août 2010


Bonsoir à tous, amis de la toile. Je prends donc le relai de ce mois en mode « vous ne supporterez que moi », ça me fout la pression. Ce soir, c’est la grosse mine de fin de saison et, histoire de partager un peu tout ça avec vous, je vais vous expliquer comment organiser une soirée Feria. Parfaitement mes amis, on met les bouteilles de bière dans des coupes de champagne et on kiffe. J’extrapole.

Pour une soirée Feria, il vous faut déjà vous soumettre au code de couleurs nécessaire à savoir le rouge et le blanc, nos amis du sud en savent quelque chose. Ensuite, il vous faut donc la déco adéquate et nul besoin de préciser que vous devrez acheter des mets du Sud Ouest tel que le foie gras, le magret de canard, les pruneaux d’Agen, etc. Question alcool, prévoyez-en beaucoup, le but ultime de l’exercice restant de ramper partout voire d’être incapable de ramper.

Le principe même est d’avoir une bande de potes entraînés à la descente de haut-vol et un foie à toutes épreuves. Retrouvez-vous tout de blanc et rouge vêtus, des vêtements que vous vous condamnerez à ne plus jamais remettre en public, sauf avec les mêmes potes pour une soirée du même genre. Plus vous vous retrouvez tôt plus le potentiel destructeur de la soirée est élevé. Au milieu de la soirée, surtout, n’oubliez pas de sortir vos feutres pour écrire vos ressentis éthyliques sur les vêtements de vos amis, là où il n’y a pas encore de vomi. Vomi, c’est le mot, parce que les trucs ultra cool, c’est autant à gerber que les trucs pas cool, juste que c’est pas dans le même sens, voyez.

Question musique, que du bon son et – évidemment – des chansons paillardes. Préparez-vous à devoir supplier ceux qui auront penser à prendre un appareil photo, armez-vous de doliprane, priez Chester de ne pas faire un coma. Accrochez-vous les trippes autour de la taille, ce sera assorti à votre tenue. N’ayez pas peur du ridicule. Le ridicule, ça ne tue pas, bien au contraire… Le ridicule, c’est la vie, la recherche de ses limites et l’anéantissement de la mortalité de la notion d’honneur. Si le ridicule ne tue pas le respect que tu te dois ni ta fierté alors rien ne peut la tuer. En te rendant ridicule, tu te rends indirectement immortel, tu te rends digne, tu te rends invincible. C’est beau, pas vrai? Alors ce soir, je m’immortalise en mode fin de saison, j’espère que vous aurez trouvé l’inspiration dans ces quelques lignes. Je vous salue, mes amis.

PS – Phil est bien arrivé au Cap et bien installé.

Je pars. Loin. Je pars en Afrique du Sud pour une durée d’un mois. Et ne croyez pas que j’y vais pour tourisme (même si je suis impatient de voir l’aquarium de Cap Town et de pouvoir courir après les pingouins). Le vieux blasé, la larve turbulente que je suis part en humanitaire. Je ne sais pas si j’aurais internet, donc je vous dis good bye et au revoir. Inch Allah. Je vous quitte sur le plus grand solo de basse de tous les temps.

Oui, je sais, je suis en retard, c’est inadmissible… Oui, j’ai quitté le navire mais, pour mon excuse, je squattais le bateau ivre. Outre mon besoin de me remettre de toutes les cuites que je me prends et le fait que je travaille approximativement 60heures par semaine, faut dire que j’étais quand même vachement occupée à réinventer le Cluedo. Parfaitement. Vous savez, le Cluedo, c’est ce jeu où plusieurs personnages sont enfermés dans un huis clos (un manoir) et où il faut découvrir qui a tué le personnage principal, dans quelle pièce et avec quelle arme… Enchevêtrement basique d’indices négatifs dans le but d’arriver à la bonne combinaison. Le colonel moutarde dans la salle de bain avec un tampon usagé… Ouais.

