novembre 2010


J’ai commencé mon dernier article par « Parlons peinture ». Je commencerais donc celui-ci par parlons ciné. Je sais, manque flagrant d’originalité. Mais c’est toujours dur de commencer un article. D’autant plus dur que quand vous regardez par la fenêtre, vous ne voyez que pluie, neige et brouillard. Je m’égare.

Je ne suis pas très cinéma français. Je kiffes plutôt les réalisateurs outre-atlantiques, et puis tous ceux provenant de cultures plus ou mois inconnues de ma contrée natale (asiatiques notamment). N’empêche que j’ai aimé De battre mon cœur s’est arrêté, Le premier jour du reste de ta vie, L’auberge Espagnole et autres classiques générationnels. Mais je me suis laissé tenté. Je suis donc allé voir L’homme qui voulait vivre sa vie. Et là, grosse claque.

Paul Exben a tout pour être heureux : une belle situation professionnelle, une femme et deux enfants magnifiques. Sauf que cette vie n’est pas celle dont il rêvait. Un coup de folie va faire basculer son existence, l’amenant à endosser une nouvelle identité qui va lui permettre de vivre sa vie. Voilà pour le synopsis. Réalisé par Eric Lartigau (réalisateur de Prête-moi ta main), ce film se veut l’adaptation du roman de Douglas Kennedy, romancier américain, apôtre de l’anti-puritanisme américain. Le premier choc est très certainement la qualité du jeu de Romain Duris. Je ne contesterai certainement pas que Roman Duris était déjà avant ce film un acteur brillant et prometteur. Mais là… Un jeu superbement sensible qui lui colle à la peau, un équilibre dans les émotions qui ne les rend que plus réalistes, cet acteur au torse poilu semble habité par ses deux personnages : avocat talentueux et parigo mal dans sa peau, mais aussi photographe de génie.

Si la réalisation est d’une qualité indéniable, c’est surtout le scénario qui aura retenu l’attention du spectateur, renvoyant à de nombreuses thématiques humaines et toute leur complexité et leurs contradictions. Dans cette société ultra-matérialiste, peut on vivre sa passion? Peut-on tout abandonner pour suivre la voix de notre coeur? A-t-on le droit à une deuxième chance?

Mais l’auteur va plus loin encore, explorant le rapport entre l’artiste et l’art, entre la reconnaissance et la célébrité, entre l’homme et sa conscience.

Poussé dans ses derniers retranchements, de quoi un homme est-il capable? Alors que notre héros fuit l’épisode macabre où il tue par accident l’amant de sa femme, faisant disparaître le corps, usurpant l’identité du rival puis mettant en scène à sa propre mort, le passé lui revient en pleine figure, hantise qu’il ne peut noyer que dans l’alcool et dans la soif inextinguible de ses retrouvailles avec l’art. Il y croyait pourtant à cette seconde chance, cette résurrection dans la peau de l’être qu’il avait toujours voulu être, dans la peau d’un homme nouveau qui voulait simplement vivre sa vie.

Mais la vie n’est pas toujours bien faite. Ou alors elle l’est trop bien, mais en devient cruelle. Peut-être que ce qu’il faut retenir de ce film, c’est qu’il ne faut pas rater le coche. Le train ne sifflera pas trois fois, mais bien qu’une seule. Quand on le rate ou qu’on se trompe de wagon, c’est pour la vie. Tout est question de choix, ou de courage pour faire ceux qui ne s’imposent pas nécessairement comme les plus raisonnables. La grandeur n’est alors plus dans l’expression de ses qualités mais dans l’expression de sa nature profonde. L’homme naît libre, puis il construit sa prison. Ce dont notre artiste n’avait pas conscience, c’est qu’en quittant dans le sang et la mort la prison bourgeoise qu’il s’était érigée, il jetait déjà les clefs de son nouveau cachot, celui d’une existence de fuite et de mensonge.

