Lecteurs, lectrices, aujourd’hui je vais faire les choses bien… Pour me faire pardonner de ma tendance à avoir le cerveau lessivé en sortant du travail. Pour faire les choses convenablement, je vais donc revenir à mes premières amours, livres, littératures, ambiances, etc. C’est en considération de ce petit discours complètement trop formel pour être digeste que j’ai décidé de partager avec vous l’un des romans de mon enfance… Et quel putain de roman!

En quelques mots : Le Vieil homme & la Mer, Ernest Hemingway. Comme ça, on est tous d’accord et maintenant on parle sérieusement. On parle sérieusement parce que le livre dont je vous parle, c’est mon grand père qui me le lisait quand j’étais gamine. Mon grand père était marin, c’était un grand homme et il avait une affection toute particulière pour cette œuvre majeure de Monsieur Hemingway, ce Vieil Homme, cette mer, cette lutte, cette putain d’ambiance toute particulière qui fait que, paru en 1952, le manuscrit recevra – attention – le prix Nobel de Littérature en 1954. En gros : c’est pas un livre de pédé, comme on dit. Consécration absolue à travers ce titre, tout suédois puisse-t-il être, mais – que vous situiez quand même le bonhomme – il a également écrit, entre autre, Pour qui sonne le glas.

Anyway. Choses sérieuses, choses sérieuses. Le Vieil homme et la Mer raconte l’histoire de Santiago, un vieux pêcheur cubain, un pêcheur miséreux, un vieil homme de la vieille époque qui n’a pas suivi avec son temps et qui reste accroché aux traditions et aux choses de la pêche que la révolution industrielle commence doucement à effacer. Et Santiago prend la mer, un jour de plus, la mort et la sérénité à l’âme, sans grande conviction réelle, pragmatique dans le fond, mais avec la foi, le rêve, que la mer lui rende en poisson tout le respect qu’il lui témoigne. Et quel respect. Quel amour. Santiago est un pêcheur, un marin, et la mer le lui rend finalement, lui offrant la prise d’un Espadon gigantesque, un espadon si grand et si puissant que le vieil homme n’est pas en mesure de le maîtriser dans l’immédiat. S’en suit alors la lutte de cet homme contre ce poisson, face à la mer, pour le meilleur et pour le pire. Le temps passe, jours et nuits, et le récit – court – va de pensées en pensées, de phrases en phrases. Santiago parle, au poisson, à la mer, à la lune. Et il attend, patiemment, il se bat. Santiago se bat avec force, volonté, ténacité, il se bat comme on se bat dans la vie, comme on se bat contre la mort, contre le temps. En cet instant et à jamais, pendant ce bras de fer entre un homme et la nature, il est éternel. Il n’est pas mort, pas vraiment vivant non plus, évaporescent semble assez adapté pour qualifier tant l’homme que l’environnement. On pèche en plein rêve, éthéré.

Alors le Vieil homme et la Mer, ouais, c’est une chose sérieuse, un petit trésor de mon enfance qui a pour lui le mérite d’une plume aiguisée et d’un travail de l’ambiance d’une exceptionnelle qualité. Le Vieil homme et la Mer, c’est un bijoux de la littérature marine parmi tant d’autres, comme Moby Dick ou l’Île au Trésor, mais d’un genre particulier avec une finesse et une simplicité savoureuses qui vous transportent loin, très loin, quelque part dans le Gulf Stream, là où vous n’avez probablement jamais mis les pieds. Mais vous en rêverez. Pourquoi? Parce que même 15 ans après, j’arrive encore à y penser en marchant dans la rue et à rentrer chez moi, des souvenirs et des images plein les tripes, avec la seule envie de partager ça avec vous. Bonne lecture.

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