Arrive le fameux moment où je vous explique mon délire et où j’en perds les trois quarts en route… L’enquêteur s’appelle Ninja. Vous avez à votre disposition une quinzaine de personnages répartie dans trois établissements se situant tous dans un rayon de moins de 500 mètres. Le ratio homme/femme est à peu près équivalent et les heures auxquelles ils travaillent sont plus ou moins similaires. Chaque personnage a ses propres caractéristiques, on a des serveuses, des serveurs, des cuistots. S’y rajoute évidemment l’alcoolique du groupe qui squatte le troisième établissement (un bar) tous les soirs pour boire un double martini en attendant les autres, le tout pour créer de nouvelles interactions. Ninja, brave patronne avide de potins, est donc votre point de départ. Son but est de savoir : qui apprécie qui, qui sort avec qui, qui couche avec qui, qui se dispute avec qui, qui se drogue, qui fume, qui boit, qui est pote avec qui et, surtout, qui va lui raconter le plus d’autres « qui » pour qu’elle puisse enfin tout savoir. Les deux cuistots aux tailles improbables du restaurant d’à côté sont-ils frères? La grande brune alcoolique est-elle vraiment alcoolique? Les trois dingos du maracaïbo vont-ils arriver en état de travailler demain? Le colonel moutarde dans la salle de bain avec un tampon usagé…

Tout ça pour vous dire que je vis dans un monde à part, que la restauration a un petit côté autiste assez cool et que j’arrive à trouver des vacances au milieu de tout ce boulot à bouffer tous les jours. Pas grand chose de neuf sous les cocotiers à part la Guadeloupe qui se profile à l’horizon, on dirait presque que je vous écris une carte postale. En même temps, je prends mon service dans pas longtemps, faut encore que je me douche, que je me change et que je m’alimente… Arrivée à ce stade de la conversation j’ai surtout l’impression d’avoir parlé pour ne rien dire mais c’est pas grave, j’écrirais demain pour me faire pardonner de mon abandon et, en plus, j’écrirais un truc intéressant. C’est pas gagné.

Il fait beau, c’est bien. Je fume une roulée, c’est mieux. Mais le  meilleur, c’est que je squatte l’appart de ma coblogueuse. De même que son frigo et sa cave. Mais pour les retrouvailles, on a fait dans le soft : début de soirée ciné. Sachant que je crevais d’envie d’aller voir Inception depuis un bon moment et que je n’en trouvais pas le temps, ma mère de substitution Cendar m’a gaiement offert la place et une session cinématographique riche en émotions. Je plaçais pas mal d’espoirs dans ce film. Surtout dans DiCaprio après avoir été fortement impressionné par son jeu dans Shutter Island. J’étais aussi assez curieux de voir le nouveau bébé de Christopher Nolan qui est parvenu à nous faire du comics sauce hollywoodienne pas trop dégueu avec les deux derniers Batman.

Pour son dernier film, Nolan envoie la sauce. Acteurs de renom, french touch (Marion Cotillard), du Piaf en toile de fond, des effets spéciaux digne d’entrer dans les anales, un scénario alambiqué qui requiert toute l’attention du spectateur… De très bons ingrédients mais qui peuvent facilement tourner vinaigre. Dans un futur proche, des appareils permettent à des hommes de pénétrer les rêves des autres. Certains utilisent cette technologie à des fins illégales pour extraire et voler les secrets les plus enfouis. Plutôt original comme braquage non? Bref, notre équipe avec à sa tête un Léonardo DiCaprio au sommet de sa forme, accepte un contrat où il ne s’agira pas de voler un secret, mais de déposer une idée dans la tête de l’héritier du PDG d’un empire énergétique mourant afin que celui-ci disloque la multinationale de son père. C’est ça l’inception. Et c’est plutôt casse gueule comme thème. Mais Nolan est parvenu à créer un univers onirique et inquiétant, à donner de la profondeur au thème et à ses personnages, et assez de clarté au scénario pour que le spectateur ne soit pas paumé dans les limbes à la moitié du film.

