Politique


Cher petit papa Nawel,

Cette année, j’ai été sage (même si tout est relatif). J’ai tenu mon blog correctement et pardonné aux carabins leur bêtise. J’ai travaillé tout l’été, lutté contre l’alcoolisme et n’ai pas été hospitalisée. Je mange raisonnablement et je ne fais plus la guerre au gras. J’ai dépensé mon argent en vêtement, certes, mais uniquement pour avoir la classe. Petit Papa Nawel, j’ai même réussi à me faire à l’idée que j’habite à Nancy et à trouver des aspects positifs à cette constatation. Je pense qu’on peut se mettre d’accord : cette année, le père Fouettard n’a pas intérêt de pointer le bout de son nez sinon je lui réduis la mâchoire en bouillie.

Aussi, si je peux me permettre, voici la liste de mes réclamations s’il-te-plaitesques… Ou pas, en fait. Non, parce qu’on me l’a déjà faite à moi, le coup de la liste, la liste de tes rêves, qui matérialise tous tes fantasmes, tes espoirs, tes désirs… Et qu’à la fin tu ne reçois que le truc le plus pourrave que t’avais écrit en dernier, histoire de clore le divin morceau de papier par l’énumération d’un nombre pair d’objets convoités. Quand arrive l’âge de la raison, Père Noël, tu rimes parfois (souvent) avec frustration. Où est passé ce superbe équivalent électronique du poisson rouge en plus expressif que j’avais commandé à l’âge de mes 10ans? Rudolph l’a bouffé ou quoi? Et ma machine à écrire? Pareil? Foutage de gueule. Je veux pas dire mais question usine à jouets, des fois, ça craint.

Je pense à tous ces enfants aujourd’hui qui attendent monts et merveilles au pied de leur sapin, à quelques jours de la sacro-sainte date de la toy party de l’année, et j’ai mal au cœur. Je dis stop. Je dis non. Assez de frustration, d’enfants obèses qui décompensent par les papillotes, assez de crises de foie, d’alcoolisme précoce… Assez! L’année prochaine, sois réglo, envoie des listes de jouets en stock, qu’on sache enfin à quoi s’attendre… Tu sais, Père Noël, le système hospitalier est déjà suffisamment blindé pour que tu puisses te permettre de décupler le nombre d’ulcères à la période où mettre des brancards dans un couloir tient du crime contre l’humanité.

Alors, oui, je sais, nous sommes une génération d’insatisfaits, d’ingrats… C’est vrai, je te l’accorde. En même temps, quand tu vois tous les massacres et autres injustices cruelles qu’on nous sert tous les jours aux informations, comment peux-tu nous en vouloir de placer nos rêves les plus fous dans la seule chose encore sûre sur cette putain de planète : le matérialisme. Les choses. Capitalisme, flux monétaires et financiers, dépenses, achat, possession… Jouet. Le rêve de l’enfance, aujourd’hui, c’est le pur produit de cette société de consommation, c’est quelque chose de sûr, de tangible, de concret… Un objet, un seul, et des milliers de petites étincelles au fond des yeux d’un gamin. On s’en fout que sa mère soit morte du sida et qu’il soit destiné à la suivre de près : pendant quelques jours, il pensera être un roi, un élu, tout ça parce que – pour une fois – t’auras fait ton boulot correctement. Je veux pas te mettre la pression, Père Noël, mais le monde a besoin de toi, il faut que tu nous vendes du rêve pour qu’on retrouve la foi et qu’on remette ce monde en ruines sur pieds. Mets-toi au Taylorisme! Dope tes rennes! Exploite tes lutins! Délocalise ton usine en Chine! Fais quelque chose… Il est temps, il est l’heure, on a tiré sur toutes les sonnettes d’alarme… Sors-toi les doigts du cul! Ça suffit maintenant, on prend un coca (paraît que t’aimes ça) et on reprend son rôle en main. Correctement.

Non mais c’est vrai, Père Noël, faut pas déconner, bientôt on va nous dire que t’as été tué par le KGB, que t’existes pas et que, en fait, ce sont nos parents chéris qui tentent de nous combler, bon gré, mal gré, sans pouvoir répondre à nos attentes exorbitantes et insensées… La blague.

