Chère France,

Aujourd’hui, je pensais profiter de l’heure tardive à laquelle le dernier article de Cendar a été posté pour ne rien écrire et me la couler douce. Oui, je suis français, j’ai donc horreur du boulot, tu devrais le savoir. Et c’est pour ça que je t’aime, chère France. Mais pas seulement. Je t’aime aussi pour ton fromage, mais avant tout pour ton vin. Car oui, hier soir j’ai pu connaître l’ivresse grâce à un de tes cépages si réputés, le Côte de Duras, nectar parmi les nectar, ambroisie et divine liqueur. J’aime aussi ton esprit d’initiative, ta grande gueule, ton histoire, ta culture, tes artistes. Seulement, j’ai du mal avec les français. La majorité tout du moins. J’aimerais tellement pourtant pouvoir clamer haut et fort « Français, Françaises, je vous ai compris » comme disait l’autre. Mais non, je ne les comprend pas. Je ne comprend pas pourquoi, tel un troupeau de coqs, ils ne cessent de chanter fièrement les pieds fermement ancrés dans la merde. Je ne comprends pas non plus ce dilemme qui les déchire chaque année : gauche ou droite, Sarko ou Ségo? Pourquoi nous impose tu ce choix cornélien? Douce France, où est passée ta gloire? On avait plutôt la classe pourtant quand De Villepin, auréolé de l’Esprit Français dans toute sa splendeur, mettait une grande claque dans le museau des amerloques. On avait plutôt la classe aussi quand Chirac était cité dans toutes les revues d’arts primitifs. Mais là… Non. Non, chère France.

Je ne puis plus supporter les abrutis qui peuplent tes vastes étendues enchanteresses. Je ne puis plus supporter les idiots qui s’émerveillent d’un feu d’artifice. Je ne puis plus supporter non plus tous ces imbéciles qui abhorrent fièrement le style Techtonik Killer, Clubber, Skater, Babzouille et j’en passe. Non, je ne peux plus supporter cette horde de français moyens qui déferlent sur la culture comme les grillons sur l’Égypte, envahissant chaque recoin du Louvres, ne respectant pas l’ordre établi, touchant les statues, posant derrière les lions antiques dans des positions bestiales, innondant de leur diarrhée verbale ce lieu pourtant tellement merveilleux.

Voilà chère France, c’est pas contre toi, mais j’avais besoin de régurgiter mon ressentiment. Je sais bien que c’est sûrement pas de ta faute, tu ne referas pas l’homme. Et puis tu recèles tellement de joyaux… Alors pour ne pas être injuste, saches que tu as tout de même tout mon amour, même s’il n’égalera jamais celui de Charles Trenet.

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