Here we are. La coupe du monde se termine enfin. Et elle se termine sur un match qui ne fait pas honneur au football, et c’est pas peu dire au vu de la faible considération que j’ai déjà pour la pratique actuelle de ce sport. Une ambiance déplorable, 11 cartons jaunes me semble-t-il (dont la majorité pour les Pays-Bas), quelques high kick histoire de cramponner la poitrine de l’adversaire… Et aucun but avant la 116ème minute. Oui, la 116ème minute. Cela signifie une première mi-temps sans but, puis une seconde, puis une prolongation, puis une seconde prolongation. Alors quand tu as payé ta conso en bar et que t’es mal calé sur une chaise de piètre qualité, dans une position dangereuse pour le bien-être de tes cervicales, entouré d’un échantillon édulcoré de beaufitude française aux couleurs rouge et or… Eh bien vous aussi, comme moi, vous vous réveillerez le lendemain matin particulièrement aigri. Je ne sais pas ce qui était le plus irritant au final. Mais je pense que ce fut surtout le fait que Grenoble s’est brutalement métamorphosée en un Séville du Nord. Tout le monde s’est découvert une passion pour le football espagnol, ou alors des racines généalogiques… Je ne saurais que dire.

La question qui se pose est : pourquoi cette passion s’est-elle dédiée à l’Espagne? Après un rapide sondage, la plupart des personnes que je considère comme relativement normales étaient pour les Pays-Bas. Néanmoins les bars étaient envahis de supporters de David Villa ou Fernando Torres. J’en ai donc tiré une conclusion, grave mais pertinente : les néerlandais sont laids. Bah oui, ils sont pas très beau. Bon, on doit bien pouvoir en trouver un ou deux qui passent, peut-être même que quelques autochtones fantasment dessus, mais sincèrement, ce ne sont pas des canons (qu’une femme m’approuve, s’il vous plaît…). En revanche, les espagnols sont beaux. Enfin, tout est une question de goût. Personnellement, de telles icônes, apothéose du standard de beauté contemporain, me donnent plutôt la gerbe. Mais il faut se rendre à l’évidence. Casillas, Torres, Villa et quelques autres dont j’ai oublié les noms sont des bels gosses.

Voilà. Quoi? Ce billet ne sert à rien? En effet. Mais je viens de vous démontrer à quel point les masses sont influençables par les atouts esthétiques et superficiels, les effets de mode et la propagande matérialiste sous-jacente à notre système. Car il faut bien le reconnaître, tout le monde s’en foutait un peu des espagnols. Et puis ceux qui ont suivi le foot savent que sur le reste de la compétition ils ne méritaient pas vraiment d’arriver si loin. Toujours est-il que Laurent Blanc, futur entraîneur et sélectionneur de l’équipe de France, devrait tenir compte de cet étrange constat : peut-être que s’il ne sélectionne que des beaux gosses, la France soutiendra enfin son équipe?

Je vous quitte sur cette superbe et intime image de la passion footballistique.

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