Quelles sont les réussites de ce film? Le visuel, sans conteste. Sans avalanche d’effets inutiles, l’architecture du rêve est parfaitement pensée, les effets sont au service de l’atmosphère irréelle et inquiétante qui baigne le film. La musique composée par Hans Zimmer, lourde et puissante. Le scénario qui, à ma grande surprise, a été écrit et élaboré par Christopher Nolan pendant près de 10 ans. L’imbrication des rêves les uns dans les autres sur plusieurs niveaux qui ajoute à l’irréalité du rêve un doute sur l’existence d’une réalité unique. La grande clarté de l’histoire qui parfait pourtant terriblement nébuleuse durant les premières minutes du film. L’approche novatrice et originale de l’inconscient et de ses mécanismes qui pousse le spectateur à s’interroger sur la réalité et sur ses certitudes, puisqu’au final, les personnages vont non seulement violer l’esprit de leur victime mais vont y déposer et faire germer une idée qui n’est pas sienne selon un processus pernicieux d’autosuggestion qui amènera celle-ci à être persuadée que l’idée en question vient de lui.

Néanmoins, ce film ne sera jamais à mes yeux un chef d’œuvre pour trois raisons. D’une part pour ses scènes d’actions où l’on perçoit clairement les exigences des producteurs de la Warner Bros qui souhaite en faire un film grand public. Il y a malheureusement à mes yeux une incompatibilité entre l’onirisme et l’action brute. Le deuxième échec de Nolan est le visuel. Oui, quelques lignes plus haut je vous ai dit le contraire, je m’explique. Certes les effets sont spectaculaire et créent une ambiance originale, mais l’amateur d’art, d’onirisme et de symbolique psychologique que je suis regrette profondément le réalisme des rêves. Ils sont pour moi abstraction pure où se glissent symboles et mythe, temple des émotions brutes et de l’irréalité, mais ici, tout est trop claire, montré, pas assez ressenti. Et enfin, je suis aussi déçu par la fin. Non seulement par sa précipitation mais aussi pour son clin d’œil trop appuyé et un peu trop caricatural, sorte de copier coller de Shutter Island que je trouve un peu naïf.

Je ne voudrais pas être trop dur avec ce film qui se classe dans mon top 3 de l’année. Je salue donc la performance de Nolan et celle des acteurs, et plus particulièrement celle de DiCaprio qui a enfin prouvé qu’il avait de la profondeur et du jeu à revendre depuis que sa barbe à poussé, et celle de Marion Cotillard qui, malgré l’irritation maladive qu’elle cause chez moi pour une raison inconnue, a su jouer la folie avec un certain brio. Que de promesses futures dans ce trio.

Cher Nico,

J’eus aimé t’écrire dans des circonstances moins sévères, pouvoir attendre Octobre et t’envoyer une carte postale de Guadeloupe où je t’aurais décrit les requins vaches et où je me serais plainte de la taille (énorme) des iguanes… Mais non. Tu m’as prise de court, Nico, tu m’as pas laissé le choix. Ouais, je t’appelle Nico, mais c’est parce que tu fais la moitié de ma taille… C’est petit? Logique, non? Enfin, revenons à nos roumains. Nos roumains, parfaitement. Parce que, là, Nico, tu dépasses les bornes des limites. Je m’explique… Suite à certaines petites perturbations au niveau de Grenoble, tu as eu l’excellente idée d’aller faire un discours où tu as eu l’idée encore plus énorme de parler de… Déchéance de nationalité, retour à un état de droit révolu depuis 1998 et montré du doigt par notre si chère communauté européenne. Et tu ne t’arrêtes pas là, non, parce que tu relances l’expulsion des roms… Pendant que ton gouvernement arrive à se donner en spectacle comme jamais entre Besson, Hortefeux, Woerth et Morano, tu sors des grandes mesures de sécurité complètement drastiques et, il faut le dire, démesurées… Quand j’ai lu ce petit article sur le monde quant à la déchéance de la personnalité, je suis restée sans voix. Inconstitutionnel, ça te dit quelque chose? Ah bah non. Tu persistes, Nico, tu persistes, tu te fais montrer du doigt, tu craches sur la DDHC et le tout avec un sourire colgate pro devant lequel je m’incline respectueusement.

