Il n’y a pas longtemps, je me suis tapée une insomnie à la con et je me suis retrouvée à mater une émission pourrie sur les miss. Concrètement, ils parlaient de l’ultime question, vous savez quand elles se retrouvent face au présentateur et qu’il leur demande ce qui, selon elles, s’avère être le plus gros problème dans le monde, ou aux USA, etc… Forcément, quand il est deux heures du matin, t’y réfléchis pas vraiment. Ouais. Mais hier, j’ai su tout de suite que si un jour, frappée par la foudre (et après une ou deux liposuccions) je me retrouvais à ce genre de concours – Chester m’en garde – je sais déjà ce que je répondrais.

Monsieur le présentateur (appelons le Nikos). À l’heure actuelle, le plus gros problème sur cette terre, c’est la SNCF. Parfaitement. Pourquoi? Je m’explique…

Créée en 1938, la SNCF, à la date de sa création, était une révolution immense, un truc de fou pour l’économie, les transports, etc… Okay! Les années suivant, le temps allant, la SNCF, ça restait sacrément chouette. D’accord. Mais à un moment, faut arrêter de déconner. Aujourd’hui, la SNCF, c’est la mort du service, de l’humanité, de la France et de tout le reste…

Histoire de tailler dans le vif du sujet, commençons par des vérités communes : grèves, tarifs aléatoires voire excessifs, retards, conditions de voyage exécrables… En trois mots : SNCF, grosse pute. Faut que j’argumente? Argumentons.

Trajet lambda 1 – Dimanche 27 juin, 14h59, Rouen RD/Paris Saint-Lazarre.

Le train est un train intercité. Au regard de l’heure de pointe, c’est nécessairement un train à réservation… Et blindé, sinon c’est pas drôle. Sauf que ces messieurs de la SNCF, eh bah ils ont décidé que les gens qui avaient des billets intercités sans réservation, ils ont le droit de monter dans le train quand même. Ça donne des wagons triplement bondés, qui puent la sueur et le français pas frais. Évidemment, les portes bagages sont remplis… Et ma valise, trop grosse pour rentrer dans les portes bagages verticaux, a donc passé le trajet… Bah oui, sous ma cuisse, après que je me sois battue avec une petite vieille pour récupérer ma place. « Je suis vieille, je me suis assise ». Oui, mémé, bah moi je suis jeune mais j’ai payé ma réservation alors tu bouges ton petit cul handicapé et tu me laisses ma place. À ce moment-là, j’ai cru que je traversais l’heure la plus longue de ma vie. Quelle insouciance….

Trajet lambda 2 – Dimanche 27 juin, 16h50, Paris GdL/Annecy.

