J’ai 20 ans, je suis insomniaque et je viens de prendre un cachet qui m’empêchera de rédiger cet article jusqu’à la fin… Pourquoi? Parce que je suis en période de partiels, que je suis une étudiante appliquée et qu’il faut que je dorme pour avoir la tête à réussir. Alors je me drogue. Pourquoi? Parce que je suis un pur produit de ma génération. 90, on a passé le nouveau millénaire… C’est l’heure du bilan.

Jeunesse fatiguée, désabusée, qui n’en peut plus de pouvoir se réorienter. Sciences trop vastes, humanité trop développée, économie sur-évaluée… Et la période des soldes. On se perd au détour d’un macdo, on vend son âme au dieu Avenir, Promesses, Amour, Gloire & Beauté. Et puis – de temps en temps – on paye son loyer et on bouffe des coquillettes. Jeunesse déséquilibrée qui croit encore que le Bigmac est un antidépresseur… A torts? Peut-être pas. Que celui qui n’a jamais décompensé sur un menu maxi best of me jette la première pierre, ça me donnera une bonne raison de faire jouer le principe de légitime défense.

Jeunesse frustrée, désillusionnée, perdue avec ses idéaux au milieu d’un monde qui ne lui cache plus rien, ou presque (merci Wikileaks). La vérité, c’est mortel… Même que, des fois, ça fait du mal. La vérité, ça blesse… Parce qu’il y a encore pire que la vérité : l’ignorer. Se voiler la face, encore, pour pouvoir s’acheter le dernier tee-shirt à la mode en ignorant (effrontément) le petit chinois qui l’a cousu de ses petits doigts. De toutes façons, si c’est pas moi, ce sera un autre. Le monde ne m’attendra pas. Le monde ne nous attend pas.

J’ai 20 ans. Quand je rentre chez moi, je marche sur le bord extérieur du trottoir à chaque coin de rue, au cas où un mec pas net traînerait par là avec de sales idées dans la tête. Je fais 1m73, une taille 36 : un vrai morceau de viande. Les hommes cherchent des femmes, d’autres en payent, les derniers cherchent désespérément des femmes en essayant de les payer et réduisent à néant tout le reste de leur espèce. On ne se marie plus, on ne veut plus d’enfants, on préfère vivre de sexe et de vodka que d’amour et d’eau fraîche.

Entre bordel psychologique et délire psychédélique, je dessine le portrait pessimiste d’un monde qui n’apparait que trop facilement sous son mauvais jour. Quid du prix Nobel? Paix, littérature, sciences? Quid de l’Art? Quid de la Culture? Quid des choses simples de la vie, des rêves? Quand je serais grande, j’irais vivre dans un Château en Ecosse avec S. Connery et même qu’il aura pas vieilli et que j’en aurais rien à foutre de la différence d’âge. Dans mon sac, j’ai la peluche d’un personnage Disney. J’aime jouer à prendre des photos de moments simples de ma simple existence (aussi compliquée puisse-t-elle me paraître les jours de fatigue). Mon passe-temps préféré c’est boire un verre avec des potes sur un fond de bonne musique. Et pourtant le monde marche sur la tête en mélangeant tout au sexe, à l’alcool et à la drogue. Je ne peux même pas lui en vouloir : c’est tellement bon.

On rêve d’échappatoire, on veut quitter Alcatraz, abandonner le navire, disparaître dans un nuage de fumée vers le Paradis de Kurt Cobain et Jimmi Hendrix. Jim Morrison toise Roselyne Bachelot, quelque part un peu plus loin, Jésus apprend les bienfaits du LSD à 13 crétins dont l’un s’appelle déjà Nicolas. Comme quoi.

J’aime bien persécuter les gens, aussi. Cette année, j’ai décidé de ne pas prendre de bonnes résolutions sinon de rester fidèle à moi-même, toujours au poste, là où on ne m’attend pas. J’enterre mes morts, crache sur vos tombes, décore mon appartement et rédige un article qui n’a pour sens que celui que mon esprit d’étudiante épuisée veut bien lui donner. L’Homme est-il encore apte à la vie qu’il s’est créé? Y a-t-il une fin? Qui était là le premier, de la poule ou de l’œuf? Heureusement qu’Alain Chabat existe pour apaiser nos esprits exacerbés par un trop plein de questions sans réponses. Et puis de toutes façons, les chats ils dépensent leur pognon au baby-foot, ils passent leur temps à fumer des pétards et à monter au plafond. Les chats, c’est vraiment des branleurs.

Mon cachet ne fait pas suffisamment effet, j’ai 20 ans, un examen demain, je suis encore jeune et j’emmerde le monde.

Oui, je sais, je suis en retard, c’est inadmissible… Oui, j’ai quitté le navire mais, pour mon excuse, je squattais le bateau ivre. Outre mon besoin de me remettre de toutes les cuites que je me prends et le fait que je travaille approximativement 60heures par semaine, faut dire que j’étais quand même vachement occupée à réinventer le Cluedo. Parfaitement. Vous savez, le Cluedo, c’est ce jeu où plusieurs personnages sont enfermés dans un huis clos (un manoir) et où il faut découvrir qui a tué le personnage principal, dans quelle pièce et avec quelle arme… Enchevêtrement basique d’indices négatifs dans le but d’arriver à la bonne combinaison. Le colonel moutarde dans la salle de bain avec un tampon usagé… Ouais.

