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Je suis vraiment désolée, j’ai pas internet, j’ai pas le temps… Et puis j’ai plus toute ma tête. Mon quotidien se perd entre les cours, les TDs (dissertations, commentaires d’arrêts, cas pratiques et autres joyeusetés juridiques), le journal interuniversitaire de Nancy (NJJ, si ça vous intéresse, on m’y trouve) et mes voyages.
Je divague. Vague. Je me perds dans la déliquessence de ma propre existence et je n’arrive pas à déterminer si c’est grave ou non. Je m’en fous. Le Chester Wall a été reconstruit, version 2.0, carrément plus esthétique.
Samedi, mon co-bloggueur débarque. Ma coloc aussi. Mon chat, également. Je vous raconte ma vie, vous n’en avez rien à foutre et moi non plus mais comme disent si bien les White Stripes : Everybody got a story to tell. Maybe that’s not what you wanna hear but that’s what I’ll do.
Enfin, histoire de me rattraper en attendant de pouvoir poster un truc correct au prochain tour d’écriture, je vous largue une petite perle de l’internet. La toile me donne le vertige à la Alice au Pays des Merveilles. Ouais, ouais…

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Les amis.
J’ai passé ma journée à lutter (et à perdre) contre l’échec. J’ai planté mon réveil, j’ai planté mon café, j’ai planté mon arrivée en cours, j’ai planté mon départ serein en vacances.
J’ai même pas réussi à trouver un Fly alors qu’on était une bande de 4 putains de valeureux étudiants ultra motivés. On s’est fait prendre en embuscade par un PARKING. J’ai galéré avec tous les vendeurs de Fly pour récupérer ce que je voulais. J’ai forcé un pote à essayer un fauteuil pour être certaine que Paulo & Shida y seraient bien installés (et dégouligneraient des bords, pour le coup). Les mecs, sans déconner, on s’est perdu DANS Nancy. On a failli se faire embarquer mon investissement de toute une vie : ma couette à 100€ (oui, Maman, je sais, ça fait cher la couette, mais n’oublie pas que ta fille est frileuse la nuit et que c’est une célibataire convaincue… Bref. Invest, ça fera moins cher en chauffage qu’on me dit à ma droite immédiate). J’ai quasiment perdu la main en montant le canapé au troisième étage (mais avec un escalier complètement trop impratiquable).
BREF.
Les copains, me faites pas chier ce soir, j’ai TROP pas le temps de vous écrire quelque chose d’intéressant. Sinon que la semaine prochaine Marcus Miller passe à Nancy et que je vais y aller. Marcus Miller. A Nancy. Oui. Je sais, ça fait bizarre…

Oui, je sais, j’ai un peu abandonné le navire… Pour mon excuse, j’étais en week-end, pas de pc en accès direct et/ou suffisamment long pour pouvoir vous pondre un article. D’habitude, dans ce genre de situation, Phil prend le relai pour mes quelques jours d’absence et vous ne remarquez presque rien… Mais comme je suis le relai de Phil pour le mois, vous vous doutez bien que ce système connaît in fine quelques dysfonctionnements. Toujours est-il que je suis en plein retour à la réalité, un retour difficile qui agite mes pauvres neurones en un bordel chesterfieldien digne de ce nom… Le bordel pris dans son entièreté n’est pas vraiment propice à la réflexion.

Je me rappelle, quand j’étais gamine et que je me sentais mal, je me racontais des histoires. J’inventais des contes, sans queue ni tête, dans le seul but d’arriver à me défouler, à me purger de ce trop plein psychologique et intellectuel qui me rendait complètement folle en plus de me réduire à un état d’ineffacité proprement insupportable. Aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter l’une de ces histoires, un truc improvisé et spontané, pour le meilleur… Et pour le pire.

