Mes amis, chers lecteurs, ma vie est merdique. Non, je ne suis pas excessif. Je bosse non-stop, je ne pourrais pas fêter dignement, l’esprit tranquille mes 20 ans pour la simple et bonne raison que la semaine prochaine incarne certainement à elle seule le cauchemar estudiantin : grand oral, débat, commentaires etc… Ma vie est merdique parce que j’ai le cerveau lessivé du matin au soir par les cours, que je ne trouve plus l’inspiration tant pour trouver des articles que pour les écrire. Pas plus d’inspiration pour tout autre art. Par ailleurs, je n’arrive toujours pas à déterminer ou même esquisser mon projet de vie, d’étude ou professionnel futur. Mon esprit malade est en ébullition et le stade critique pointe son nez. Mais que ne suis-je donc pas resté en Afrique du Sud? Les voies du Seigneur sont impénétrables. But stop complaining. Après tout, comme dirait l’autre, je ne crève pas de faim alors je pourrais au moins m’abstenir de me plaindre.

Vient ainsi la question épineuse de l’article en question. Parce que je te respecte lecteur. Oui, ça me rend triste quand je t’offre un article médiocre. Du coup, je reprends une phrase ci-dessus : Que ne suis-je resté en Afrique du Sud? Hé bien, si j’étais resté en Afrique du Sud, j’aurais perdu de vue la France. Et vous ne savez pas à quel point cette idée peut me déchirer le cœur. Comment vivre sans ce doux parfum contestataire? Comment vivre sans ces effluves de grèves incessantes, ces joyeuses petites surprises lorsque vous vous rendez en cours le matin et que, finalement, vous vous rendez compte que la moitié du service public français refuse de travailler? Je n’aurais pas non plus pu soutenir mes concitoyens dans ce formidable mouvement né du refus de travailler 2 ans de plus. Comment aurai-je pu illuminer ma journée si je n’avais pas pu voir le brillant titre de cet article du Monde : « Les jeunes rêvent d’une autre retraite » (il semble évident que les jeunes passent leurs années lycées à penser à la retraite). Dans ce cher et tendre endroit, doux pays de mon enfance, la rue se fait entendre. Oui, elle donne de la voix, elle crie, beugle, s’égosille et fait plier le pouvoir. Sarko regardait aujourd’hui à travers les fenêtres de l’Élysée comme Louis XVI regardait à travers les grilles de Versailles : c’est au nombre de paysans armés de fourches (avec un nouveau look aujourd’hui peut être) que l’on estime la popularité de sa réforme, et donc ses chances d’exister un jour. Le peuple éternue? Le président fronce les sourcils. Il manifeste sa désapprobation, le nain s’énerve. Il descend protester dans la rue? Napoléon abdique.

Voilà comment ça marche dans l’Hexagone. C’en est tellement ridicule que même le célèbre quotidien The Economist retourne sa veste et se permet de se moquer de Sarko. Car ce dernier, en plus de faire preuve d’un charisme à digne de sa courte taille, est aussi – voire plus – irresponsable que Mitterrand ne l’a été en son temps. Car en plus de s’écraser devant le futur électorat, il est en passe de couler la France. Oui, Nicolas, être Président, prendre ses responsabilités, c’est parfois faire preuve de courage et de désintérêt, accepter d’incarner pleinement sa fonction et prendre le risque de l’impopularité pour sauver son pays, pour transcender les intérêts individuels et ainsi accomplir le rôle accordé par le scrutin : être le représentant de la Nation. En attendant, comme les médias n’arrêteront jamais de faire leur beurre et d’alimenter ce genre d’évènements stériles et en contradiction avec tout bon sens, vous pouvez dès maintenant revivre la manifestation en direct sur le site du Monde! Sur ce, j’espère vous avoir point trop choqué. Je suis particulièrement aigri ce soir. D’ailleurs on m’a fait passer aujourd’hui que je finirais comme un vieux con. Que répondre… Alea jacta est.

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