La réalité c’est l’illusion créée par l’absence de drogues dixit Richard Desjardins... Et, moi, je suis une psychotique qui vit en marge de la réalité. Je suis accro à mes clopes, accro au café, je suis alcoolique, je peux pas vivre sans sexe, le travail est mon opium personnel, je rêve de rail blanche vers un monde meilleur, je suis incapable de vivre sans facebook, ma vie est parasitée par mon besoin excessif de vie sociale, j’ai tendance à tomber dans des (une) relation(s) addictive(s) qui me fait faire n’importe quoi, je prends de la musique en shoot et de la littérature en bang, Paulo est l’un de mes meilleurs amis, j’ai besoin d’une séance de shopping par mois et je ne serais définitivement rien sans ma culture – moralement réprouvée – de la méchanceté gratuite (enfin, ce que les gens estiment en être). Je suis cassée de partout, je crèverais probablement d’une mort cérébrale et la seule chose qui m’emmerde c’est que je peux pas mettre ma boîte à conneries de chat sur mon testament. Comme quoi. La drogue est partout. La drogue est mon ennemi. Fuir son ennemi c’est lâche et je tombe dans des lieux communs usés jusqu’à l’os. Peu1porte.

Arrive alors la question… Face à ces addictions, face à toutes ces formes de dépendance… Nous construisent-elles? Assurément. Pourquoi? Parce que l’Homme est vice et que, le vice, c’est bien. Question de référentiel mes amis, n’empêche que quand ma coloc a débarqué chez moi en affirmant ne plus fumer, ne plus boire, avoir une vie de couple plus ou moins stable et s’être lassée du cynisme, je me suis demandée qui j’avais en face de moi. Serais-je la même personne si j’arrêtais de fumer? Si je n’aimais plus le martini? Les drogues nous forment-elles? Les addictions, plutôt, histoire d’être claire dans mes termes, mais toujours est-il que la réponse est positive. Les addictions grossissent des traits de notre personnalité et façonnent notre rapport au monde. Alors un monde sans addiction, un monde sans possible développement de dépendance, quelle qu’elle soit, très peu pour moi.

Nos amis les législateurs de tous pays l’ont par ailleurs bien compris. On interdit aux ouvriers de se défoncer au cannabis parce que ça les empêche de bosser dans nos usines (vous ne croyiez tout de même pas qu’on a pénalisé pour le bien des citoyens, quand même?) mais on leur autorise la clope et l’alcool. Déjà parce que faut pas trop les frustrer et, ensuite, parce que, de leurS dépendanceS, on pourra tirer un bénéfice certain. Eh ouais. C’est comme ça. C’est toujours comme ça. Inutile de préciser que les fashion victims font le bonheur de tous nos dirigeants et autres camés d’économie. Une addiction taxée à 19,6%? Le pied.

Enfin. Je m’y perds. Probablement la caféine qui me fait perdre la tête. Ou le manque. De nicotine, peut-être. Je ne sais pas. Je m’en fous. J’ai envie d’un verre. Faut que je sois responsable. La vie est dure. Et puis j’ai du travail. Et puis cet article se casse la gueule. N’empêche que si on ne passait pas notre temps dans la quête absolue du bonheur et du bien être, donc de la décharge d’endorphine (qui est une drogue, mes enfants), on serait tous des gros cons aigris et pas divertissants pour un putain de cents. Alors droguez-vous, cultivez vos addictions, cultivez-vous tout court, laissez-vous vivre et dites-vous bien que si l’État vous tape sur les doigts c’est parce qu’il ne peut pas récupérer du fric sur tout ce que vous faites. L’excès, c’est ça qu’est la vérité les copains.

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