ». Et le Chef, même si il est l’ami de la chanteuse, il est conscient qu’il a le cul merdeux à passer devant tout le monde, et surtout à faire passer les autres. Alors quand le regard du Chef croise mon sourire, il se raidit tout doucement. Il essaie de soutenir le regard de ce petit merdeux qui le toise avec son air narquois. Il sait ce que je pense, c’est assez explicite. Et tout d’un coup le vernis de sa fausse bourgeoisie se craquelle. Il hésite à faire fi de la bienséance et me demander ce que j’ai à le regarder comme ca. Mais il n’en fera rien.

Puis le Duc. Après une négociation courte mais efficace, nous nous installons derrière le pianiste. Définitivement derrière le pianiste … Quand je dis derrière, je ne fais aucun euphémisme. Le Duc, c’est une salle conviviale et chaleureuse. Donc quand je dis derrière le pianiste. Ca veut dire que je n’ai pas besoin de tendre le bras pour atteindre le clavier. Hommage à Cole Porter, c’est ca qu’est la vérité. S’ensuivirent donc 1h30 de voyage limite mystique, emportés par des musiciens tous plus talentueux les uns que les autres et une chanteuse franchement douées. Encore une fois il est difficile de verbaliser ce que j’ai pu ressentir pendant ce lap de temps. Si ce n’est que le blanc que nous buvions était franchement bon. A noter le fils de la chanteuse, qui le temps d’un ou deux morceaux s’est payer le luxe de jouer au Duc. Du Cole Porter. A 15 ans. Pianiste Jazz à 15 ans ca fait vraiment mal.

La fin de soirée fut simple et agréable. Des classiques du rock, de la musique suédoise … Ami lecteur tu n’oublieras pas d’aller mater Ashes to Ashes, de préférence en HD sur dailymotion.

J’ai encore des moments, des images, et des rires pleins la tête. A mes compagnons de week end, je vous salue franchement bas. Chesterfieldien … Tout simplement.

***

A vous les Studios. Parce que, moi, Cendar, j’ai juste rien à vous rajouter.
ça, c’est fait!

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J’ai une amie, anonyme. J’ai une amie dont vous ne connaissez pas le nom mais qui boit du whisky et qui aime ça. En plus de ça, mon amie, elle écrit bien.
Alors, forcément, comme je n’avais pas le temps de m’occuper de vous aujourd’hui, je suis allée lui mander l’un de ses délires. Elle vous parle de fiction, elle vous parle de rencontres, elle vous parle d’échanges inconnus d’écran à écran. Quelque part, elle vous parle de la réalité virtuelle de notre siècle, des cauchemars, des rêves et des illusions qui y sont raccrochés.
J’ai une amie, anonyme. Et c’est à vous qu’elle s’adresse aujourd’hui. Bonne lecture.


La nuit je mens

Lecteur, lectrice, en guest star, c’est une totale inconnue qui te parle. Et ça tombe bien, l’inconnu c’est le sujet…

J’ai laissé libre court à mes errances nocturnes et insomniaques, dernièrement. Toute papillon de nuit que je suis, je me suis laissée happer et retenir. J’ai collé mes yeux sur l’attrayante source lumineuse qu’est mon écran large et, à ce rythme-là, il va me falloir faire un test de la vue prochainement, parce que je n’en décroche plus. Je ne dors plus et je fuis mes responsabilités, bref… à trop aimer la lumière bientôt je vais sentir le papillon cramé. La raison ? L’inconnu. Dans le genre avec un grand L (ou un grand I, selon ton point de vue).

J’ai trouvé l’inconnu là où le déballage est légion, et où l’intime est codifié et listé. Il se planquait là au milieu de la toile, je ne l’ai pas cherché, et je suis tombée dessus. Comme ça, bêtement, sans intention aucune. Et c’est là que je me suis faite avoir, j’ai mordu et je n’ai rien lâché, addicted.