Notre histoire débute dans des temps immémoriaux, dans une époque où le téléphone portable n’existait pas encore. Un petit garçon jouait aux échecs, tous les jours, pour devenir le plus fort… Son seul problème résidait dans le fait qu’il y jouait seul. Tous les jours, jours après jours, parties après parties, le petit garçon s’acharnait sur son échiquier. À la recherche de la solution à un problème qu’il ne voyait pas. Pas d’échange, pas d’adversaire, pas le moindre petit début de schizophrénie lui permettant de mener une partie contre lui digne de ce nom. Systématiquement, quoi qu’il fasse, les blancs étaient toujours d’un niveau ridiculement bas quand les noirs parvenaient toujours à un échec et mat monstrueusement simple mais tellement efficace. Et, toujours, sa mère lui demandait « mais pourquoi les Noirs? ». Pourquoi les Noirs? « c’est la faute de Manola ». Qui était Manola? Personne ne le savait vraiment… Et le petit garçon jouait, encore et encore, toujours devant les yeux de ses parents… Les noirs gagnaient, systématiquement. Un jour, un peu inquiet, son père prit de son temps pour jouer contre son fils. Le petit garçon prit les noirs et, sans surprise, battit son père à plates coutures. « C’est pour Manola ». Manola, Manola, mais qui était donc cette femme-là? Cette femme-ci? Qui? Eh bien quoi. Quoi. Pourquoi quoi? Le petit garçon renversa l’échiquier en hurlant que c’était pour Manola mais que, Manola, c’était pas une personne. Manola, c’était quoi, c’était la faute de Maman. La faute de Maman? Parfaitement. Courant avec ses petites jambes, le petit garçon mena son père jusqu’à la cave où dormait la bonne, l’esclave de la famille. Dans son sommeil, elle murmurait, rageuse et fiévreuse, « je les aurais, un jour, j’aurais la tête du Roi ». Ce n’était pas qui, c’était Manola. Un jour, sans doute, le Roi perdrait-il la tête, mais cette histoire ne nous intéresse pas encore… C’est que j’avais décidé de donner dans le conte moralisateur et pas vraiment gore. Un autre jour, peut-être, à l’occasion d’une partie d’échec.

Quand j’étais gosse, ce genre de petits récits m’aidaient, ils n’avaient pas grand intérêt mais ça avait l’avantage certain de peupler mon esprit d’images, de sons et d’odeurs. Le fond de mon cerveau m’apparaissait souvent comme un écran de cinéma, je trouvais ça amusant. En grandissant, on perd un peu cette tendance à imager les choses, à les construire dans l’absurde et dans le symbolique. Quelque part, je trouve ça dommage, parce qu’un conte sur le pouce, ça vaut ce que ça vaut, mais au moins ça vaut quelque chose. Et c’est pas américain.

Cendar a pris le train, ce matin, Cendar a même acheté le Nouvel Obs avant de monter dans son premier transport, celui avant la correspondance. Cendar a kiffé la couverture sur Sarko et cette putain de question « cet homme est-il dangereux? ». Cendar pourrait vous parler de ça et arrêter de parler d’elle à la troisième personne du singulier. Si je m’accorde assez facilement avec toutes mes autres personnalités sur le fait qu’il est nécessaire de reprendre le « je » là où je l’avais laissé, force est de constater pour vous, pauvres pêcheurs lecteurs, que je ne vous parlerai pas de politique. Faudrait pourtant que je m’y remette, c’est bientôt la rentrée, mais non. J’ai pas envie. Pas vraiment. Je suis dans le train, donc, en partance pour Nancy sans savoir combien de temps j’y resterai puisque je suis toujours dans cette maison de fou à la recherche du laisser passer A38 ou formulaire E111. Bah ouais, je sais toujours pas où je vais faire mes études et il était temps pour moi de m’occuper de ça en personne, de reprendre les rênes du navire et de vous perdre dans des non-sens multiples et gras.