Au fond, ce film est à la fois optimiste et fataliste. Optimiste car l’homme peut se retrouver, peut aller au bout de ses rêves et réussir, car la vie accepte parfois de lui donner une nouvelle chance. Fataliste car le combat intérieur et les doutes de tout homme l’aveugle et obscurcissent sa lucidité. Fataliste car la vie l’a doté de nombreuse faiblesses et de peu de courage.

Pour poser un petit bémol à cette œuvre en guise de conclusion : la chute. Je ne peux pas vous la révéler, bien entendu. Mais sachez qu’elle est à l’image de l’existence : contradictoire, insatisfaisante, déprimante mais aussi porteuse d’espoir.

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Cela fait longtemps que nous n’avons pas parlé sérieusement, nous… Alors soyons sérieux. Je suis une débauchée, une décadente, une hédoniste, une épicurienne. J’aime l’alcool, j’aime le tabac, j’aime le sexe et je ne m’en cache pas. Née au XIX°, j’aurais fait un poète d’enfer, une vraie romantique, peut-être même une pote de Charles Baudelaire. Ça m’aurait plu. Ou pas. Allez savoir. Toujours est-il, mes amis, que la décadence a son propre biographe et elle n’a choisi pas moins que Monsieur Oscar Wilde pour faire son éloge et raconter son histoire. Vous vous y attendiez, je sais.

Oscar Wilde n’a fait qu’une erreur dans sa vie, une vraie, et c’est d’être né à Dublin. Monsieur est irlandais. Né en 1854, il a illuminé de son génie et de sa grandeur un demi siècle qui n’attendait que lui… Pour s’éteindre en 1900 dans les bras de la belle Lutèce. De sa vie, on ne retiendra pas grand chose… Sinon qu’il était homosexuel et qu’il l’affichait. Oscar Wilde se fera particulièrement connaître à partir de 1891 et du scandale de Queensberry… Quand il s’amouracha d’un jeune Lord et entreprit d’afficher à la face du monde toute la délicieuse décadence dont il était capable. En découlera un procès, une condamnation et l’excellent « La ballade de la geôle de Reading », poème écrit à sa libération relatant les derniers instants d’un condamné à mort.

Oscar Wilde, c’est « Le portrait de Dorian Gray », la culture de l’opium et du beau, du laid, de l’immoral. Oscar Wilde, c’est « Ravenne », « Une femme sans importance », « De profundis », « Un mari idéal », « Le crime de Lord Arthur Savile » et j’en passe. Oscar Wilde romancier, Oscar dramaturge, Monsieur Wilde poète… Une plume, un style, construit dans la finesse et l’architecture, un niveau de langue délicat abattu à coups d’images et d’idées titanesques, désabusées, cyniques, décadentes, parfois même dégueulasses. Oscar Wilde, vérité, Oscar Wilde, mensonge, perdu dans ses illusions il arrive que le lecteur ne sache plus vraiment s’il est au paradis ou en enfer.

Et puis Oscar Wilde c’est la légende urbaine d’un style de vie bien particulier… « Le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est encore d’y céder », épicurisme outrancier mais tellement revendiqué par notre jeunesse dorée, désabusée et excessive. « Définir, c’est limiter », cultiver l’excès et l’exposer. « Il me semble parfois que Dieu, en créant l’homme, ait quelque peu surestimé ses capacités », acidité ambiante et effrayante. Oscar Wilde, il faut le dire, c’est surtout une grande gueule. Mais une grande gueule qui avait la classe et qui était plus que reconnue en tant que telle… Et une fois sorti de ces simples considérations biographiques, il ne faut pas oublier que Monsieur était avant tout un genre, une langue, des mots, des idées, des images… 

The Ballad Of Reading Gaol.
(My favorite quote)

Yet each man kills the thing he loves 
By each let this be heard, 
Some do it with a bitter look, 
Some with a flattering word, 
The coward does it with a kiss, 
The brave man with a sword!

Some kill their love when they are young, 
And some when they are old; 
Some strangle with the hands of Lust, 
Some with the hands of Gold: 
The kindest use a knife, because 
The dead so soon grow cold.