A mystère, mystère back, je me suis faite anonyme. Parce que nous humains ne fonctionnons que dans une relative réciprocité, parce que nous sommes mimétiques (oui, toi aussi !), parce que cette forme de (non-)illusion me plaisait bien. Addicted. De l’échange des idées, de la familiarité naissent la jarre vide. La jarre vide, je t’explique: moins on en sait sur un phénomène ou une personne, plus on remplit sa représentation d’intentions, de caractères et de projections. La projection, vois-tu, c’est mal. Plus la jarre t’es présentée vide, plus tu y inventes ce que tu veux, plus elle te plait donc… et plus tu prends le risque d’y trouver un truc gluant qui t’écoeure. Avec la franchise se dessine alors dans la nuit la lucidité partagée que le truc gluant finira par se pointer, d’un côté ou d’un autre de la ligne, au détour d’une phrase. Genre « J’aime pas le Whisky, je préfère le Pastis. »… Game Over. Alors pour éviter la jarre qui implose, c’est le relationnel mis en sursis que tu te promets de ne remplir qu’avec ce qu’on te donne, histoire de pas avoir à mettre les mains dans la mélasse pour en retirer les projections que tu y avais casées.

De blabla en blabla, de ce qui est tu et de ce qui est su, de ce qui est dit aussi, se forme le lien. On tâtonne, on marche en crabe, on fait un pas, parfois. Je ne comble pas les lacunes, je ne cherche pas à meubler les silences, et ça me repose. La peur de la révélation du Pastis se fait plus forte à mesure que cette histoire me plait, et je me rassure en me disant que plus ça va moins la probabilité d’une surprise est élevée. La probabilité oui, les conséquences… Addicted.

L’inconnu n’a rien de compliqué, il est on ne peut plus simple. La dualité est d’aimer à laisser la jarre vide, mais de devoir lutter contre son réflexe de vouloir la remplir. Toi qui me lis alors que tu espérais lire quelqu’un d’autre, j’espère que tu auras compris que l’inconnu n’est pas un homme. Il est une situation, une généralité, il est abstrait, il fait partie de l’équation… s’il prend ici les traits d’une fenêtre que l’on m’a ouverte, ce n’est que pour mieux servir mon propos. Les représentations du contenu de la jarre sont l’erreur principale que l’on commet face à l’inconnu, celles qui font que le mystère ne peut donner lieu qu’à une déception. Ce qui nous appelle est éphémère, distant, et plus on l’apprécie plus on le/se met en danger. Juste à la manière d’un papillon de nuit dans la lumière. Plus près, plus près… trop près et tout est foutu. Junkie.

L’inconnu est de l’autre côté de la brèche, quelque part, mais l’inconnu c’est surtout moi. Par moments j’aperçois mon reflet sur l’écran, et la question se pose: jusqu’où ? Jusqu’où je serai capable de jouer le jeu ? Il me plait mais j’en palpe déjà les limites. La question m’est inhérente, et se heurte à mes propres aspérités. Quand l’inconnu te dompte, tu te demandes ce qu’il va vouloir te faire faire. Tu te demandes ce qu’il y a vraiment dans la jarre, si c’est vraiment ce qu’on veut bien te dire. Tant qu’elle reste opaque, tu ne peux pas savoir. Et l’opacité, c’est l’inconnu justement. Faut-il lever le masque pour se rassurer, ou faut-il le garder et continuer à jouer ? Y’a-t-il un point de patinage entre les deux ? Parfois, dans la fatigue, déboule la parano. Bad trip.

Le jour je pense, je me connais. Je trouve cette histoire absurde, et je fais des plans psychanalytiques pour comprendre ce que je fuis. Dans mon esprit délirant naissent des théories des plus rocambolesques sur ce que j’ignore et ce qui pourrait se cacher dans les jeux d’ombres… La théorie de la jarre vide m’impose le doute, parce que projeter me scotcherai indéniablement sur le lampadaire. Papillon, le jour fait peur. Lecteur, tu t’étonneras peut-être de ma propension à m’inquiéter de rien, sache que si tu me connaissais, tu comprendrais que c’est pour mon bien. Mais je te suis inconnue, peut-être même as-tu déjà rempli ma jarre.

La nuit je mens. Tu overdoses ?

Figurez-vous qu’on n’est pas sectaire. Non, non, non… Et même que, en plus, on a des potes. Oui, oui, oui…
& Figurez-vous que, cet aprem, alors que je galèrais en droit de la responsabilité, un des dits potes a eu la bonne idée de me proposer un article et comme il écrit pas trop mal… Bon bah forcément, hein… Bonne lecture.

Poste 1 – Invité H.