Bien à toi,

Cendar

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Vous allez croire que je suis obsédé, mais j’ai envie de vous parler encore de Wikileaks. Faut dire aussi que tous les journaux titrent chaque jour avec des articles plus ou moins relatifs à ce site. Je ne parlerais pas à nouveau du bien fondé ou non de son action, vous pouvez toujours lire mon avis ici. Ce qui est sûr, et ce qui n’était peut-être pas le cas au début, c’est que j’ai de plus en plus l’impression qu’une nouvelle page de l’Histoire se tourne, que nous sommes en train d’assister à un événement aussi inédit qu’historique. Au-delà de la question de la diplomatie secrète, au-delà de la conception de « secret » et des conséquences de sa divulgation publique, c’est le sort d’un fondamental de notre société qui se joue en ce moment : la liberté d’expression.

Au vu de la réaction des démocraties modernes, il devient clair que nous sommes à un point charnier de contre conception libérale de la société. Regardez la réaction du chantre de la liberté et de son apôtre le plus emblématique : M. Obama. Ce dernier s’était engagé lors de sa campagne à se mettre au service de la transparence, à prôner a régulation du secret et des mensonges. Et le voilà aujourd’hui à la tête de la nation la plus hostile à Wikileaks et son idéal de vérité. Regardez a France, nation des droits de l’Homme et donneuse de leçon en chef. Aujourd’hui, elle passe une législation qui pourrait clairement porter préjudice à la liberté d’expression en permettant la rédaction de listes noires de censure qui seraient envoyées aux serveurs pour interdire l’accès des internautes à certains sites internet. La censure… Justifiée par des impératifs de sécurité et de lutte contre la cybercriminalité, bien entendu. Mais la censure… Ce symbole du totalitarisme, le meilleur ennemi de la démocratie, la gangrène chinoise… Nous y voilà. Même les sociétés Paypal, Visa ou Amazon, fer de lance du libéralisme économique, s’y mettent.

Là où j’éprouve un peu de difficulté à comprendre, c’est tout simplement pourquoi? Pourquoi vouloir censurer internet alors que c’est une œuvre totalement impossible? Pourquoi ne pas attendre un faux pas de « l’ennemi » plutôt que de le transformer en martyr? Nos gouvernements se sont pourtant déjà cassés les dents en tentant d’interdire le téléchargement illégal. Personne ne peut contrôler les flux et leur contenu. L’internet est une hydre adulée et vitale à notre société. Pourquoi lui essayer de lui couper la tête plutôt que de la chérir avant qu’elle en se transforme en monstre?

Bref. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle période. A la croisée des chemins. L’un est celui de la peur et de la domination, le sentier de la régression. L’autre est celui d’une nouvelle forme de lutte des classes, la réintrégration de la société civile dans le processus de gouvernement et d’information, la revanche de l’individu sur le mensonge dont le gave la société. J’ai bien parlé de lutte des classes. En politique, et plus généralement dans tout ce qui touche à l’information et les relations entre États et entre sociétés, existait depuis longtemps et de façon larvé une dualité, une division entre ceux qui savent et ont le pouvoir, et les ignorants. Loin de tout jugement de valeur, j’évoque juste ici l’existence d’une classe dirigeante qui « sait » et fait en sorte d’être la seule à le savoir, et une classe dirigée qui ignore et au fond, préfère ne pas vraiment savoir. Voilà ce que révèle aujourd’hui au grand jour Wikileaks. Peut-être certains en avaient ils la conviction, ou le sentaient-ils intuitivement, mais aujourd’hui, c’est tout un système qui est mis à nu et qui implose.

Je n’essaie pas de faire un appel à la résistance. Mais je suis persuadé que beaucoup de choses se jouent ici. Une liberté fondamentale est clairement assaillie, le mensonge déversé en flot ininterrompu, et l’État de droit, fondement de notre confiance en notre modèle, semble à un pas de basculer. Une guerre est en train de s’amorcer. Si vous n’aimez pas ce terme, préférez lui le mot « lutte ». Mais ne me prenez pas pour un exalté, la réalité est bien là. Depuis quelques jour son assiste à l’entrée en conflit à proprement parlé de deux factions : les États contre les hackers. Le journal danois Information titrait cette semaine « la première guerre du Net est déclarée ». Et ce n’était pas une blague. La cyberguerre n’est plus un concept fantasmagorique, mais bien un fait. Tous les sites qui ont porté atteinte à Wikileaks ont été attaqué et assaillis par une horde de hackers.

