Mes amis, je suis traumatisé. Traumatisé par une expérience de contre-culture la plus absolue. Une sorte d’assaut de la pseudo culture de masse américaine sur la culture grecque, sans humilité ni remords. Oui, hier, j’ai eu l’immense horreur de voir Le Choc des Titans. Comment décrire une telle infamie? Le synopsis y suffirait presque, en fait.

« La dernière bataille pour le pouvoir met en scène des hommes contre des rois et des rois contre des dieux. Mais la guerre entre les dieux eux-mêmes peut détruire le monde. Né d’un dieu mais élevé comme un homme, Persée ne peut sauver sa famille des griffes de Hadès, dieu vengeur du monde des Enfers. N’ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour conduire une mission dangereuse et porter un coup fatal à Hadès avant que celui-ci ne s’empare du pouvoir de Zeus et fasse régner l’enfer sur terre. A la tête d’une troupe de guerriers courageux, Persée entreprend un périlleux voyage dans les profondeurs des mondes interdits. Luttant contre des démons impies et des bêtes redoutables, il ne survivra que s’il accepte son pouvoir en tant que dieu, qu’il défie son destin et crée sa propre destinée. »

Sentez vous les doux relents de protestantisme? Ou le culte du héros, une fois de plus. Mais trêve de mots sophistiqués, ce film est une bouse intersidérale. Limite inégalable. Elle n’a pour elle que ses effets spéciaux spectaculaires.

En tant que grand adepte de la mythologie grecque depuis l’enfance, ce film est juste une erreur, une horreur, une anomalie dans la matrice. Comprenez moi, de A à Z, tout est écorché, simplifié, détourné… Alors déjà, Zeus est bon mais un peu simple. Hadès, c’est Lucifer, il est méchant, cruel vengeur, sournois, et il a les yeux rouges et le teint pâle. Et euh, sinon que dire. Que les hommes n’ont jamais fait la guerre aux dieux? Que le Kraken présent dans le film est un anachronisme monstrueux doublé d’une erreur culturelle? Bah oué, le Kraken c’est scandinave… Et que dire de Pégase… « C’est un cheval ailé divin généralement représenté en blanc. Fils du dieu de la mer Poséidon et de la gorgone Méduse, il naît avec son frère Chrysaor lorsque cette dernière est décapitée par Persée. ». Marrant, parce que dans le film, Pégase est présent avant que la Méduse ne meurt. Et il est noir… Oui mes amis, noir… N’y voyez aucun allusion de mauvais goût. C’est juste que dans toute l’iconographie grecque, Pégase est blanc quoi… Bref, je pourrais vous étaler pendant des heures toutes les ignominies rencontrées (avec une mention spéciale pour le passage avec les jinns qui sont, soit dit en passant, issus de la culture musulmane qui a encore bien 1000 ans de gestations au moment des faits…).

Voilà lecteur. Je suis désespéré. Pas seulement par le superbe « allons tuer cette salope » que nous balance Persée habillé en GI, mais plutôt par le fait que le seul objectif du réalisateur et du scénariste semble être de caler le plus grand nombre possible de figures mythologiques populaires et d’en faire une épopée pseudo holywoodienne à arrière goût moralisateur et protestant. Si tu ne connais rien à la mythologie grecque, ne regarde surtout pas ce film qui va te polluer la tronche d’erreurs atroces. Si tu connais la mythologie et que tu l’apprécies, que t’as kiffé Virgile et Homère, que tu aimes les récits antiques, ses créatures et ses héros, tu peux éventuellement le regarder, mais il va te falloir une sacrée motivation pour le terminer. Rassurez-vous, je vais rehausser le niveau dans la semaine : j’ai téléchargé Légion. Le synopsis? Mais bien sûr. « Que se passe-t-il quand Dieu perd foi en l’humanité et envoie une légion d’anges pour exterminer la race humaine ? Un groupe de résistance se constitue en plein désert autour de l’archange Michael…

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