Some love too little, some too long, 
Some sell, and others buy; 
Some do the deed with many tears, 
And some without a sigh: 
For each man kills the thing he loves, 
Yet each man does not die.

Traduction.
La Ballade de la geôle de Reading
(Passage préféré de ma petite personne, aussi arbitraire cela soit-il)

Pourtant chacun tue ce qu’il aime,
Salut à tout bon entendeur.
Certains le tuent d’un oeil amer,
Certains avec un mot flatteur.
Le lâche se sert d’un baiser,
Et d’une épée l’homme d’honneur.
Certains le tuent quand ils sont jeunes,
Certains à l’âge de la mort,
L’un avec les mains du Désir,
Et l’autre avec les mains de l’Or.
Le plus humain prend un couteau :
Sitôt le froid gagne le corps.
Amour trop bref, amour trop long,
On achète, on vend son désir.
Certains le tuent avec des larmes
Et d’autres sans même un soupir.
Car si chacun tue ce qu’il aime,
Chacun n’a pas à en mourir.

En espérant vous avoir quelque peu inspirés, je m’en vais relire cette œuvre en entier…

Parlons un peu peinture. Y en a marre des articles socio-politiques. Et puis notre vie et nos états d’âme ne sont passionnants. Quoi que j’aurais bien quelques anecdotes d’étudiant bourré… Bref. Peinture je disais. J’ai des goûts assez brouillons. J’ai un peu de mal à me rattacher à un mouvement ou un genre. A vrai dire, il n’y a qu’une valeur sûre chez moi : l’encre. C’est mon faible. Alors je vais vous parler de deux découvertes récentes qui m’ont vraiment intéressé et touché. Les deux peintres sont étrangers mais ont vécu en France. L’un est arabe, l’autre est chinois. Leur technique est différente mais leur support est sensiblement le même. L’un peint des paysages, l’autre des calligraphies. Leurs pinceaux expriment l’univers, le tout, l’émotion à l’état brut loin de l’art conceptuel ou réaliste.

 

Je commencerais par Hassan Massoudy. Né en 44 à Najef, ville du sud de l’Irak, il s’exile en France en 1969 où il intègrera l’école des Beaux-Arts de Paris. Là, il fait de la peinture figurative. Il n’abandonne néanmoins pas la calligraphie, elle lui sert à financer ses études en réalisant des titres pour des revues arabes. Petit à petit, la calligraphie va s’infiltrer dans sa peinture figurative, pour, à la fin, prendre sa place et la faire disparaître (dixit wikipédia). Mis à part des collections de calligraphies sur grand format qui forment ses plus belles œuvres, il illustre de nombreux recueils (notamment Gilgamesh, une vraie merveille) et participera ou sera le créateur de plusieurs spectacles (Arabesque, Métaphore…).

Que dire de son œuvre… De l’esthétisme à l’état pur. Même le novice qui ne connaît rien à l’écriture arabe peut se sentir touché par ses travaux. Se détachant du noir et blanc traditionnellement consacré par les calligraphes arabes, il s’évade et imprègne ses peintures de couleurs vectrices d’émotions. Ses traits sont francs, recherchent l’instantanéité et le dynamisme, toujours portés par le mouvement et le flux de la vie. C’est l’histoire d’une rencontre entre deux cultures, l’histoire d’un artiste, d’un philosophe qui cherche son expression dans le métissage.

 