Le pionner d’Internet, John Perry Barlow (et célèbre auteur de la déclaration d’indépendance d’Internet) écrivait sur twitter : « La première guerre de l’information a maintenant commencé. Wikileaks est le champs de bataille. Vous en êtes les troupes ». Des propos à ne pas sous-estimer.

Ne faisons pas de catastrophisme. Mais il serait irresponsable de ne pas rester alerte. Quelle ironie. Quelle ironie de voir qu’aujourd’hui, les plus ardents défenseurs de notre liberté ne sont ni nos représentants, ni nos gouvernements, ni nos intellectuels, mais bien des « hors-la-loi » anonymes. Alors voilà. Peu importe les conséquences de ces révélations. Peu importe leur portée. Peu importe leur légalité. Ce qui prévaut aujourd’hui, pour moi, c’est la défense de cette liberté si fondamentale qu’on en oublierait presque son existence, ou l’existence que nous aurions sans elle.

Allons, chers lecteurs. Ne déprimez pas. Ecoutons ensemble un morceau dont les lyrics me rappellent étrangement certains thèmes évoqués ici.

Ma coblogueuse s’est massacrée l’épaule. Oui, c’est une excuse pour ne pas avoir posté ces derniers temps. Est-ce que ça m’a laissé le temps d’imaginer un nouveau sujet hyper intéressant qui a pu mûrir tranquillement dans mon esprit? Pas vraiment… Je suis incorrigible. Tout le monde vous le dira. Du coup, je vais faire preuve d’une remarquable créativité et originalité : parlons de Wikileaks.

Je pense que chacun aura entendu parlé de ce site? Difficile d’y échapper tant la polémique emplit nos journaux. Il y a de quoi vous me direz. Au final, le débat se résume en trois hypothèses plutôt simples à visualiser : pour les uns, Julian Assange est un crétin irresponsable, pour d’autres c’est un criminel, et pour ceux qui restent, il est le grand gourou de la liberté d’expression, l’apôtre de la vérité. Étudions ces trois hypothèses.

Oui, Julian est un irresponsable. Difficile à dire si l’on parle de courage ou de témérité. Non seulement notre ami est en train de se faire crucifier sur l’autel de la rancune, mais en plus son action pourrait avoir des conséquences plutôt imprévisibles et périlleuses. Alors bien sûr, quand on nous annonce que les ambassadeurs ont un certain goût pour l’espionnage, que le diplomate américain peut pas se payer la tête d’un Sarko autoritaire, ou que Angela Merkel ferait preuve d’un manque de créativité évident (ce qui paraît assez étonnant au vu des résultats plus que positifs que l’Allemagne est en train d’enregistrer comparé au reste de l’Europe), on est pas dans le sensas, dans l’incroyable ou dans la désillusion. Y faudrait vraiment être crétin pour tomber des nues sur ce genre de « révélations ». En revanche, lorsqu’on apprend que certains pays arabes (pour ne pas citer l’Arabie Saoudite) ont demandé aux américains d’envisager le bombardement (nucléaire?) de l’Iran, soutenant l’impérieuse nécessité de « couper la tête du serpent »), on est en droit de s’interroger sur les conséquences politiques de telles révélations. Il est inutile de préciser que les pays arabes ne s’étaient jamais officiellement prononcé en ce sens. Tout cela est d’autant plus inquiétant lorsqu’on constate que certains journalistes israéliens se servent de ces faits nouveaux pour justifier leurs positions belliqueuses et en tirer la triste conclusion que personne ne leur en voudrait s’ils décidaient d’user de frappes nucléaires tactiques sur le territoire iranien.

De même, les révélations concernant le peu d’enthousiasme que montrent en coulisse les responsables chinois à l’égard de leur voisin nord-coréen mettent légèrement en péril l’axe sino-coréen. Rappelons que la Chine est le seul pays à entretenir des relations diplomatiques stables avec cette dictature fanatique détentrice de l’arme nucléaire, qui (soit dit en passant) vient juste de provoquer son voisin du sud en bombardant son territoire.

Sans oublier que la conséquence directe d’une action révélant publiquement des secrets d’États sera de rendre ces secrets encore plus secrets. Ok pour donner un coup de pied dans la fourmilière, mais je doute de l’utilité pratique à long terme.

