Hier, c’était ma fête. J’ai fini mon mois de travail à temps plein dans le restaurant où je bosse, histoire de passer en extra en plus de mon job d’août et de bosser 50 heures par semaine. Juste pour le kiffe, et parce que mon remplaçant est un one million man trop surestimé, j’me suis faite bizuter. Étrange, me direz-vous, on bizute les gens à l’entrée, pas à la sortie… mais bon, au Pichet, « on fait bien ce qu’on veut », m’a-t-on dit. Étais-je donc si jeune et si insouciante pour ne pas me douter de la cruauté que ça sous-entendait? Peut-être. Nutella, traînage sur 50 mètres puis fontaine. Le nutella, sur la gueule, dans les cheveux, le soutien-gorge, la bouche, la totale. Oui, mais voilà, j’aime pas le Nutella.. Et ce matin, je me suis réveillée avec un petit goût de gerbe dans la bouche. Alors j’étais d’humeur à mater un truc bieeeeen lourd. Alors j’ai tapé dans le lourd. Et j’ai décidé de vous en parler, parce que je suis à la tête de la Cendar Gerbe Industry. Cqfd.

En cette journée de congé dominical, j’ai donc regardé… Watchmen. La production américaine anti héros et américaine de l’année dernière qui m’a juste laissé un souvenir indélébile tant son ambiance est parfaite. Évidemment, il y a du surfait, mais du surfait gras, suppurent, dégueulasse, burlesque. Succulent.

Watchmen, c’est un film de l’hyper productif Zack Snyder, aka le mec qui prévoit de produire au moins 5 morceaux par année jusque 2011. C’est aussi le gars qui a fait 300. Alors, forcément, un petit film interdit au moins de douze ans, au prime abord, ça fait quand même un peu rire. Sauf quand t’entends la bande annonce. « le monde lèvera les yeux vers nous et nous dira  »Sauve-moi »… Et, dans un murmure, je lui répondrais  »Non… »… ». Parfait. Ah, ouais, hein? Regarde, lecteur :

Sinon…

Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, « Watchmen – Les Gardiens » – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité… Mais qui veille sur ces gardiens ? (Source : allociné)

Après, je vais pas vous la jouer grande pro mais je vais vous parler franchement. Pourquoi Watchmen? Parce que l’ambiance ( et la BO ). Parce que la première scène du film est une scène de massacre où un mec se fait fracasser la gueule, le tout sur Unforgettable de Nat King Cole. Ya du cynisme, de l’horrible, des trucs qui te font éclater de rire… Pas parce que c’est drôle au premier sens du terme mais parce que t’as l’humour noir et de quoi te réjouir. Pas de tabous, une réalité différente où les super héros sont de vraies personnes, avec de vrais défauts et une absence de pitié et une violence pure qui leur ont été murmurées par les années, l’habitude et la lassitude. Un fond d’amertume, un ton acide, le film en lui-même, dans son concept, déchaussait déjà les dents… Mais le vrai secret de Watchmen, la vraie touche qui donne au film cette ambiance sombre, psychédélique voire psychotique… Ce petit goût de boue baudelairienne, cette petite griffe à la Poe… Ce fond de Love… C’est le personnage de Rorschach. Super héros névrosé et complètement dégouté par l’Humanité, il est le narrateur et fil conducteur de ce monstre de cynisme et de gerbe. C’est le journal de Rorchach, ce sont ses phrases, dures et pourtant lyriques. Une réalité dégoulinante, pleine d’insectes… Un monde d’odeurs, de vision. Un monde sale. Un monde vrai.

« La nuit pue la fornication et la mauvaise conscience. »

« À vie violente, fin violente. »

« Une ville remplie de cloportes humains qui parlent stéroïdes et pornographie infantile. »

Pour ne citer que des exemples. Le personnage est aussi mort que vif. Aussi réaliste qu’en plein délire. Parano, Rorchach est aussi malade que le monde et il détonne dans sa haine de l’Humanité qui entre en conflit suprême avec son rôle de super Héros et la quête qu’entend son état. La situation, la trame du film, dans laquelle il se retrouve hyperbolise ses défauts et ses fissures… Et je crèverais dix fois pour le passage de son emprisonnement.

Ce qui tue, dans Watchmen, c’est aussi la fin… Mais j’peux pas vous en parler. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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