Le second se nomme He Yifu. Artiste chinois né en 1952 à Kunming, il décède en 2008 des suites d’une maladie. Élève de l’Institut des Beaux-Arts de Pékin, il enseigne à l’Institut des Beaux-Arts du Yunnan la calligraphie et la peinture chinoise traditionnelle. Il aime aussi la France où il expose depuis plusieurs années. Tombé sous le charme de la Bretagne, il en offre des peintures surprenantes. C’est ici, à Grenoble, que je l’ai découvert. Il est actuellement exposé au Musée de l’Ancien Évêché où ses œuvres réalisées dans les Alpes ont été rassemblées. Et voici le coup de force de He Yifu : il est parvenu à faire redécouvrir à un grenoblois les Alpes qu’il contemple pourtant chaque jour. C’est l’histoire d’un chinois et de son art parcourant les montagnes, dessinant les fleuves et les montagnes, en été comme en hiver, leurs gorges étroites et leurs ravins défoncés, le dégel et la naissance des premiers fruits, la brume mystérieuse qui les enrobe et les masque parfois. S’en tenant parfois à un certain réalisme, il n’hésite cependant pas à user de couleurs irréelles, puissantes et belles. Dans la pure tradition chinoise, le peintre se détache du décor, du réel, pour peindre le Qi, l’essence de l’univers, le flux traversant toute chose. Un voyage puissant et imprégné de quelque chose de grand. Un voyage inachevé malheureusement.

La réalité c’est l’illusion créée par l’absence de drogues dixit Richard Desjardins... Et, moi, je suis une psychotique qui vit en marge de la réalité. Je suis accro à mes clopes, accro au café, je suis alcoolique, je peux pas vivre sans sexe, le travail est mon opium personnel, je rêve de rail blanche vers un monde meilleur, je suis incapable de vivre sans facebook, ma vie est parasitée par mon besoin excessif de vie sociale, j’ai tendance à tomber dans des (une) relation(s) addictive(s) qui me fait faire n’importe quoi, je prends de la musique en shoot et de la littérature en bang, Paulo est l’un de mes meilleurs amis, j’ai besoin d’une séance de shopping par mois et je ne serais définitivement rien sans ma culture – moralement réprouvée – de la méchanceté gratuite (enfin, ce que les gens estiment en être). Je suis cassée de partout, je crèverais probablement d’une mort cérébrale et la seule chose qui m’emmerde c’est que je peux pas mettre ma boîte à conneries de chat sur mon testament. Comme quoi. La drogue est partout. La drogue est mon ennemi. Fuir son ennemi c’est lâche et je tombe dans des lieux communs usés jusqu’à l’os. Peu1porte.

Arrive alors la question… Face à ces addictions, face à toutes ces formes de dépendance… Nous construisent-elles? Assurément. Pourquoi? Parce que l’Homme est vice et que, le vice, c’est bien. Question de référentiel mes amis, n’empêche que quand ma coloc a débarqué chez moi en affirmant ne plus fumer, ne plus boire, avoir une vie de couple plus ou moins stable et s’être lassée du cynisme, je me suis demandée qui j’avais en face de moi. Serais-je la même personne si j’arrêtais de fumer? Si je n’aimais plus le martini? Les drogues nous forment-elles? Les addictions, plutôt, histoire d’être claire dans mes termes, mais toujours est-il que la réponse est positive. Les addictions grossissent des traits de notre personnalité et façonnent notre rapport au monde. Alors un monde sans addiction, un monde sans possible développement de dépendance, quelle qu’elle soit, très peu pour moi.

Nos amis les législateurs de tous pays l’ont par ailleurs bien compris. On interdit aux ouvriers de se défoncer au cannabis parce que ça les empêche de bosser dans nos usines (vous ne croyiez tout de même pas qu’on a pénalisé pour le bien des citoyens, quand même?) mais on leur autorise la clope et l’alcool. Déjà parce que faut pas trop les frustrer et, ensuite, parce que, de leurS dépendanceS, on pourra tirer un bénéfice certain. Eh ouais. C’est comme ça. C’est toujours comme ça. Inutile de préciser que les fashion victims font le bonheur de tous nos dirigeants et autres camés d’économie. Une addiction taxée à 19,6%? Le pied.

Enfin. Je m’y perds. Probablement la caféine qui me fait perdre la tête. Ou le manque. De nicotine, peut-être. Je ne sais pas. Je m’en fous. J’ai envie d’un verre. Faut que je sois responsable. La vie est dure. Et puis j’ai du travail. Et puis cet article se casse la gueule. N’empêche que si on ne passait pas notre temps dans la quête absolue du bonheur et du bien être, donc de la décharge d’endorphine (qui est une drogue, mes enfants), on serait tous des gros cons aigris et pas divertissants pour un putain de cents. Alors droguez-vous, cultivez vos addictions, cultivez-vous tout court, laissez-vous vivre et dites-vous bien que si l’État vous tape sur les doigts c’est parce qu’il ne peut pas récupérer du fric sur tout ce que vous faites. L’excès, c’est ça qu’est la vérité les copains.