Julian Assange un criminel? Il est traité comme tel. Pour le moment, aucun État n’a cependant apporté la preuve qu’effectivement le méchant Julian ait violé une quelconque loi. En attendant, ses hébergeurs réseaux le lâchent, il est traqué comme un chien enragé, et même Paypal (qui appartient au groupe E-bay) vient de lui fermé l’accès à son service qui constituait le moyen de financement principal de son site. Mais étrangement, histoire de s’attaquer non aux faits mais à la source du scandale, une « sombre histoire de viol » (dixit David Pujadas, France 2) vient ternir l’image angélique de notre élu. Plus étrangement encore, le dossier qui avait été clos par la justice suédoise a été réouvert. A ceux qui kiffent la théorie du complot d’en juger. Personnellement, je trouve ca typiquement américain. Tout dans la finesse et la loyauté. Vous vous direz sûrement que je fantasme.

Et puis Julian Assange, apôtre de la liberté d’expression? Une chose est sûre, cette affaire ouvre une nouvelle ère tant pour la diplomatie que pour les médias d’information. Rien qu’à voir le flux continu d’informations et d’articles à ce sujet sur le net et dans la Presse, on sent que c’est quelque chose de gros. La date du 28 novembre 2010 restera sûrement dans les annales. Maintenant, la liberté d’expression c’est bien joli, mais ne serait-ce pas un peu naïf de croire que tout peut être dit? Si certaines choses sont « secrètes », ce n’est pas seulement pour satisfaire le fantasme de puissance de nos dirigeants. Ça vous fait pas peur vous une « société de la transparence absolue »? Après tout, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Anyway, l’avenir décidera de qui a eu raison dans son jugement sur cet homme et son action. Espérons que ces câbles ne soient pas utilisés afin d’étrangler et d’asphyxier notre monde déjà mal en point.

 

 

Peut-être avez-vous suivi l’allocution de M. Sarkozy de mardi soir. Pour ma part, la douleur ayant ses limites, j’avoue mon incapacité à suivre ce monologue jusqu’au bout. Notre cher Président était au top de sa forme : je n’ai jamais assisté à une interview aussi assommante. Peut-être était-ce dû à ce ton mielleux. A moins que ce ne soit son air fayot. Anyway. Il nous a donc exposé la toute nouvelle ligne du gouvernement… qui ne change pas d’un pouce en réalité. Ah si. Notre mentor et modèle ne serait plus anglo-saxon mais allemand. Changement de chemise donc. Mais pourquoi pas après tout, il aurait fallu une bonne dose de bêtise ou d’entêtement pour continuer à suivre un exemple qui a plongé le monde dans le gouffre de la crise.

Protecteur et calme, articulant chacun de ces mots, le Président n’a laissé subsister aucune trace de son ancienne ferveur qui frisait la pathologie. Le Président n’oublie personne. Pas même les « vieux », comme il les nomme. Conscient de sa stature et de ses engagements, il confie aux français : « ce n’est pas raisonnable pour moi de m’occuper d’un sujet comme ça très difficile, très lourd mais c’est mon devoir.» . Wouaho. Quel homme intègre. D’ailleurs il ne pense pas du tout à la réélection. Il va y réfléchir et nous donnera sa réponse à l’automne prochain. Les pronostics paraissent dorénavant très compliqués : candidature ou pas? Décidément, quelle carrure! Il se dit même «conscient du ridicule de (son) propre intérêt par rapport aux attentes des gens qui sortent à peine de la crise».


Pour mener à bien son grand dessein au service des français, vous ne serez pas sans savoir que le Président a constitué une équipe de choc (alors ce n’était pas le cas avant?). Du coup, exit Borloo. Comme tous les centristes et gauchiste d’ailleurs. Comment ça un recentrage à droite? Vous plaisantez? Il y a Michel Mercier à la Justice, un proche de Bayrou. Permettez moi de vous dire que vous faites erreur, comme dirait l’autre. Ce gouvernement reste un gouvernement d’ouverture, et n’est certainement pas un gouvernement de campagne. Ce serait impensable d’user du corps exécutif à des fins électorales après tout.

