Oui, mes amis, oui, j’écris tard… Mais j’ai une vie, moi aussi. Je sais, c’est incroyable… Il faut dire que j’ai passé une journée assez inattendue et que j’en ai profité pour donner une raison de plus de me craindre à une vieille connaissance… Pourquoi? Parce que j’ai accompagné l’une de mes meilleures amies, sa petite amie depuis 5 ans, chez le perceur cet après-midi. J’étais la seule au courant et, paf, à 16h30, pour ses vingt ans, elle venait de se faire percer le nombril. Tadam. Cendar a encore frappé… Parce que c’est avec moi qu’elle a pris sa première cuite. Parce que c’est avec moi qu’elle a commencé à écumer les bars… Parce que je suis le Mal. Avec un M majuscule, parfaitement.

Tout ça pour vous dire que pour moi ça me paraît normal, tout ça. On est jeune, faut profiter… Alors si une copine, une vieille amie, a envie d’être accompagnée pour son piercing, parce qu’elle a un peu les pétoches, il me semble logique que je l’accompagne. Les conneries, on les fait tous… Donc mieux vaut être accompagné. Ça fait des souvenirs, après… J’me vois bien, dans une dizaine d’année, l’apostropher en lui demandant si elle se rappelle de ce jour, au début de l’été, où, pour ses vingt ans, elle est allée se faire percer… Forcément, à force d’accumuler ce genre d’accompagnement, je suis rapidement devenue la référence décadence de beaucoup… Suffit de voir la vieille connaissance et ses réactions quand sa copine lui annonce qu’elle va boire un verre avec moi…Tu fais pas de conneries, hein? Eh bah si. C’est pas ma faute si les gens se sentent à l’aise pour faire n’importe quoi quand je traîne avec eux… Et puis certains ont fait pire. J’ai fait pire (entre autre).

Le tout, dans l’histoire, c’est d’assumer. Assumer son grain de folie, ses envies de démence, ses besoins de grandeur et de décadence… C’est normal. On est jeune, le monde nous appartient, on est invincible… Et puis s’il est une heure pour vivre, c’est encore quand on a pas de responsabilité. S’il est une heure pour faire n’importe quoi, c’est encore lorsque le plus gros des conséquences ne retombe que sur notre petite gueule à nous. Ouais. Faut savoir prendre des risques… Et c’est un truc que je fais à l’excès. Oui, si vous me traîner dans un bar, passé 11 heures, je commande systématiquement de l’alcool. En début d’après-midi, martini blanc, passé 15heures, ce sera whiskey, sans glace après 16h30. Oui, je fume. Et pas que du tabac. Oui, j’ai une vie sexuelle. Ouais. Mais j’ai vingt ans… Alors si ça dérange… Bah ça dérange.

J’aimerais qu’on m’explique un peu ces tabous universels qui veulent faire de nous des gens rangés alors que l’image banale du jeune c’est celui d’un défoncé. Il y a un bug quelque part… Les parents qui veulent nous protéger, les autres qui pensent que, merde, ça fait négligé. Il y a les gens qui ont peur, d’autres qui pètent plus haut que leur cul… Sauf que quand ils en auront fini avec leur gaz, on aura trente-cinq ans. Certains seront morts et d’autres auront un emploi, peut-être même une famille. Ouais, l’âge c’est tout dans la tête. C’est vrai. Mais il y a un moment où faire n’importe quoi, ce n’est plus un plaisir, c’est un luxe voire une preuve notoire d’irresponsabilité. A mon âge, on appelle ça des expériences.

Expérimentons donc… Même si ça me colle une sale réputation de chieuse, même si des gens ne comprennent pas… Le secret c’est de savoir faire des concessions et d’éviter la demi mesure… Les extrêmes c’est tellement mieux. C’est donc en pensant à ce très cher pote qui va me maudire au moins pendant dix minutes que je fumerais ma clope. Parce qu’on est jeune, qu’on a qu’une vie et que c’est toujours tellement plus drôle quand on fait ça en bonne compagnie…

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