J’ai un sacré problème dans ma vie tenant au rapport qu’entretient mon appareil digestif avec mon état émotionnel… Quand je suis contrariée, j’ai la gerbe, au sens figuré, certes, mais également au sens littéral puisque je fais partie de cette tranche de la population qui souffre de ce qu’on appelle les gastrites. Une gastrite, c’est comme une gastro sauf que ça n’a rien à voir avec le virus, c’est juste que t’as la haine. Et niveau contrariété, aujourd’hui, on a tapé dans le lourd… Bah ouais, c’est l’histoire de Cendar qui met les pieds en dehors de sa fac à 16h02 et qui arrive chez elle à 17h28. Est-elle allée boire un café avec des amis? Que nenni mes amis… Alors, me direz-vous, c’est qu’elle est allée faire une course ou bêtement du shopping? Eh bien non, non plus… J’ai juste attendu le tram. Le tram, pour rentrer « chez moi », à une heure de marche du centre ville, en montée… Je n’avais donc pas le choix, je devais donc attendre ce putain de tram… Ce tram qui ne venait pas… Et pourquoi? Grève me direz-vous, en ce jour de grève nationale – phénomène fédérateur de la nation française – ça n’aurait rien d’étonnant. Mais non, non plus. J’attendais juste que le tram puisse passer, c’est à dire que ses seigneuries atrophiées du cerveau de la CGT et autres associations syndicales daignent enfin finir leur putain de défilé.

Qu’on se mette d’accord, aussi capitaliste que je puisse être, je respecte l’avis de chacun et ne m’offusque que rarement d’un motif de grève… Mais, là, crédibilité zéro les mecs. Crédibilité zéro, d’une part, à cause du motif en lui même : la réforme des retraites. Je m’explique – et je m’explique d’un point de vue purement théorique et apolitique – quant à mon affirmation : partant du principe que la retraite instaurée à 60 ans était prévue pour les gens dont l’espérance de vie effective à l’époque était de 70/75 ans et que, aujourd’hui, un retraité vit en moyenne jusque 80 ans, la retraite à 60ans tient encore à peine debout. Mais si on considère que d’ici vingt ans, les gens vivront aisément jusque 100 ans, comment expliquer que, commençant à travailler aux alentours de 25 ans, en moyenne, on se retrouve à la retraite à 60 et qu’on vive jusque 100ans? On aime Nico ou on ne l’aime pas, c’est chacun son opinion politique, ok, mais là d’un point de vue mathématique, faut se faire une raison : jamais la population active française ne pourra supporter le poids économique que représente tous nos amis du troisième (et quatrième) âge. D’autant plus que cette même population active qui, quelque peu stupidement, se bat pour garder sa retraite à 60 ans, refuse de payer plus d’impôts… Alors que l’augmentation des impôts est la seule autre alternative au gouffre économique qui s’annonce.

Pour vous faire un résumé, si on ne se base pas sur une réforme des retraites potable, les jeunes de 20 ans vivront dans une France endettée jusqu’aux dents qui ne pourra plus assurer ni la couverture sociale ni l’éducation gratuite, dont l’enseignement ne cessera de baisser en qualité et – bientôt – on sera encore plus mal que les chinois, péruviens, mexicains, etc. Même les cubains seront contents de vivre à Cuba plutôt qu’en France! En fait, si la France avait fait attention à ses cours de maths quand elle était à l’école au lieu de donner dans le « 0+0 = la tête à Toto », elle serait à même de réaliser que Nico ne veut pas la faire chier, bien au contraire… Et si la France était moins nombriliste, elle réaliserait aussi que tous ses voisins ont déjà été sujets au même genre de réforme et que personne ne s’est amusé à se la jouer 68tard.

Quant à la pénibilité du travail, j’aimerais que ces gens aillent discuter avec les gens qui avaient le même poste qu’eux il y a 20 ou 30 ans, qu’ils se mangent une journée comme eux les mangeaient et qu’on reparle de cette fameuse pénibilité…

Faire blocus à la réforme, c’est entraver les négociations – intelligentes – qui se baseraient sur de vrais critères de pénibilité (que je ne réfute en aucun cas, j’imagine bien qu’un ouvrier n’a pas envie de travailler jusque 70ans) et qui prendraient en compte le vrai fond du problème au lieu de se borner à tout faire pour faire taire les gens dans la rue. Ces gens qui écrivent des panneaux bourrés de fautes d’orthographe qui plus est et qui insulte les flics… Faut pas insulter les CRSS, amis syndiqués, parce que ce sont eux qui empêchent les gens comme moi de venir vous assommer à coups de code du Travail.

Et puis Zéro Crédibilité parce que, quand même, à Nancy, l’hymne de la manifestation aujourd’hui, c’était quand même « t’es si mignon » de Renée La Taupe. Je me demande si Renée la Taupe se sent vraiment concernée par la réforme des retraites…

Alors voilà, ce soir, j’ai la gastrite qui me démange… Et j’envisage sérieusement le recours à cette superbe opération dont mon coloc et radiateur nocturne du moment m’a parlée hier : la sympatectomie. Je vous intrigue? Cherchez sur wikipedia… En tous cas, j’estime être le sujet idéal pour me faire couper le nerf sympathique. De toutes façons, il ne m’a jamais vraiment servi.

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