Je me demande s’il n’a pas soudoyé les journalistes de TF1 et France 2 pour passer quelques messages subliminaux (« je suis gentil »). Mais peu importe. Le Président ne pense pas à l’impopularité. Il ne fait d’ailleurs pas confiance aux sondages. Cela ne l’empêche pas d’abattre deux des symboles de son impopularité : le bouclier fiscal et le ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Mais il a une raison : «J’ai renoncé à « l’identité nationale » comme mots, parce que ça avait suscité des malentendus. Mais sur le fond je n’y renonce pas». «Si on ne maîtrise pas les flux migratoires, on organise le « collapse » de notre système d’intégration.». Mis à part sa maîtrise de l’anglais et la pertinence de son analyse sur l’immigration (n’était-ce pas là une occasion d’exposer un peu plus sa vision et de rassurer les français qui, comme moi, ont l’impression d’assister au retour des casques à pointe?), j’avoue me sentir quelque peu mal à l’aise devant une telle contradiction. M. Sarkozy ne se soucie pas de son impopularité mais supprime le ministère qui en est responsable tout en conservant la même vision du sujet? Pfiou. Je suis perdu.

Pour que ce speech soit parfait, il ne manque que deux choses : un peu de compassion, et un peu de Sarko. L’un et l’autre sont présents. Voyez par vous même. Concernant le G20, cette farce qui prétend régler les différends monétaires internationaux, le Président a déclaré que « l‘échec de l’Afrique sera le drame de l’Europe. J’entends que la France montre l’exemple sur la taxation des transactions financières (pour financer le développement de l’Afrique) ». Si nous voulions aider les pays pauvres, peut-être devrions nous enfin verser les 2% du PIB réclamés par l’ONU pour financer le développement du Tiers-Monde. A moins que ce soit plus productif de lancer des paroles en l’air.

Enfin, un peu de Sarko. Bah oui, il nous manque Sarko. Le bon vieux Sarko qui s’énerve, qui traite les gens de pauvres cons, qui veut passer au karcher les cités, pour qui tout est simple. Ne vous inquiétez pas, vous ne le voyez pas, mais il est toujours là. D’ailleurs, sur la question des Roms et du discours de Grenoble (pauvre de moi qui suis grenoblois), il rétorque : «Vous créez vous-mêmes, vous les médias, une situation de stigmatisation. (…) Dans le discours de Grenoble, il n’y a pas eu outrance. Je ne regrette rien de ce discours, pas un mot.». Il me semblait pourtant que le Président avait alors envisagé la possibilité de retirer la nationalité aux français délinquants qui seraient d’origine étrangère? Mais à qui pensait-il? Sûrement aux italiens, vous en conviendrez. Il faut comprendre que ce que le Président est en train de nous dire, c’est qu’il y a un lien de causalité entre délinquance et immigration. Soit, ça peut se discuter, il a évidemment une crise de l’intégration en France, et toute crise provoque des troubles. En revanche, il nous explique qu’en vertu d’origines ethniques, on pourrait procéder à une sanction qui aurait pour fondement cette appartenance raciale? Je ne suis pas encore juriste professionnel, mais il me semble que ce genre de sanction serait non seulement contraire à la Constitution française car ciblant un groupe d’individu (pour des critères raciaux qui plus est), mais aussi quelques pactes fondamentaux sur les droits de l’homme?

Ha Sarko… tu étais gentil mardi. Presque sympa. J’avais bien un peu l’impression que tu nous prenais tous pour des imbéciles mais bon. Passons. C’est sûr que maintenant, tu m’as convaincu. Tu es le pire des populistes français. Pourtant on en a une belle brochette. Ce sera bien le seul titre que je daignerais t’accorder.

 

édit : je viens d’entendre quelques mots superbes : « Il y aura toujours des fous, et des cons pour les suivre ». N’y voyez, bien entendu, aucun rapport avec l’article ci-dessus.

 

Cher lecteur, today is a good day. J’ai récemment décidé de me lancer corps et âme dans la voie du journalisme, et aujourd’hui représente un pas symbolique. Je vous laisse en juger par vous-même, avec critique et commentaire à la clef (plus que bienvenus d’ailleurs) : article sur agoravox

