Amis du jour, bonjour. Vous m’excuserez pour samedi, j’avais une soirée raclette, vin blanc, concert de piano… Et puis hier… Bah entre le boulot pour les cours, le ménage et la séance ciné, j’ai pas vraiment trouvé le temps de venir m’étendre ici. Enfin bref, on est lundi matin, début d’une semaine pour le moins chargée, je suis dans mon pieux et je fume ma clope, tranquillement. Et je kiffe ma clope, je la kiffe vraiment. Peut-être semble-t-il alors nécessaire de discuter, ensemble, de toutes ces cigarettes que l’on fume pour le plaisir, pour l’addiction, pour la décadence…

La première et de loin l’une des plus savoureuses : la Chester du réveil. C’est la clope qui dit bonjour, la camarade fidèle de tous les réveils, qu’ils soient difficiles, joyeux ou pressés. Cette cigarette là, il paraît que c’est celle qu’il faudrait absolument décaler et il me semble que je suis l’une des seules dans mon entourage à l’avoir en réflexe aussi immédiat. Le réveil sonne, avant même de l’éteindre, j’allume ma clope. Ça m’aide à pardonner au monde de me sortir du lit, je crois.

La deuxième n’est pas négligeable non plus : celle avec le café. Le mélange café clope a toujours eu un quelque chose d’orgasmique, un mélange harmonieux et savoureux qui, pour tous les fumeurs, représente le moyen ultime pour profiter à fond des deux composantes de l’instant, trois quand vous avez de la chance : le café, la clope, le calme/la musique. Le pied, quoi.

Arrive ma troisième cigarette de la journée, une cigarette que je peux m’épargner mais que j’aime avoir le temps de fumer : celle d’après la douche. Quand on se laisse le temps de sécher pour profiter un dernier moment du calme du réveil pré-job/fac/galère de la journée. Celle qui arrive normalement après n’a pas grand chose d’ultime, disons qu’elle est là parce qu’elle semble nécessaire, qu’elle occupe, c’est celle du trajet maison/fac/job/galère de la journée. En attendant le bus, en marchant, en conduisant, blablabla… Vous voyez le genre. Si vous n’êtes pas trop à la bourre et que vous êtes un gros fumeur, sans doute connaissez-vous la cigarette devant l’entrée du bâtiment, celle que l’on fume pour anticiper des premières minutes d’agacement de la journée. Un classique mais pas indispensable.

Comme beaucoup, je m’adonne à la pause café/clope au moins une fois dans la matinée, à 10heures, mais nous avons déjà traité de ce sujet. Arrive la clope de midi, celle que l’on allume en sortant des amphis juste pour se dire que, pour une heure au moins, on va avoir les neurones en paix. Encore une fois, celle-ci n’est pas indispensable (mais personnellement je la fume quand même).

Et, là, c’est la troisième clope vraiment nécessaire de la journée : la clope d’après manger. Tous les fumeurs s’accorderont sur le fait que la digestion devient pénible sans elle… Elle a un quelque chose de particulièrement délicat, une sorte de dessert pulmonaire, encore une fois la réminiscence d’un dernier instant de paix, de calme… Parce qu’on sait tous qu’après manger, faudra forcément revenir à quelque chose de carrément plus sérieux.

L’après midi reproduit le schéma de la matinée, la clope avant l’entrée dans le bâtiment, les cafés clopes au pause… Et la clope en sortant de la fac/boulot/galère de la journée. Là, c’est la clope en rentrant à la maison ou bien la clope autour d’un café avec un ami ou la clope autour d’un verre. Bref. La clope récréation avant de revenir à des choses d’adulte comme le boulot (un petit commentaire d’arrêt, par exemple), le ménage, les courses, la lessive, la vaisselle, les papiers, blablabla. On s’allume une clope quand on a fini. On s’allume une clope pour l’apéro. On s’allume une clope après manger. Une clope pendant le verre avec les potes et la clope d’avant dodo. Celle-ci est particulièrement importante aussi, c’est pour dire au revoir au monde, histoire qu’il nous pardonne de l’abandonner comme ça.

S’ajoute les soirs les plus intéressants la clope post-sexe, l’occasion de prendre quelques minutes et bouffées de cigarettes pour repenser au pied qu’on vient de prendre. Une sorte de clope introspective qui est un réflexe absolu…

Et puis le lendemain, ça recommence. Dès le réveil. 20 clopes plus tard, on se dit qu’on est méchamment dépendant et qu’on a vendu notre âme au dieu nicotine et à son pote le cancer… Fumer tue, ouais, mais la vie c’est mortel…

A l’occasion, je vous donnerais un cours de conventions/politesses
entre fumeurs.
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