Six heures. C’est à peu près la somme de mes heures de sommeil depuis vendredi matin jusqu’à maintenant. Oui lecteur, participer à un festival n’est pas de tout repos. Faire du camping à Musilac, c’est carrément un suicide sanitaire et psychologique. Ne m’en veuillez donc pas trop si je semble parfois divaguer. Vaguer. Toujours est-il que vous n’échapperez pas à mon testament post-week-end-de-folie. Mais je vous ai déjà parlé du festival, et ma coblogueuse s’est chargée de vous réchauffer les ZZTop. Alors disons qu’un bref résumé de mon ressenti musical, en direct du canapé qui accueil mon corps ankylosé et mon esprit épuisé, suffira pour ce soir.

La découverte : Rodrigo y Gabriela. Un duo de choc, une musique qui porte en elle et sans artifice la passion manouche, l’impétuosité espagnole et la pureté d’un jeu exempt de codes. Que dire sinon que ce fut une expérience unique. Je n’aurais pas cru que ces deux guitaristes, loins de tous les canons rockstars, sans jeu de scène et envolées vocales endiablées puissent enflammer une foule à ce point.

La déception : Indochine. Ne connaissant pas le groupe, je m’attendais juste à mieux de la part d’un des poids lourds de la scène rock française. Mais une fois que le groupe de pseudo-rock s’éloigne de ses classiques, on se retrouve devant un rendu assez chiant, bercé par une musique répétitive qui embrasse les canons du genre sans leur donner vie, animé par une pseudo-star qui ferait bien de mettre moins de maquillage, d’arrêter de jouer l’ado fraîchement dépucelé et de cesser de remercier à tout va un public qui finit par douter de la sincérité de ces éloges.

La confirmation : Renan Luce. Oui Renan, je confirme, tu fais vraiment de la *****. Ai-je vraiment besoin de m’étendre sur ce point?

Le « c’était pas gagné » : Wax Tailor. Certains m’ont dit que Wax Tailor se vautrait royalement en live. Mais j’aime pas les « on dit ». Je me suis donc rendu face à la scène l’esprit ouvert. Mais les préjugés ont semblé, durant les 30 premières minutes, être totalement fondés. Notre ami nous passe les morceaux les plus posés de son dernier album en collaboration avec la superbe Charlotte Savary, mais les basses gâchent la musique, et l’inertie de celle-ci pousse l’ambiance de cette chaude nuit d’été à sa ruine. C’est alors que survint le réveil. Un réveil à coup de beats, de hip hop, grâce au flow des deux membres d’ASM qui sont parvenus à secouer une foule qui se lassait et la faire bouger au rythme des vibrations uniques de ce grand artiste qu’est Wax Tailor.

Le parachuté : Mika. En même temps, je triche. Je l’avais déjà vu en ces lieux deux ans auparavant, et ce sous une pluie battante. Mais pour l’occasion, Mika s’était donné à 200%, et plus si c’est possible. Le revoir une deuxième fois, c’est comme ouvrir un second pot de crème anglaise au dessert. Vous me suivez pas? Peu importe. Sa performance prouve une chose, c’est que son second album est très loin d’être à la hauteur du premier opus de cet artiste intéressant. Le seul moyen que ce jeune francophone complètement gelé a trouvé pour ranimer la foule tous les quarts d’heure? Une petite piqure de Take it easy, ou un petit shoot de Big Girl. C’est cool, mais un peu décevant. Et puis j’aime pas son chapeau.

Je vous aurais bien parlé de ZZTop aussi, mais j’aime pas marcher sur les pieds de ma coblogueuse. Elle mord. J’aurais aussi pu évoquer -M- mais je dois vous avouer qu’un trou noir occulte une partie du souvenir de son concert. Alors je vous laisse sur ce résumé chaotique et dépourvu de sens pratique ou didactique. Et si vous êtes pas content, écoutez du Cœur de Pirate et souriez… Ou pas.

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