Peut-être avez-vous suivi l’allocution de M. Sarkozy de mardi soir. Pour ma part, la douleur ayant ses limites, j’avoue mon incapacité à suivre ce monologue jusqu’au bout. Notre cher Président était au top de sa forme : je n’ai jamais assisté à une interview aussi assommante. Peut-être était-ce dû à ce ton mielleux. A moins que ce ne soit son air fayot. Anyway. Il nous a donc exposé la toute nouvelle ligne du gouvernement… qui ne change pas d’un pouce en réalité. Ah si. Notre mentor et modèle ne serait plus anglo-saxon mais allemand. Changement de chemise donc. Mais pourquoi pas après tout, il aurait fallu une bonne dose de bêtise ou d’entêtement pour continuer à suivre un exemple qui a plongé le monde dans le gouffre de la crise.

Protecteur et calme, articulant chacun de ces mots, le Président n’a laissé subsister aucune trace de son ancienne ferveur qui frisait la pathologie. Le Président n’oublie personne. Pas même les « vieux », comme il les nomme. Conscient de sa stature et de ses engagements, il confie aux français : « ce n’est pas raisonnable pour moi de m’occuper d’un sujet comme ça très difficile, très lourd mais c’est mon devoir.» . Wouaho. Quel homme intègre. D’ailleurs il ne pense pas du tout à la réélection. Il va y réfléchir et nous donnera sa réponse à l’automne prochain. Les pronostics paraissent dorénavant très compliqués : candidature ou pas? Décidément, quelle carrure! Il se dit même «conscient du ridicule de (son) propre intérêt par rapport aux attentes des gens qui sortent à peine de la crise».


Pour mener à bien son grand dessein au service des français, vous ne serez pas sans savoir que le Président a constitué une équipe de choc (alors ce n’était pas le cas avant?). Du coup, exit Borloo. Comme tous les centristes et gauchiste d’ailleurs. Comment ça un recentrage à droite? Vous plaisantez? Il y a Michel Mercier à la Justice, un proche de Bayrou. Permettez moi de vous dire que vous faites erreur, comme dirait l’autre. Ce gouvernement reste un gouvernement d’ouverture, et n’est certainement pas un gouvernement de campagne. Ce serait impensable d’user du corps exécutif à des fins électorales après tout.

Je me demande s’il n’a pas soudoyé les journalistes de TF1 et France 2 pour passer quelques messages subliminaux (« je suis gentil »). Mais peu importe. Le Président ne pense pas à l’impopularité. Il ne fait d’ailleurs pas confiance aux sondages. Cela ne l’empêche pas d’abattre deux des symboles de son impopularité : le bouclier fiscal et le ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Mais il a une raison : «J’ai renoncé à « l’identité nationale » comme mots, parce que ça avait suscité des malentendus. Mais sur le fond je n’y renonce pas». «Si on ne maîtrise pas les flux migratoires, on organise le « collapse » de notre système d’intégration.». Mis à part sa maîtrise de l’anglais et la pertinence de son analyse sur l’immigration (n’était-ce pas là une occasion d’exposer un peu plus sa vision et de rassurer les français qui, comme moi, ont l’impression d’assister au retour des casques à pointe?), j’avoue me sentir quelque peu mal à l’aise devant une telle contradiction. M. Sarkozy ne se soucie pas de son impopularité mais supprime le ministère qui en est responsable tout en conservant la même vision du sujet? Pfiou. Je suis perdu.