Aux dernières nouvelles, dans un autre monde où on préfère éviter les robes noires pour régler les problèmes entre blouses (plus ou moins) blanches…

C’est la crise, tout le monde le sait, le bon P.H. (Praticien Hospitalier) aussi. En effet, une avarie technique dans un accélérateur de particules canadien prive le monde médical de 40% de sa production de Technétium 99 méta-stable. Avec l’arrêt du réacteur hollandais, ça fait 70%. Les rares scintigraphies osseuses encore possibles se payent dans les services à coup de vingt-deux (le fusil, pas la seringue). De fait les – flegmatiques ? Ils ont quand même les J.O. à gérer – Canadiens mettront entre deux et cinq ans à réparer l’accélérateur. Faute de moyens, la mise sur le marché d’un nouveau traceur (le 18FNa pour les intéressés) pour cet examen, moins couteux, moins dangereux pour le patient et sa famille et moins émetteur de gaz à effets de serre, tarde… Mais bon, la polémique sur les médicaments orphelins, c’est has been. Remarquons simplement qu’il ne fait pas bon être technicien radio ces derniers temps… Entre l’Autorité de Sureté Nucléaire qui fait son travail sans vraiment pouvoir mettre la pression sur Suez et le Large Hadron Collider du C.E.R.N. qui fuit de l’azote liquide… L’avantage, c’est que la surchauffe du réacteur Osiris (pour produire ce fameux Technétium en France) ne risque pas de détruire le système solaire. Je sabre le champagne en 2012 si le C.E.R.N. remet en marche son dernier jouet pour l’occasion.

Cependant,  dans un monde où on reconnaît cinquante ans après les méfaits des essais nucléaires sur les bidasses (on attend encore pour les classes d’été à Mururoa…), où les portes de confinement des centrales civiles ne ferment pas forcément et où on facilite l’accès aux soins psychiatriques en potentialisant des hospitalisations d’office de jour (c’est-à-dire en consultation à l’hôpital, avec le « concours » obligatoire de la famille pour le suivi du traitement et surtout on ne s’intéresse ni au vécu forcément problématique du malade psy, ni aux fermetures de services et aux postes non-pourvus… Mais je digresse), il y a pire. Pire que le retour prévu du virus A/H1N1 pour l’hiver 2010, pire que le gouvernement suisse qui veut taxer le suicide assisté d’étrangers sur son territoire de 34.000 euros à la charge des associations d’aide aux malades, pire que le scanner qui fout à poil à l’aéroport (le conseil de l’homme droit et avisé : doublez vos sous-vêtements avec du papier aluminium).

Le pire, c’est la dernière campagne anti-tabac, soutenue très fort par une association qui portait le doux acronyme de D.N.F.. Pour Droit des Non-Fumeurs, bien sûr ! Un collectif admirable, en tous cas pour la volonté d’avoir porté ce nom alors qu’un tiers environ de la population (seulement) est fumeuse. Si la volonté avouée de cette campagne est, comme toutes les autres, de choquer, on verra avec étonnement dans nos rues ces affiches présentant l’adolescent fumeur en position de coït buccal, face à un symbole manifeste de l’industrie en puissance (virile, s’il en est), une pudique cigarette tenant lieu de phallus. Douloureux constat. La violence a toujours été un langage clair et intelligible, mais à force de poumons noircis sur les paquets de cigarettes, de pantins désarticulés sur les spots de sécurité routière, je craint qu’une réponse du même genre finisse par se profiler à l’horizon. Et quoi ? On n’enfume plus VOS cafés, VOS salles de classe, VOS hôpitaux, VOS raffineries pétrolières et dépôts d’explosifs. Restons clairs, je n’attaque pas une politique de santé qui vise à réduire une consommation de tabac en hausse mais un avilissement manifestement abject du langage. Nous y sommes, il n’y a plus qu’avec le cul qu’on peut se faire comprendre. Et c’est juste navrant.

Sinon, côté bonnes nouvelles : le 18 février, le ministère de la Santé annonce (enfin !) la création d’un observatoire de la fin de vie en France. Suivi, fort à propos, par France 2 qui, hier soir, nous propose un « Complément d’enquête » sur la fin du monde. Mais tout n’est pas perdu ! Le Sénat défend le secret médical pour les pervers d’obédience sexuelle (les juifs/lombards/chrétiens/communistes de notre époque illustre ?) contre les pulsions inquisitrices de l’Assemblée, le transsexualisme n’est plus une maladie et on a bientôt un Viagra féminin sur le marché (Sildénafil ou Flibansérine pour les intéressées).

Votre prédicateur du crépuscule des âges, le contre-docteur Helmut.

Poste 1 – Invité H,
The end.