J’ai un sacré problème dans ma vie tenant au rapport qu’entretient mon appareil digestif avec mon état émotionnel… Quand je suis contrariée, j’ai la gerbe, au sens figuré, certes, mais également au sens littéral puisque je fais partie de cette tranche de la population qui souffre de ce qu’on appelle les gastrites. Une gastrite, c’est comme une gastro sauf que ça n’a rien à voir avec le virus, c’est juste que t’as la haine. Et niveau contrariété, aujourd’hui, on a tapé dans le lourd… Bah ouais, c’est l’histoire de Cendar qui met les pieds en dehors de sa fac à 16h02 et qui arrive chez elle à 17h28. Est-elle allée boire un café avec des amis? Que nenni mes amis… Alors, me direz-vous, c’est qu’elle est allée faire une course ou bêtement du shopping? Eh bien non, non plus… J’ai juste attendu le tram. Le tram, pour rentrer « chez moi », à une heure de marche du centre ville, en montée… Je n’avais donc pas le choix, je devais donc attendre ce putain de tram… Ce tram qui ne venait pas… Et pourquoi? Grève me direz-vous, en ce jour de grève nationale – phénomène fédérateur de la nation française – ça n’aurait rien d’étonnant. Mais non, non plus. J’attendais juste que le tram puisse passer, c’est à dire que ses seigneuries atrophiées du cerveau de la CGT et autres associations syndicales daignent enfin finir leur putain de défilé.

Qu’on se mette d’accord, aussi capitaliste que je puisse être, je respecte l’avis de chacun et ne m’offusque que rarement d’un motif de grève… Mais, là, crédibilité zéro les mecs. Crédibilité zéro, d’une part, à cause du motif en lui même : la réforme des retraites. Je m’explique – et je m’explique d’un point de vue purement théorique et apolitique – quant à mon affirmation : partant du principe que la retraite instaurée à 60 ans était prévue pour les gens dont l’espérance de vie effective à l’époque était de 70/75 ans et que, aujourd’hui, un retraité vit en moyenne jusque 80 ans, la retraite à 60ans tient encore à peine debout. Mais si on considère que d’ici vingt ans, les gens vivront aisément jusque 100 ans, comment expliquer que, commençant à travailler aux alentours de 25 ans, en moyenne, on se retrouve à la retraite à 60 et qu’on vive jusque 100ans? On aime Nico ou on ne l’aime pas, c’est chacun son opinion politique, ok, mais là d’un point de vue mathématique, faut se faire une raison : jamais la population active française ne pourra supporter le poids économique que représente tous nos amis du troisième (et quatrième) âge. D’autant plus que cette même population active qui, quelque peu stupidement, se bat pour garder sa retraite à 60 ans, refuse de payer plus d’impôts… Alors que l’augmentation des impôts est la seule autre alternative au gouffre économique qui s’annonce.

Pour vous faire un résumé, si on ne se base pas sur une réforme des retraites potable, les jeunes de 20 ans vivront dans une France endettée jusqu’aux dents qui ne pourra plus assurer ni la couverture sociale ni l’éducation gratuite, dont l’enseignement ne cessera de baisser en qualité et – bientôt – on sera encore plus mal que les chinois, péruviens, mexicains, etc. Même les cubains seront contents de vivre à Cuba plutôt qu’en France! En fait, si la France avait fait attention à ses cours de maths quand elle était à l’école au lieu de donner dans le « 0+0 = la tête à Toto », elle serait à même de réaliser que Nico ne veut pas la faire chier, bien au contraire… Et si la France était moins nombriliste, elle réaliserait aussi que tous ses voisins ont déjà été sujets au même genre de réforme et que personne ne s’est amusé à se la jouer 68tard.

Quant à la pénibilité du travail, j’aimerais que ces gens aillent discuter avec les gens qui avaient le même poste qu’eux il y a 20 ou 30 ans, qu’ils se mangent une journée comme eux les mangeaient et qu’on reparle de cette fameuse pénibilité…

Faire blocus à la réforme, c’est entraver les négociations – intelligentes – qui se baseraient sur de vrais critères de pénibilité (que je ne réfute en aucun cas, j’imagine bien qu’un ouvrier n’a pas envie de travailler jusque 70ans) et qui prendraient en compte le vrai fond du problème au lieu de se borner à tout faire pour faire taire les gens dans la rue. Ces gens qui écrivent des panneaux bourrés de fautes d’orthographe qui plus est et qui insulte les flics… Faut pas insulter les CRSS, amis syndiqués, parce que ce sont eux qui empêchent les gens comme moi de venir vous assommer à coups de code du Travail.

Et puis Zéro Crédibilité parce que, quand même, à Nancy, l’hymne de la manifestation aujourd’hui, c’était quand même « t’es si mignon » de Renée La Taupe. Je me demande si Renée la Taupe se sent vraiment concernée par la réforme des retraites…

Alors voilà, ce soir, j’ai la gastrite qui me démange… Et j’envisage sérieusement le recours à cette superbe opération dont mon coloc et radiateur nocturne du moment m’a parlée hier : la sympatectomie. Je vous intrigue? Cherchez sur wikipedia… En tous cas, j’estime être le sujet idéal pour me faire couper le nerf sympathique. De toutes façons, il ne m’a jamais vraiment servi.

