Ah… La famille. Les parents. Le syndrome du « c’est mon enfant qui l’a fait » (en fait c’est « cémafikilafé » mais on essaye de parler français correctement, ici. On essaye…). Vous me suivez? Non. Je m’exemplarise (j’ai dit qu’on essayait de parler français). Par exemple, sic, Shida. Ouais comme ça je commence un petit article sympa en parlant d’un vieux de la vielle. Bref. Shida a donc, pour ses études, fait un porte manteau. Ce porte manteau avait des patères amovibles, il était sensé être vert, assorti à mon salon… Bref, je vous donne les grandes lignes, je lui ai sorti, cash, « je le veux ». Ouais, mais non, parce que la maman de Shida, elle le voulait le porte manteau pour pouvoir dire à tout le monde « zavévu? Cémonfilskilafé ». Fierté parentale de l’autorité qui dévoile le travail de sa progéniture, qui expose aux yeux de tous ce que le petit fait dans son coin. Parce que c’est elle l’auteur de l’auteur de l’objet et que c’est carrément trop la classe de prouver que ses rejetons savent faire des portes manteaux qui, en plus d’être créé et fabriqué par son gosse, ont quand même plus de style que feux les colliers de nouilles.

Jusque là, tout va bien. Sauf que quand la progéniture fait des études de droit, on peut pas trop sortir une dissertation sur le principe de légalité en droit pénal et regarder tout le monde avec un grand sourire en disant « cémafillekilafé ». Je pète un peu le délire familial en leur coupant l’herbe sous le pied, là, j’en ai bien conscience. Et, en plus, pute que je suis, je ne fabrique rien. Jamais. Quand je bosse, c’est dans le service. Alors, forcément, bah au lieu de dire « cémafillekilafé », tes parents, quand t’es moi, ils viennent au restaurant où tu travailles pour pouvoir dire « je me suis fait un restau hier soir, cémafillekimaservi ». Ma mère était déjà passée, sobre et discrète, cliente visiblement agréable de ce que j’en ai entendu. Une lettre à la poste. Mais ce soir… Ce soir j’ai eu « papabellemamanpapi&mamie ». Et la demie-soeur. Demie-soeur très mignonne qui, alors que t’es au milieu de ton service dans une salle blindée, se lève sur sa chaise, te montre du doigt et crie – je cite – « cémagrandesoeur ». Blonde innocence d’une demie décade qui ne se rend pas compte… Mais quand c’est ta grand mère qui se met à te taper la discussion en mode « faut qu’on se voit, on se voit jamais, comment tu vas, tout ça »… Tu commences à te sentir mal. Surtout quand tu finis par conclure par un « mamie, je travaille ». Concrètement, il lui suffisait de se retourner pour voir les 20 autres personnes en train d’attendre qu’elle me lâche la grappe. Et puis la remarque qui tue, « vous partagez les pourboires? » réponse affirmative. « Ah bah je vais te donner moins, alors, puisque c’est pas pour toi ». Well, well, well. Comme on dit, on choisit ses amis, pas sa famille. Je suis perplexe, consternée, habituée et blasée. Fatiguée, aussi. Mon paternel qui se lâche et – attention – se commande un panaché… Donnez-moi une corde ou un rail de coke, que j’oublie ça tout de suite.

Alors, nécessairement, j’ai pas grand chose à raconter. À part que je veux un Iphone 4, syndrome de la bicyclette rouge que vous connaissez déjà. D’autant plus que je suis une assistée de la technologie… Et, encore, je me suis calmée. Je crois que je vais aller me coucher. Bonne nuit…

Publicités