Âmes errantes de la blogosphère, salutations et joyeux Noël ! Qui dit Noël dit nécessairement réunion de famille et qui dit famille, a fortiori, sous-entend par ce biais conversations pour le moins folkloriques. Une fois qu’on a écarté les discussions sur les différentes sortes de four, les fuck offs mal placés et les débats sur les prénoms pourris (que je gagne systématiquement), on finit par réussir à dégager quelques sujets d’article pour le moins intéressants. Coincée quelque part dans le sud ouest en pleine campagne, je subis quotidiennement les remarques sur la pression sociale de mon cousin réac’ (et barbu mais on l’aime comme ça)… En attendant, la pression sociale, tu ne peux pas en mesurer ni le poids ni l’ampleur tant que tu n’as pas eu un vagin. La pression sociale, son horreur et sa douleur, c’est définitivement (eh ouais) un truc de femme. Et pourquoi ? Mais parce que vous ne vous épilez pas mes agneaux !

La pression sociale par excellence, le moule le plus oppressant, c’est ce qui tient de la mode, de l’apparence… Et attention, pas la peine d’essayer d’y échapper, il y a des points profondément inévitables. Le poids restera toujours une question de choix et les régimes ne seront pas débattus (du moins pas après 3 jours à bouffer comme une vache) mais on ne peut que s’incliner ne serait-ce que devant l’argument de l’épilation. Les poils, c’est ni féminin ni tendance et, les femmes, elles en souffrent. Plus encore, vous n’avez jamais porté de talons, non plus. Vous ne pouvez pas comprendre. Impossible pour vous de réaliser la douleur que représente la pression sociale puisque vous ne vous y pliez que trop peu… Trop peu, oui, puisque la pression sociale, sous bien des aspects, n’est qu’une oppression psychologique, un silence imposé, une privation éventuelle… Mais dans les faits… Dans les faits, nous autres gonzesses, mesdames, jeunes filles et autres espèces du genre, on prend cher. Epilation jambes, maillots, aisselles, sourcils… Douleur. Larmes. Résignation…

D’autant plus qu’on sait parfaitement que jamais aucune actrice ne décidera de mettre les poils à la mode et encore plus que, refuser la pression sociale, c’est se condamner à l’abstinence. Aucun humain n’est assez fort pour ça : la chair est faible. Bref, tu nais avec un double chromosome X et tu te retrouves condamnée à la pression sociale ad vitam eternam. On me dira que l’argument est facile, je vous propose – moi, à vous messieurs – de vous offrir une épilation maison pour qu’on en rediscute ensuite. Florence Foresti a fait un petit sketch sympa sur la grossesse (ici), on ne parle pas de l’accouchement… L’épilation, c’est pareil, quand tu demandes à tes ainées « ça fait mal au début mais après tu sens plus rien ». Ah bah ouais, t’as les jambes désensibilisées, à force ! On ne dira pas que tu pleures pendant deux heures à chaque fois au début. Ah bah non, on va pas décourager toutes les gamines de la planète. Et je vous le dis, aujourd’hui, la pression sociale, le mal ultime de la société, il se résume très simplement : c’est aussi douloureux qu’une première épilation et il faut être une femme pour le comprendre.

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Un jour, Marcel Pagnol a écrit que si les péchés faisaient souffrir lorsqu’on les exécutait, nous serions tous des saints… Je crois que c’est pour ça que j’aime bien Pagnol, c’est une sacrée grande gueule. L’Homme repoussé traite généralement de salope la femme qui, précisément, refuse de l’être. Elle est excellente celle-ci. Enfin. Tout ça pour vous dire que, nous, pauvres mortels, n’avons pas vraiment idée du prix de nos erreurs, de nos vices et de nos choix. SAUF. Sauf si vous avez lu Dante. Et vlan. Ouais. Je trouve qu’on raconte un peu trop n’importe quoi sur ce blog en ce moment… Alors parlons littérature classique. Parlons Divine Comédie.

Enfin. « Parlons Divine Comédie ». Je serais relativement prétentieuse en estimant pouvoir en parler correctement mais ça ne me tuera pas d’essayer. La Divine Comédie, Divina Commedia (VO : italien), est l’œuvre majeure de sa majesté Dante Alighieri, poète italien du 14ème. La Divine Comédie est un poème tenant sans aucune difficulté d’affiliation de l’épopée grecque. Version chrétienne. Et gore. Enfin. Gore. On dira glauque. La Divine Comédie, c’est le voyage de Dante au travers des 9 cercles de l’Enfer, puis du Purgatoire pour enfin traverser le Paradis et, ce, jusqu’au grand final : son Union avec Dieu. Je ne suis pas une grande fan de la troisième partie mais je suppose que vous devinez pourquoi.

Selon Dante, pour le Voyage d’une Vie, au milieu du chemin d’une vie (le narrateur – Dante – a trente ans au moment de son voyage), le passage de l’Enfer au Paradis est une route longue dont la géographie est somme toute très particulière… Inspirée, notamment, de l’Apocalypse de Paul, l’œuvre de Dante sera appréciée par tout amateur de poésie, de construction stylistique raffinée, de description aussi précise qu’imagée… A ceux qui aiment la philosophie. A ceux qui aiment les épopées grecques. A ceux qui ont envie de réfléchir. A ceux qui aiment être surpris. A tous, je vous conseille d’essayer de lire ce classique inclassable. Évidemment, ça reste de la littérature du 14ème mais je vous assure que ça en vaut la peine.

Le voyage commence par une errance en forêt où Dante se verra sauvé par Virgile… En fuyant par delà l’Enfer. L’Enfer se divise en 9 cercles que les deux hommes devront traverser. Arrive alors le Purgatoire, composé de 7 cercles, destiné aux âmes dont les péchés ne suffisent pas à l’Enfer. Puis le Paradis qui se divise, reflet du royaume de Lucifer, également en 9 cercles. Le périple est long, enrichissant. J’ai une préférence toute particulière pour l’Enfer et ne me dispense jamais d’une relecture du Purgatoire. Sans doute à cause de l’imagination toute sombre et transcendante de l’Auteur. Sûrement.
NBVous noterez que c’est le Purgatoire qui représente le chiffre7. A bon entendeur.

Comment pourrais-je vous donner envie de jeter un coup d’œil à ce chef d’œuvre?
5e cercle des Enfers – Le Styx : Coléreux & Mélancoliques.
Peine : Immergés dans la vase du fleuve, les âmes se frappent et se mordent férocement, tandis que les mélancoliques (ceux qui « allaient gémissant sous le clair soleil ») se morfondent sous la boue.
2nd cercle du Purgatoire – L’Envie : les pénitents ont les yeux cousus de fil de fer. 

 

Enfin…

« Par moi on va vers la cité dolente;
Par moi on va vers l’éternelle souffrance; Par moi on va chez les âmes errantes.
La Justice inspira mon noble créateur. Je suis l’oeuvre de la Puissance Divine, de la Sagesse Suprême et de l’Amour.
Avant moi, rien ne fut créé sinon d’éternel. Et moi, je dure éternellement.
Vous qui entrez, abandonnez toute espérance. »

A l’heure où, avec l’été, le monde nous noie avec du Justinsipide, balance BB Brunes au Musilac le même jour que ZZ Top. A l’heure où le monde est menacé par une marée noire immense qui ne cesse pas et où je m’apprête à dire que, oui, si DSK est le candidat du PS, je voterais rose aux prochaines présidentielles… A cette heure précise, vous ne perdrez pas votre temps en allant faire un tour du côté de l’Antichambre de l’Enfer.