Chère France,

Aujourd’hui, j’avais envie de faire un super article mais depuis que je suis tombée sur les barrils de chips dans le Lidl du coin, j’ai été vaccinée de tout. Et de n’importe quoi. Tu sais, France, je ne sais pas comment tu fais pour supporter tout ça. La coupe du monde où des abrutis pas diplômés arrivent à te rouler dans la boue rien qu’en courant après un ballon comme des cons. Les gens, en général, et leur putain d’impossibilité à comprendre que c’est normal d’augmenter l’âge légal de la retraite puisqu’on vit vachement plus vieux et qu’on commence à bosser vachement plus tard. Et ton président mesure moins d’un mètre soixante dix… Forcément, il n’y a plus personne pour te sortir « français, françaises, vous êtes dans la merde jusqu’au cou… Et donc je suis dans la merde jusqu’aux genoux ».

J’ai les nerfs pour toi, France, parce qu’en plus, quand tu deviens quelqu’un de fabuleux, bah ya toujours un français moyen à la con pour tout gâcher. Appelons-le Hervé. Tu vois, France, t’es vachement douée pour tes artistes. Aujourd’hui, je suis allée à l’exposition sur l’Impressionnisme au musée des Beaux-Arts de Rouen. De toi à moi, il y avait des tableaux très sympa, de Monet, Boudin, Lepastolet, Gauguin… Une vraie mine d’or. Et Pissaro… Pissaro! Et Lemaître… Bref, tu vois le topo, le genre de trucs que tu kiffes à mort, en somme. Sauf quand tu réalises que tu y vas un samedi après midi et que tu te trimballes des gens inciviles et pas foutus de se balader correctement, de mater un tableau intelligemment et de la fermer pendant l’expo. Ça, encore, avec beaucoup d’efforts, j’aurais pu l’occulter… MAIS COMMENT JE PEUX OCCULTER QUE LE MEC QUI A CONCU L’EXPO EST UN ABRUTI INCAPABLE DE PRENDRE EN COMPTE QUE T’AS BESOIN D’ESPACE POUR PROFITER D’UNE EXPO SUR L’IMPRESSIONNISME??? DIS MOI! COMMENT!

Ah. Ça fait du bien quand ça sort. Et puis de toutes façons, je m’en fous. Je suis alsacienne. Non mais sérieusement, une fois qu’on aura trouvé le fond du gouffre du ridicule, on continuera de creuser, c’est ça? Ce sera sans moi. Je me déclare aujourd’hui apatride. J’envoie une pensée mélancolique au vieil Hugo, criant de vérité de son exil. Les Châtiments, avait-il dit… Il ne devait pas se douter qu’il aurait raison encore aujourd’hui.

Ce fut un plaisir, aussi vingtenaire fut-il.

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