Tandis que ma coblogueuse entretient sa schizophrénie, j’entretiens ma dépression. Oui, oui. Pourquoi? Parce que plus je suis dépressif, plus j’apprécie les instants de bonheur. Parce que ces instant sont le Bonheur. La joie éphémère d’un moment de plénitude, un éclair d’or dans la morosité. Pas de littérature, pas de mots ni de pensées. Juste un battement d’aile de papillon, le scintillement de l’eau qui coule, la valse des nuages dans le ciel, masquant par moment le soleil, nous laissant en proie à la morsure du vent. Ça, c’est mon côté contemplatif. Mais je ne serais pas ami avec Cendar s’il n’y avait point de dualité en moi. Du coup, ce week end, c’est mon côté citadin qui reprend le dessus. Je me rappelle des instants passés à Paris, flânant des les rues de Montmartre avec une idée fixe : me laisser entraîner par la street mood. La danse des passants, le défilé des visages et des couleurs, les odeurs des kebabs succédant à celle des voitures, le tout porté par une musique aérienne et underground à la fois : St Germain.

« Grand sportif, Ludovic Navarre [alias St Germain] doit mettre un terme à ses ambitions suite à un accident et se consacre alors à la musique et à la composition sur ordinateur. Passionné d’abord de musiques électroniques, notamment la techno de Detroit et l’electro, il s’intéresse progressivement à la soul, au jazz et au hip-hop.

Il commence sa carrière tout d’abord en tant que DJ dans les meilleurs clubs parisiens de l’époque et très rapidement s’oriente vers la composition musicale. Avec son ami Guy Rabiller, ils se lancent alors dans leurs premières recherches musicales créées dans leur petit studio installé à domicile, à Chatou (Yvelines). ».

Pourquoi je vous parle de St Germain? Parce que sa musique, c’est la vie citadine dans toute sa splendeur. C’est le rythme de la vie bercé par le doux bruit de l’activité humaine, c’est le mystère des quartiers, c’est un lampadaire allumé dans la rue une douce nuit d’été, c’est les vitrines éclairées un jour d’hiver, un battement de cœur, une larme nostalgique. Peut-être pensez vous que je fais de l’emphase, mais non, je le vis réellement comme ça. C’est le genre de musique vraie qui vous transperce en douceur, pénètre votre âme et vous élève au delà de la routine, des préoccupations, des pensées et des mots. Cette musique est vraie, elle existe et semble immuable car sans artifices. Mais comme d’habitude, car il y a autant de formes d’extase que d’individus, je laisse le soin à vos oreilles d’en juger, à votre âme de l’éprouver. Fermez les yeux sous la chaleur de l’été, battez docilement le pavé, et écoutez.

Publicités