Vous vous rendez compte que cela fait un bout de temps que j’ai pas parlé ciné? Je n’ai pas vraiment d’excuses… Disons qu’à part Inception, rien de m’a vraiment tenté. Et je l’ai toujours pas vu. Et puis niveau film (téléchargés légalement, évidemment), c’est la crise. Puis la foi m’est revenue, avant hier, devant Toy Story 3. Ne vous avisez pas de rire, les films d’animation me sont chers. Et je n’ai pas été déçu. Pas subjugué, certes, mais pas déçu. On aurait pourtant pu s’y attendre avec un énième volet d’une série culte. Rappelez-vous, Toy Story 1, un des premiers films d’animation 3D véritablement soigné, le premier pas dans l’ère numérique, la révélation Pixar… Si tout ça ne vous évoque rien, vous pouvez aussi aller vous pendre. Bref. Pour en revenir à nos moutons, la réussite de ce nouveau volet réside essentiellement dans son humour distillé avec soin, sans surenchère momentanée suivie de vides dérangeant. Chaque scène à son caractère comique, sans tomber dans le redondant ou le déjà vu, toujours simple, sans gueulardes et personnages hystériques. Et puis il ne faudrait pas oublier la merveilleuse créativité des jouets dont plus d’un vous arrachera un sourire. Pour être honnête cependant, on notera tout de même une 3D un peu gadget avec un goût de « histoire de », parce qu’un film d’animation aujourd’hui semble ne pas pouvoir se faire sans 3D. Dommage que les effets spéctaculaires de cette nouvelle technologie aient plus inspirés les créateurs des pubs Haribo et Oasis que les réalisateurs de films à gros budget.

Dans ma lancée, histoire de ne pas voir s’estomper la fièvre cinématographique qui s’est emparée de mon esprit, j’enchaine le jour suivant sur Repo Men, dont je ne préfère pas parler tant j’ai été décu par le contraste de qualité entre le début et la fin de ce film, puis sur The Blind Side. Que dire… C’est l’histoire d’une famille de bourgeois parvenus, petits clichés de l’American Dream actuel, qui prend en charge un jeune homme des banlieues, plus large que haut, mais surtout noir de peau et doué de capacités athlétiques hors du commun. Cette famille, donc, emprunte de gentillesse et de charité chrétienne (pouvant surtout se permettre de jeter l’argent par les fenêtres sans compter), permettra à Big Mike, le jeune black paumé, de se réaliser et de devenir une immense star du football américain.

En ce qui concerne le film en lui-même, un tel concentré de clichés de réussite, de ségrégation sociale et de sentiments chrétiens frise, sinon la bêtise, une naïveté rarement atteinte au cinéma. Heureusement que c’est une histoire vraie, sinon le réalisateur perdrait vraiment tout crédit. Quoi, ce n’en est pas une? Tiens? En tout cas, le traitement des personnages, des rapports humains et de la société est juste à vomir. Heureusement que Quinton Aaron, alias Big Mike (prononcez Big Mac, c’est plus fun) est là pour nous émouvoir un peu. Mais finalement, c’est Sandra Bullock, la bourgeoise, qui a obtenu un Oscar. Et un Golden Globe aussi. Pourquoi? Les jurés devaient être plus préoccupés à mater ses formes avantageuses qu’à juger réellement de sa performance scénique. Mais cela ne fait que confirmer mes soupçons, Hollywood a de la merde dans les yeux et des billets plein la bouche. Je vais finir par me mater Kirikou. C’est moins risqué pour ma santé mentale. Je vous tiens au jus.

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