Celui-là, c’est du grand art… Le passage dans le métro m’avait déjà aigri mais rien que de voir la PGDL (comme je l’appelle), je me sens prise de nausée. Voie 23, celle au bout de la salle méditerranée, vous savez, celle qui est tout au fond de la gare… Le quai est donné à 16h40, 10 minutes avant le départ. Je suis voiture 18… A l’autre bout de la voie, c’est bien ça… TGV à double tête ce qui veut donc dire qu’il me faut approximativement. Ah bah oui, 10 minutes, pour traverser le quai.
Arrivée dans le train, tout le monde a évidemment couru pour atteindre son wagon à temps… Pour la première fois depuis longtemps, je voyage en seconde classe sur un long (trop long) trajet. Et vous savez quoi? Un wagon de seconde classe, c’est surpeuplé, mal climatisé et… Et il y a des enfants. En bas âge. Plein. Quelle horreur… J’en avais en tout et pour tout pour 3h40 de voyage, histoire d’arriver pas trop tard à la maison… Premier arrêt à Lyon St Exupéry, le train commence à se vider, le wagon aussi, presque on respire. Gare d’après, Chambéry, les gosses descendent, victoire. Le wagon pue toujours autant mais j’ai eu l’opportunité de fumer une clope, je commence juste à penser très fort à mon lit… Quelle erreur de débutante. Pour une raison encore inconnue, le TGV prend du retard entre Chambéry & Aix-Les-Bains, chose assez étonnante quand on sait qu’il y a 20 minutes de trajet entre ces deux gares. Et que le train a pris 20 minutes de retard. Je me sens excédée… Mais je ne suis pas encore face à la réalité vraie. Oh non.
Aix-les-Bains. Le train ne repart pas. Une annonce nous demande d’attendre. J’attends. Une demie-heure, d’abord. Puis une seconde annonce. Ah, un train (TER, gros connard) est tombé en panne sur la voie (unique) que nous devons emprunter. On essaye de réparer ce putain de traitre et, en attendant, nous sommes bloqués à quai. D’accord. Au bout d’une heure et quart d’attente, je commence un peu à devenir hystérique inside. Je suis claustro, l’odeur me donne la gerbe, les gens me sortent par les yeux, je sens que je vais tuer quelqu’un. Ni une, ni deux, je chope ma valise, mon pc et je traverse le quai pour aller trouver un contrôleur. « excusez-moi, on repart quand? ». La jeune femme me répond, l’air un peu gêné, qu’elle n’en sait rien. Et là, un gros balourd débarque « dans une heure, si on a de la chance ». Si on a de la chance? Celui-là, il m’emportera dans sa tombe, c’est promis.
Retour vers wagon puis, ras-le-bol, je me trouve une place en première, pour me caler un peu plus confortablement. Je pousse le vice jusqu’à prendre une place dans le wagon juste à côté de la voiture 14 (vous savez, le wagon restaurant). Et le temps passe. Les gens quittent le train au compte-goutte. Bah ouais, Aix, c’est à une demie heure même pas du terminus. Des gens partent donc à pieds, d’autre appellent des taxis, des proches. Et, moi, j’attends. C’est là que, coup de génie, je vais traîner mes guêtres wagon restaurant histoire de faire pote avec l’hôtesse pour récupérer un ou deux cafés gratos (ça s’appelle utiliser son temps intelligemment). Je crois que c’est là que j’ai manqué de péter un câble. Compatissante et dans le besoin d’échanger avec un être humain que je n’ai pas envie de tuer, je finis par demander à l’hôtesse si elle est payée pour ses heures supplémentaires (on est à plus d’une heure et demie de retard, là, déjà).

Conclusion tragique numéro 1 – Une hôtesse, un contrôleur, c’est exploité. Exploité parce que c’est eux que je démonte dans ce genre de situation… Mais aussi parce qu’ils sont payés plus ou moins au trajet. Ils ne sont dédommagés que si le retard empiète sur les 6 heures de repos déterminées dans leur contrat. Exploitation, exploitation.

Conclusion tragique 2 – C’est au bout de deux heures trente de retard que mon putain de train repart, me faisant arriver chez moi juste trois heures plus tard que prévu. JUSTE. Forcément, petite enveloppe blanche, pour se faire rembourser son trajet, parce que, quand même, c’est indécent. Ouais. Mais messieurs dames de la SNCF, vous savez quoi? Le temps c’est de l’argent. Et j’ai perdu en sommeil et en amabilité bien plus que ce que je n’ai casqué en billets de train.

Conclusion tragique ultime – Ce ne sont que des exemples, perdus au milieu de nulle part, dans l’immense marre de mes déboires ferroviaires. Et autres. Un trajet de 5 heures avec tous les wc du train bouchés? Easy. Un retard de 3 heures en province? Prévisible. Un train qui, de par son retard, vous fait louper votre correspondance? HABITUEL! Putain de bordel de merde, vous m’étonnez que les premiers consommateurs d’antidépresseurs au monde s’avèrent être les français. C’est de la folie…

Alors, ouais, quand j’aurais perdu la tête et que j’aurais envie de répondre à une question débile, je dénoncerais cette terrible vérité en affirmant que le plus grand fléau de l’humanité, c’est la SNCF. Ni plus, ni moins… Chiotte.

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