Alphonse Allais a dit, je cite, « Partir, c’est mourir un peu. Mourir, c’est partir beaucoup. ». Aujourd’hui, je suis partie. J’ai pris un train, la tangente et j’ai même débarrassé le plancher. Vous ne savez pas où je veux en venir? Toujours pas? Je suis celle qui est partie. Il y a deux catégories d’individus dans ce genre de situation : ceux qui restent et ceux qui partent. Bien souvent, j’ai été celle qui est restée, celle qui a souffert le manque, celle qui a tourné en rond et fait les cent pas… Mais c’est quoi le pire? Est-ce que c’est rester et regarder tout le monde partir, à sucer le plaisir jusqu’à la moëlle de ce temps qui nous est encore imparti, ou est-ce que c’est partir et se dire qu’on est sur les rails, en route pour de nouvelles aventures? Je ne sais pas. Je sais que je vais perdre les trois quarts du lectorat de Septembre en vous parlant de mes petits états d’âme mais j’ai mal au cœur. J’ai mal au cœur parce que je suis tombée amoureuse… Amoureuse non pas d’un homme mais d’une période de ma vie, amoureuse de gens tous différents, amoureuse d’un restaurant, amoureuse de bars, de boîtes de nuit, d’instants volés à la faveur d’un ciel ensoleillé ou d’une lune paresseuse. Amoureuse d’un putain de double martini blanc, amoureuse de mon tablier, amoureuse des gens que je laisse derrière moi, même si je sais qu’on se reverra. Et qui dit amoureuse éperdue en partance dit cœur brisé. Je suis malheureuse, amis lecteurs, parce que j’ai du mal à reprendre pieds avec la réalité, cette réalité irréelle et insensée où mon été ne représente qu’une saison en restauration et où le Pichet n’est qu’un restaurant parmi les autres. Vous n’avez rien compris à la vie, vous avez tout loupé. Je suis une pauvre conne bercée dans un sentimentalisme qui ne lui ressemble pas mais je m’en fous.

J’ai pas envie de revenir à une vie d’étudiante, pas envie de me trouver dingue de me coucher à trois heures du matin, pas envie de ne plus avoir de personnes avec qui partager une bonne bouteille de rouge. J’ai pas envie de crever de froid la gueule ouverte sans faire le pingouin, pas envie de chercher Paulo pour d’autres gens, pas envie de retourner squatter mes amphis en talons alors que j’ai enfin réappris à kiffer le mode roots. Non, j’ai pas envie, c’est clair, mais c’est comme ça, je peux pas lutter. Pourquoi? Parce que toutes les histoires ont une fin. Mais non, pas de fin, juste le début de nouvelles histoires. Maintenant, c’est la guerre, contre le monde, contre le temps, pour réussir à garder contact, à ne pas voir le temps passer jusqu’à mon départ en Guadeloupe. C’est la guerre parce que je suis en pleine crise existentielle, entre simplicité et torture ontologique de la meuf qui aspire à la paix mais qui aime bien se compliquer la vie.

Je suis aux abois, les mecs, je sais plus où j’en suis, plus où je vais. Je sais pas où je vais devoir faire mes études, je sais pas où je vais vivre, je sais même pas de quoi je vais vous parler samedi. Ou dimanche. Je suis inconstante. Je suis à la ramasse, j’ai envie de hurler… D’allumer une Chester. Mais c’est pas grave, j’ai au moins une certitude, ce soir… Celle d’avoir vécu un été inoubliable et inimitable avec des gens qui resteront. Parce qu’on ne quitte pas le Pichet… Et le Pichet ne nous quitte jamais.

C’était le mot d’amour d’une serveuse en dépression qui, peu à peu, laissera sa place à une ambitieuse étudiante en droit. La schizophrénie a ses limites, je crois. Ou pas.

Aujourd’hui, 7 août, à Annecy, c’est la fête du lac… Concrètement, ça veut dire truc touristique de ouf avec feux d’artifice et spectacle sur le lac, on vous passe les détails, c’est archi connu. Ce qui veut nécessairement dire que… Restaurant blindé de 11h30 à 22h… Ce qui signifie qu’on a fait environ 700 couverts, sans compter la limo, que j’ai bossé juste 7h30 en continu. Sans pause clope. Sans manger. Rien. Ce qui signifie bêtement que là j’ai tellement mal partout que je suis pas foutue de vous écrire un article. M’en voulez pas, c’est déjà à peine si j’arrive à me motiver pour aller à notre Aloha Party, soirée que la Pichet Family – dont je fais fièrement partie – organise depuis presque un mois. La grosse question, c’est comment j’ai pu même songer que c’était à moi de poster aujourd’hui… Je crois que parce que ce blog est un peu comme ma maison et que, même au bord du craquage, je le retrouve toujours, un peu comme l’australopithèque retrouve toujours son lit, voyez. En conclusion, dans la lignée de la PF et de tous les Aloha du monde, je vous laisse une vidéo histoire de vous divertir… Et je me rattraperais un autre jour.