C’est en parcourant des articles de la presse nationale et internationale que j’ai réussi, en bonne pseudo journaliste du monde virtuel, à trouver la réponse à un problème majeur de la société française. À l’heure où je vous parle, le monde du travail et la sphère politique sont en crise à cause de ce phénomène étrange et fort lointain à mes yeux de vingtenaire qu’est la réforme des retraites… Le gouvernement blâme l’économie, la CGT le gouvernement, le gouvernement la CGT, la CGT les patrons, les patrons… Bref. En plus de pas être d’accord, ça se met sur la gueule et ça perd un temps précieux pendant lequel – malheur dans une telle situation – ils ne cotisent pas (pour leur retraite, sic.). Et quelle perte de temps inutile que la leur puisque j’ai découvert dans l’une de mes tribulations inconscientes et loufoques l’identité du vrai responsable de cette volonté de faire travailler les gens plus vieux… Vous comprendrez que je me refuse dans cet article à vous donner un avis de juriste et de jeune citoyenne éclairée sur la question de la réforme des retraites… parce que ce serait trop formel et un peu barbant… C’est tellement plus divertissant de s’en prendre au seul vrai responsable de tout ce marasme politico-socialo-syndicalo-salarial. Bah ouais, en fait, si certains sont persuadés que ce serait trop facile de travailler plus vieux, c’est la faute de ce mec qu’on surnomme Dieu. Bah ouais, à force de bosser 7 jours sur 7 depuis la Création, tu m’étonnes que le vieillard inspire des idées bizarres aux dirigeants français. Surtout à Nico, lui qui n’aspire qu’à grandir, qu’à s’élever.

Après, c’est vrai que Dieu et moi on s’est jamais très bien entendu, il ne m’a jamais pardonné le fait de considérer qu’il n’existe pas, que les catholiques sont… Hum. Respect de la liberté de penser, tout ça, et il kiffe pas trop la mienne. Alors si en plus de me faire la gueule et de bouder Chester (le seul et Tout Puissant), le barbu se met à foutre le bordel dans une France déjà éclopée, je vais vaguement songer à me faire excommunier. Excommunier, parfaitement, parce que l’anathème c’est quand même vachement tendance. Dekezako de quoi que j’te parle lecteur? C’est ça ta question? L’anathème, c’est l’excommunication catholique majeure. T’es tellement dans l’hérésie qu’on peut même pas t’excommunier. C’est comme essayer de faire rentrer un camionneur texan dans une smart. T’abandonnes et tu le renvoies dans son pick-up. Bah, là, on t’excommunie pas, on t’anathème la gueule… Tout ça parce que Dieu et les gens d’église n’ont pas beaucoup d’humour… Tu grinces peut-être des dents, peut-être as-tu été baptisé… Tu ne réalises pas ce que je te raconte. Et pourtant… Je vais t’expliquer pourquoi l’anathème va te vendre du rêve.

Déjà, tu pourras dire que tu as été victime d’un monde précaire, poussiéreux et arriéré en te comparant au Dr. Rivaldo Mendes, excommunié en mars 2009, pour avoir pratiqué une interruption médicale de grossesse sur une fillette de 9 ans, tombée enceinte de jumeaux suite au viol de son beau-père. Histoire de bien rappeler que, quand même, tu es des côtés des êtres humains. Par ailleurs, en évoquant ton excommunication, tes amis penseront que tu as des problèmes de téléphonie. Les corriger fera le plus grand bien à ton ego… Le catholicisme romain est la première religion au Monde, en vertu de l’adage russe : « se faire des amis est une occupation de paysans, se faire des ennemis un plaisir d’aristocrate » l’excommunication fera de toi une personne rare à la compagnie recherchée. Tu seras libre, et heureux, de pouvoir bafouer, SANS HONTE, tous les ordres divins. Au pire, t’iras en Enfer… En fait, tu risqueras rien. Et puis tu deviendras un adulte responsable en ne pouvant plus t’acharner sur Dieu à tous bouts de champ. Faudra assumer. Ou blasphémer. Au choix.

Alors, dis-moi lecteur, l’anathème ça te tente toujours pas?

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