J’aurais pu vous parler du dernier Shrek mais ça va être difficile. Pourquoi? Parce que quoi que je dise ceux qui ont vu les trois premiers iront voir le quatrième, parce que c’est le dernier. Et puis les autres n’en auront rien à foutre. La seule vraie question, c’est pourquoi la 3D? Vive le bi profénid. Anyway. J’veux une bicyclette rouge. Parfaitement. Il y a un petit vieux chauve que je croise tous les matins, il a une bicyclette rouge et c’est trop la classe. J’veux la même. Pas d’une autre couleur, pas d’un autre modèle. Une bicyclette. Rouge. C’est tout. C’est tellement irrationnel comme explication que c’est bien la preuve cohérente d’un simple caprice, d’une folie… Et je vais vous citer Pagnol (j’adore ça) «Les folies, c’est toujours pareil, dès qu’on a ce qu’on voulait, on se demande un peu pourquoi on l’a voulu !». Donc, concrètement, je veux une bicyclette rouge, la même que celle du petit vieux, mais en même temps, vu ce que je fais de vélo, ce serait franchement un investissement aussi con qu’impossible. Et c’est précisément parce que c’est con et impossible que j’arrive à rationaliser cette pulsion tous les matins de façon à ce que, arrivée à mon boulot, la bicyclette rouge me soit sortie de la tête. Jusqu’au lendemain matin où je crois le papi sur son vélo. Et là, pendant 10 minutes, je veux une bicyclette rouge. La nuit, je rêve bicyclette rouge… C’est un peu bizarre mais je dois projeter mon envie de gagner un surplus de capital (j’veux être riche, pas étudiante : riche.). Enfin. C’est un caprice.

Des caprices, on en a tous, c’est humain, tout le monde vous le dira en philosophie ou en psychologie, c’est le principe du désir ou l’art de se rassurer vis à vis de la mort. J’vous explique. Quand on veut quelque chose, quelque chose sur un coup de tête, un coup de cœur, ce sera toujours moins cool une fois qu’on l’aura. Parce que le désir sera mort puisque contenté. Désirer quelque chose d’impossible, d’inaccessible, c’est notre façon à nous de lutter contre le « tu nais, tu vis, tu meurs ». La mort, c’est inévitable, ça arrive à tout le monde. Ouais, mais en désirant quelque chose d’impossible et en faisant tout pour l’obtenir, inconsciemment, on se bat contre la mort. On s’accroche à l’idée que c’était impossible mais qu’on y arrivera parce que rien n’est impossible, parce qu’au fond on est le fils caché de superman, etc, je vais pas extrapoler plus longtemps. Sauf que quand le fantasme devient réalité, c’est un peu fade au final.

C’est comme cette jupe. Ouais. J’avais flashé sur une jupe et je la voulais, mais je la voulais, vous n’imaginez pas, j’en rêvais la nuit. Je la voulais tellement que j’ai finalement réussi à me fournir l’argent pour l’avoir (à moins que je n’aie fait un chantage parental… Aucune idée, c’était il y a longtemps). Depuis que je l’ai, j’ai dû la mettre en tout et pour tout… Environ 8 fois. À peu près. Pathétique. Parce que les désirs sont faits pour rester des désirs, que la frustration est vibration et que j’adore vous embarquer dans des délires où je suis bien souvent la seule à me suivre. Vous souffrez? C’est heureux. J’vais aller au boulot, rêver bicyclette rouge en m’imaginant que vous me détestez tous. Ça tombe bien, c’est réciproque. J’emmerde le monde. Rendez-moi le bien.

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