Arrive le fameux moment où je vous explique mon délire et où j’en perds les trois quarts en route… L’enquêteur s’appelle Ninja. Vous avez à votre disposition une quinzaine de personnages répartie dans trois établissements se situant tous dans un rayon de moins de 500 mètres. Le ratio homme/femme est à peu près équivalent et les heures auxquelles ils travaillent sont plus ou moins similaires. Chaque personnage a ses propres caractéristiques, on a des serveuses, des serveurs, des cuistots. S’y rajoute évidemment l’alcoolique du groupe qui squatte le troisième établissement (un bar) tous les soirs pour boire un double martini en attendant les autres, le tout pour créer de nouvelles interactions. Ninja, brave patronne avide de potins, est donc votre point de départ. Son but est de savoir : qui apprécie qui, qui sort avec qui, qui couche avec qui, qui se dispute avec qui, qui se drogue, qui fume, qui boit, qui est pote avec qui et, surtout, qui va lui raconter le plus d’autres « qui » pour qu’elle puisse enfin tout savoir. Les deux cuistots aux tailles improbables du restaurant d’à côté sont-ils frères? La grande brune alcoolique est-elle vraiment alcoolique? Les trois dingos du maracaïbo vont-ils arriver en état de travailler demain? Le colonel moutarde dans la salle de bain avec un tampon usagé…

Tout ça pour vous dire que je vis dans un monde à part, que la restauration a un petit côté autiste assez cool et que j’arrive à trouver des vacances au milieu de tout ce boulot à bouffer tous les jours. Pas grand chose de neuf sous les cocotiers à part la Guadeloupe qui se profile à l’horizon, on dirait presque que je vous écris une carte postale. En même temps, je prends mon service dans pas longtemps, faut encore que je me douche, que je me change et que je m’alimente… Arrivée à ce stade de la conversation j’ai surtout l’impression d’avoir parlé pour ne rien dire mais c’est pas grave, j’écrirais demain pour me faire pardonner de mon abandon et, en plus, j’écrirais un truc intéressant. C’est pas gagné.

Je voulais faire le blog buissonnier du fait de mon excellente humeur et de toutes les choses qu’il me reste à faire avant demain mais bon, ça n’aurait pas été très responsable… Et puis comme je vais être absente tout le week-end pour cause de concert d’AC/DC (*cri de groupie hystériiiiiiiiiiiique*) & de soirée au Duc en (très) bonne compagnie, faut bien que je pose ma pierre avant de vous laisser à Phil pendant trois jours. Le seul problème, c’est que je n’ai pas d’idées très précises sur un sujet en particulier. Aussi vais-je vous proposer un petit bordel Chesterfieldien dans les règles de l’art.

Pensée absurde numéro 1.

Les mecs, ce soir, ya match. Youhou! En fait, je m’en fous… Alors, ouais, je sais que c’est hyper fédérateur, une coupe du monde, et que le sport, ça traverse les frontières… Mais, autant j’ai été passionnée par la dernière coupe du monde, probablement parce que j’étais en Allemagne, pays d’accueil, autant cette année, je reste franchement dubitative devant des 20 mecs qui courent après un ballon et ces deux gardiens qui essayent de les arrêter. Surtout quand ils sont anglais, ça me dépasse encore plus. Mister Green, vu votre tee-shirt, spécial dédicace d’une bloggueuse en grande forme ce soir. Amis lecteurs, si vous avez un ressenti à me faire passer et qui m’expliquerait en quoi la coupe du monde est autre chose qu’une bonne raison (une autre) de boire une bière avec des potes, la section commentaire est pour vous.

Pensée absurde numéro 2.

En fait, celle-ci est alcoolisée… L’alcool de ce week end, mes amis, sera une bouteille d’Oban de 14 ans d’âge, un whiskey donc… Alors, promis, dès que j’ai un pc, je vous donne mon avis sur cette petite merveille et je vous fais un article 100% incitation à la débauche. Mais à la débauche avec classe.

Pensée absurde numéro 3.

En ce moment, pour stimuler ma bonne humeur, je me mets à fond quelques morceaux. Des morceaux de choix, qui plus est… Et comme j’ai envie de foutre la pêche à tout le monde pour que vous me détestiez avec enthousiasme (je serais au stade de France dans la fosse pour AC/DC demain soir, ça mérite bien sa bonne petite dose de haine jalouse et tellement saine).

1 – Black Betty, Ram Jam.

2 – Born to be wild, Steppenwolf.

3 – Satisfaction, The Rolling Stones.

 

4 – Highway to Hell, AC/DC.

 

 

Bon jeudi, bon week-end, et, surtout, détestez-moi aussi fort que vous pouvez. J’adore ça.

Je vais dire de la merde mais c’est pas ma faute. J’ai quémandé l’inspiration sur facebook et personne n’a daigné m’aider. Devant ce manque sidérant de solidarité, je vais, pour changer, devoir me débrouiller toute seule.

Aussi, puisque…

Eh bien je vous emmerde. Et comme, de toutes façons, je n’arriverais jamais à trouver quelque chose de satisfaisant niveau sujet aujourd’hui et que j’ai déjà fait le coup des photos surprises… Tous ensemble, abrégeons mes souffrances.

BORDEL CHESTERFIELDIEN.
Juste pour toi, public, ce qui traîne dans ma tête et sur mon pc en ce moment.

 

Citations sur les péchés capitaux.

Poème : Le Meurtre d’Emile Verhaeren.
– Soudain, voici la peur de ce cadavre froid
Et la peur de la peur crédule et subreptice –

Le numéro d’un restaurant qui fait, notamment, des steaks tartares au saint-marcelin fondu, mélange que je vous recommande chaleureusement.

Une sérieuse envie de Tequila, Citron, Coca, que je vous recommande également.

Une vidéo pour réveiller ma femme en lui offrant un pré « 18 juin 2010 ».

Un article du Coloc Code.

Une pensée pour Paulo.

& un sérieux besoin de café.

Ouais, ouais, ouais. Lundi, je vous parlerai littérature, ça vous intéressera sans doute plus.
Bonne cuite à tous (on est samedi, faut pas déconner).