Pour que ce speech soit parfait, il ne manque que deux choses : un peu de compassion, et un peu de Sarko. L’un et l’autre sont présents. Voyez par vous même. Concernant le G20, cette farce qui prétend régler les différends monétaires internationaux, le Président a déclaré que « l‘échec de l’Afrique sera le drame de l’Europe. J’entends que la France montre l’exemple sur la taxation des transactions financières (pour financer le développement de l’Afrique) ». Si nous voulions aider les pays pauvres, peut-être devrions nous enfin verser les 2% du PIB réclamés par l’ONU pour financer le développement du Tiers-Monde. A moins que ce soit plus productif de lancer des paroles en l’air.

Enfin, un peu de Sarko. Bah oui, il nous manque Sarko. Le bon vieux Sarko qui s’énerve, qui traite les gens de pauvres cons, qui veut passer au karcher les cités, pour qui tout est simple. Ne vous inquiétez pas, vous ne le voyez pas, mais il est toujours là. D’ailleurs, sur la question des Roms et du discours de Grenoble (pauvre de moi qui suis grenoblois), il rétorque : «Vous créez vous-mêmes, vous les médias, une situation de stigmatisation. (…) Dans le discours de Grenoble, il n’y a pas eu outrance. Je ne regrette rien de ce discours, pas un mot.». Il me semblait pourtant que le Président avait alors envisagé la possibilité de retirer la nationalité aux français délinquants qui seraient d’origine étrangère? Mais à qui pensait-il? Sûrement aux italiens, vous en conviendrez. Il faut comprendre que ce que le Président est en train de nous dire, c’est qu’il y a un lien de causalité entre délinquance et immigration. Soit, ça peut se discuter, il a évidemment une crise de l’intégration en France, et toute crise provoque des troubles. En revanche, il nous explique qu’en vertu d’origines ethniques, on pourrait procéder à une sanction qui aurait pour fondement cette appartenance raciale? Je ne suis pas encore juriste professionnel, mais il me semble que ce genre de sanction serait non seulement contraire à la Constitution française car ciblant un groupe d’individu (pour des critères raciaux qui plus est), mais aussi quelques pactes fondamentaux sur les droits de l’homme?

Ha Sarko… tu étais gentil mardi. Presque sympa. J’avais bien un peu l’impression que tu nous prenais tous pour des imbéciles mais bon. Passons. C’est sûr que maintenant, tu m’as convaincu. Tu es le pire des populistes français. Pourtant on en a une belle brochette. Ce sera bien le seul titre que je daignerais t’accorder.

 

édit : je viens d’entendre quelques mots superbes : « Il y aura toujours des fous, et des cons pour les suivre ». N’y voyez, bien entendu, aucun rapport avec l’article ci-dessus.

 

Je suis vraiment désolée, j’ai pas internet, j’ai pas le temps… Et puis j’ai plus toute ma tête. Mon quotidien se perd entre les cours, les TDs (dissertations, commentaires d’arrêts, cas pratiques et autres joyeusetés juridiques), le journal interuniversitaire de Nancy (NJJ, si ça vous intéresse, on m’y trouve) et mes voyages.
Je divague. Vague. Je me perds dans la déliquessence de ma propre existence et je n’arrive pas à déterminer si c’est grave ou non. Je m’en fous. Le Chester Wall a été reconstruit, version 2.0, carrément plus esthétique.
Samedi, mon co-bloggueur débarque. Ma coloc aussi. Mon chat, également. Je vous raconte ma vie, vous n’en avez rien à foutre et moi non plus mais comme disent si bien les White Stripes : Everybody got a story to tell. Maybe that’s not what you wanna hear but that’s what I’ll do.
Enfin, histoire de me rattraper en attendant de pouvoir poster un truc correct au prochain tour d’écriture, je vous largue une petite perle de l’internet. La toile me donne le vertige à la Alice au Pays des Merveilles. Ouais, ouais…

Cher lecteur, today is a good day. J’ai récemment décidé de me lancer corps et âme dans la voie du journalisme, et aujourd’hui représente un pas symbolique. Je vous laisse en juger par vous-même, avec critique et commentaire à la clef (plus que bienvenus d’ailleurs) : article sur agoravox

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