Ouais mais voilà Nico… Quelle n’a pas été ma surprise quand en lisant le Times je lis un article t’assimilant à… LA GESTAPO? VICHY? On parle de lepénisation, on parle FN, on parle extrême droite… Et je commence à me demander si on n’a pas tort. Parce que le coup des roms, je trouve ça limite… Quoi qu’on s’améliore, on arrête de vouloir renvoyer les gens dans des pays en guerre, il y a du progrès! Ce qui me perturbe le plus dans cette histoire, au final, c’est cette capacité que tu démontres à manipuler la foule. À manipuler la foule… Parce que les gens se sentant en danger te suivent dans tes idées loufoques qui ne sont pas sans exacerber tes tensions nationalistes, racistes… Parce que tu gueules fort mais tu sais comme moi ce qu’il en est de l’exemple débile et surfait de la déchéance de nationalité. Bah ouais. Pourra se voir déchoir de la nationalité française un individu de nationalité étrangère marié à un(e) français(e) ayant la nationalité française depuis moins de 10 ans, ayant attenté à la vie d’un représentant de l’ordre et en possession d’une autre nationalité puisqu’on ne crée pas d’apatride. Un cas tous les vingt ans. Merci. Beaucoup de bruit pour rien… Est-ce que ça t’amuse? Est-ce que tu te trouves intelligent quand le monde entier se tourne vers la France pour la toiser? Ah, la France! Cette catin qui osait autrefois nous donner des leçons sur la liberté, l’égalité, la fraternité, les droits de l’homme, le respect… Cette France qui se ridiculise avec son nain attitré, cette France qui perd la tête. Cette France qui est petite. Toute petite. Minuscule. Cette France qui devrait avoir honte comme j’ai honte à chaque nouvel article politique posté par un grand quotidien…

On te disait populaire, Nico. Aujourd’hui, tu n’es plus que populiste. J’t’enverrai pas de carte postale de Guadeloupe, tu la mérites pas.

Achester.

Vous vous rendez compte que cela fait un bout de temps que j’ai pas parlé ciné? Je n’ai pas vraiment d’excuses… Disons qu’à part Inception, rien de m’a vraiment tenté. Et je l’ai toujours pas vu. Et puis niveau film (téléchargés légalement, évidemment), c’est la crise. Puis la foi m’est revenue, avant hier, devant Toy Story 3. Ne vous avisez pas de rire, les films d’animation me sont chers. Et je n’ai pas été déçu. Pas subjugué, certes, mais pas déçu. On aurait pourtant pu s’y attendre avec un énième volet d’une série culte. Rappelez-vous, Toy Story 1, un des premiers films d’animation 3D véritablement soigné, le premier pas dans l’ère numérique, la révélation Pixar… Si tout ça ne vous évoque rien, vous pouvez aussi aller vous pendre. Bref. Pour en revenir à nos moutons, la réussite de ce nouveau volet réside essentiellement dans son humour distillé avec soin, sans surenchère momentanée suivie de vides dérangeant. Chaque scène à son caractère comique, sans tomber dans le redondant ou le déjà vu, toujours simple, sans gueulardes et personnages hystériques. Et puis il ne faudrait pas oublier la merveilleuse créativité des jouets dont plus d’un vous arrachera un sourire. Pour être honnête cependant, on notera tout de même une 3D un peu gadget avec un goût de « histoire de », parce qu’un film d’animation aujourd’hui semble ne pas pouvoir se faire sans 3D. Dommage que les effets spéctaculaires de cette nouvelle technologie aient plus inspirés les créateurs des pubs Haribo et Oasis que les réalisateurs de films à gros budget.

Dans ma lancée, histoire de ne pas voir s’estomper la fièvre cinématographique qui s’est emparée de mon esprit, j’enchaine le jour suivant sur Repo Men, dont je ne préfère pas parler tant j’ai été décu par le contraste de qualité entre le début et la fin de ce film, puis sur The Blind Side. Que dire… C’est l’histoire d’une famille de bourgeois parvenus, petits clichés de l’American Dream actuel, qui prend en charge un jeune homme des banlieues, plus large que haut, mais surtout noir de peau et doué de capacités athlétiques hors du commun. Cette famille, donc, emprunte de gentillesse et de charité chrétienne (pouvant surtout se permettre de jeter l’argent par les fenêtres sans compter), permettra à Big Mike, le jeune black paumé, de se réaliser et de devenir une immense star du football américain.