En ce soir (nuit) de delirium complet où on s’est faut déchirés au boulot alors que tout laissait à penser que le service ne serait qu’ennui et rentrage à la casa ultra tôt, quand certains refont le monde parce qu’au bord de l’hystérie, je vais réécrire l’ancien testament. Chacun son truc, après tout, et puis ça me fait tellement kiffer d’imaginer que Phil va galérer à écrire pendant son samedi que je suis prête à me forcer à écrire un article, un vrai, aussi absurde soit-il. Pour toi, lecteur, mais aussi pour la team Pichet, voici les 10 commandements de l’employé en restauration. Avec des exemples.

1 – Une nouvelle religion tu créeras.
Bah ouais, c’est la galère de garder la foi au quotidien. Chez nous, c’est Aloha, la croyance ultime… « Non mais allô, quoi. ». « Alohaaaaaaa! ». Etc. Si je reste fidèle à Chester jusqu’au jour de ma mort, je dévie un peu cet été en m’accordant quelques actes hérétiques envers une profession de foi qui n’est pas la mienne. Pas le choix, voyez.

2 – Une boisson fétiche tu auras.
Normal, puisque pourboire (pour boire, cqfd). Ici, entre nous, c’est le « dentifrice » aka get 27 + Vodka. Au cas où tu te poserais la question, lecteur, sache que, non, le dentifrice ne se dilue pas dans le vin blanc. Ou l’inverse. Testé, approuvé et gerbé par la Cendar corporation. Mélange à éviter. Sinon, on boit du Tariquet. Ça, passe, aussi.

3 – Des expressions étranges tu adopteras.
Eh ouais, bravo, tu es serveur, serveuse, tu bosses dans la restauration. Tu appelles tes collègues poulette ou Monique, tu gueules du « mais allô » toutes les cinq minutes… Tu ne dis plus « pardon » quand tu veux que quelqu’un dégage de ta route. Non. Tu dis « chaud » parce que ça marche trop bien au boulot. Eh ouais. T’es TGV, tu te fais déchirer, tu cherches ton « limo » (aka ton tire bouchon, en fait).

4 – De nouveaux jeux tu t’inventeras.
Pas plus tard que ce soir, figurez-vous. Quand vous étiez gosse, vous avez cherché Charlie? Mais où est Charlie? Bah, au pichet, ce soir, c’était « mais où sont donc passées les cuillères à café? ». Et tu les cherches, dans le tiroir à couvert. Tu les cherches, longtemps…

5 – A des heures improbables tu mangeras.
Évidemment. Puisqu’aux heures où les gens normaux mangent, tu sers la bouffe des gens normaux. Alors tu manges ton repas du midi à 11heures et puis à 15heures, en sortant du taff. Le soir, c’est 18heures et minuit.

6 – Des plats improbables, par ailleurs, tu feras.
Mes collègues se sont fait une fondue à 16heures30, il est 01h46 en ce moment et je bouffe une part de gâteau au chocolat. Improbable, inavouable… Et pourtant!

7 – De nouveaux commérages tu découvriras.
Bah ouais, tu es serveur, maintenant, tu rencontres de nouveaux gens, tu rentres dans un monde étrange, particulier, tellement particulier que tu n’en sors même pas (en fait, c’est surtout parce que t’as des horaires tellement bizarres que tu vois peu de monde en dehors). Et, forcément, nouveaux gens qui, eux-mêmes, t’introduisent auprès de nouvelles personnes, etc. Nouveau monde. Nouvelles rumeurs, nouveaux commérages. Etc.

8 – De nouvelles tenues tu t’achèteras.
Parce qu’uniforme. Parce que basket/pantalon/tee-shirt. Parce que tablier. Parce que noir. Parce qu’uniforme.

9 – Des articles complètement aléatoires tu écriras.
Mais juste pour la team Pichet, ce soir, je m’arrache les trippes, quitte à me demander comment, pourquoi. Quitte à me demander ce que je fais là, pourquoi je mets ma clim alors que j’ai une trachéite vénère qui me déchire la gorge. On s’en fout. On est vivants, c’est déjà ça.

10 – Un dixième commandement tu ne trouveras pas parce que ton logiciel open office a planté que c’est la deuxième fois que tu écris cet article et que tu te rappelles parfaitement ne pas en avoir trouvé précédemment. Et puis c’est toi qui ouvres demain, faut pas déconner, t’as besoin de dormir. Un peu.

A bon entendeur, salut!

Excusez-moi, déjà que je bosse le dimanche, faut pas abuser non plus…

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