En ce qui concerne le film en lui-même, un tel concentré de clichés de réussite, de ségrégation sociale et de sentiments chrétiens frise, sinon la bêtise, une naïveté rarement atteinte au cinéma. Heureusement que c’est une histoire vraie, sinon le réalisateur perdrait vraiment tout crédit. Quoi, ce n’en est pas une? Tiens? En tout cas, le traitement des personnages, des rapports humains et de la société est juste à vomir. Heureusement que Quinton Aaron, alias Big Mike (prononcez Big Mac, c’est plus fun) est là pour nous émouvoir un peu. Mais finalement, c’est Sandra Bullock, la bourgeoise, qui a obtenu un Oscar. Et un Golden Globe aussi. Pourquoi? Les jurés devaient être plus préoccupés à mater ses formes avantageuses qu’à juger réellement de sa performance scénique. Mais cela ne fait que confirmer mes soupçons, Hollywood a de la merde dans les yeux et des billets plein la bouche. Je vais finir par me mater Kirikou. C’est moins risqué pour ma santé mentale. Je vous tiens au jus.

Il est venu le temps de vous faire un article digne de ce nom… Et j’ai déjà mon sujet. Oui, oui. Hallelujah! C’est le cas de le dire. Je vous étonne? Vous connaissez forcément Jeff Buckley, Hallelujah, la chanson ultra déprimante et romantique que tout le monde a déjà fredonné… Well. Vous pensez qu’elle est de lui? Erreur. Vous êtes étonnés? Bande de petits joueurs… Hallelujah, c’est de Leonard Cohen. Leonard Cohen, bordel! Ça ne vous parle pas? Musique.

 

I’m your man, probablement la déclaration d’amour masculine la plus parfaite jamais écrite par l’industrie musicale… Et cette chanson a été écrite par ce grand monsieur qu’est Cohen. Canadien né en 1934, Cohen est avant tout un poète, connu et reconnu, notamment pour son recueil sur le nazisme (oui, il est juif, oui)… Mais pas seulement. Ses textes dégagent une profondeur à la saveur particulière que je ne saurais vous décrire sans vous les avoir d’abord introduits.

Ce que je fais ici.

Je ne sais si le monde a menti
Moi j’ai menti
Je ne sais pas si le monde a conspiré contre l’amour
Moi j’ai conspiré contre l’amour
L’atmosphère de la torture n’est pas agréable
Moi j’ai torturé
Même sans le nuage champignon
J’aurais quand même haï
Ecoutez
J’aurais fait les mêmes choses
même si la mort n’avait pas existé
Je ne veux pas qu’on me tienne
comme un ivrogne
sous le robinet glacé des faits
Je refuse l’alibi universel

Comme une cabine téléphonique vide
qu’on a vue la nuit et dont on se souvient
Comme les miroirs d’un hall de cinéma
qu’on ne regarde qu’à la sortie
Comme une nymphomane qui réunit
des milliers d’amants
dans une étrange fraternité
j’attends
De chacun de vous un aveu

Leonard Cohen, amour, solitude, religion, sexualité et complexité humaine. Leonard Cohen, chanteur, chanteur à la voix grave, lourde, profonde et guturale qui nous murmure des paroles pour le moins étonnante, bouleversante. Leonard Cohen romancier, Leonard Cohen inspiré. Méconnu. Universel malgré tout… Le nom de cet illustre monsieur est notamment mentionné dans Pennyroyal Tea (Nirvana, bande d’incultes), alors que Kurt Cobain chante, je cite : « Give me a Leonard Cohen afterworld / So I can sigh eternally ». Leonard Cohen, c’est avant tout la classe et l’élégance digne des années 30 mais dans la durée, dans la longueur, avec une âme à la fois torturée et doucereuse. Leonard Cohen, grand monsieur, et je crois que je n’ai pas besoin de m’étendre davantage. Enjoy.

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