Comme vous le savez -si vous avez lu l’article de ma coblogueuse hier – nous sommes allés voir le dernier Ridley Scott : Robin des Bois. Ce nom fera peut-être grincer les dents de certains, mais personnellement, j’étais plutôt enthousiaste. Ne croyez pas que je sois un fan inconditionnel des superproductions hollywoodiennes, loin de là. Mais Ridley Scott c’est aussi Blade Runner, Alien, Thelma et Louise mais aussi Gladiator. Oui Oui, Gladiator est un film d’anthologie, une référence. Et justement, le réalisateur met à nouveau en scène Russell Crowe dans le rôle de Robin Longstride… Autant de détails qui me motivent à aller voir un film que je sais d’avance décevant. Mais peu importe. Et puis Robin des Bois, c’est tout un mythe, incarnant parfaitement le fantasme chrétien de charité désintéressée, de bravoure, de noblesse… Bref, tout ce que les américains aimeraient être mais ne sont pas. Donc toujours intéressant d’un point de vue sociologique… Voyez… Ok, j’avais juste envie de voir un film de merde.

Mais ne soyons pas trop durs! Déjà, les deux acteurs principaux, à savoir Russel Crowe et Cate Blanchett, sont au sommet de leur forme. Ou pas… Les yeux humides, l’air dépité, aussi chiant que superficiels. Sans dec, les acteurs de second plan sont au final plus talentueux… Exception faite du roi de France, Philippe, qui -bien évidemment- mange des huitres et parle un français de saloon. Performance médiocre s’il en est, Jonathan Zacaï (le Roi) nous accorde cependant une réplique mythique à la fin du film. Non, je ne vous la dévoile pas. Vous n’avez qu’à aller le voir.

Bon, je cherche des points positifs. Mmhh… La réalisation. Bah oué, mais que voulez-vous, c’est un Ridley Scott! En cela il n’a pas perdu la main : décors somptueux, presque autant que les paysages de la vieilles Angleterre, costumes au poil, scène d’action globalement dans le domaine du raisonnable avec mention spéciale pour la scène de débarque et les nuages de flèches… Et puis Pour une fois, et ce n’est pas si anodin qu’il n’y paraît, mais le film n’est pas totalement égocentré, ne gravitant pas à chaque seconde autour du héros. Et ça, c’est un progrès. Une bonne partie du film est ainsi consacrée aux querelles intestines, aux luttes de pouvoirs, duperies, trahisons et loyautés des monarques et barons. Cette dimension nouvelle renvoie le héros à l’état de pion, volontaire et téméraire, mais pion quand même. Le héros ne refait donc pas l’histoire à lui tout seul, même s’il en influence bien le cours, il faut dire.

Le truc c’est qu’au final on comprend plus trop ce qu’on est venu voir. D’ailleurs on comprend plus trop le but du film. On s’attend a retrouver le prince des voleurs dans ses aventures et on a finalement le droit à une pseudo fresque historico-action… What the fuck? Ca y est, Robin embrasse Lady Marianne *regard sur sa montre* 1h50 de film… Et meeerde. Bien sur vous imaginez les commentaires de ma charmante coblogueuse durant tout le temps que dura cette œuvre mémorable : « putain mais c’est quoi ce film », « haha trop drole, en fait on est venu voir un film comique », « ha nan mais ça c’est pathétique », « hein? Nan je corrige les fautes de sous-titre… » et bien sûr l’éternel « quand est-ce que c’est finiiiii ». Je me sentais bien seul. Ouais, elle se la pète, mais en attendant elle omet de dire qu’elle a vu au moins 2 ou 3 fois Twilight -elle les a lu d’ailleurs- et 2 fois l’Arnacoeur (prononcez le mot = *cri de grouppie hystérique (non homologué)* Romain Duriiiiiiis). Pathétique non?

Bref, tout ça pour dire que Ridley Scott a effectivement tenté de nous faire un remake de Gladiator en étoffant un peu plus les coulisses du pouvoir et en réduisant l’importance du héros, tout en transposant l’épopée dans d’autres lieux et paysages. Mais c’est clairement un échec, à tous les niveaux. Le vaillant gladiateur épris de liberté, taureau d’airain fondu dans le courage et la volonté s’est transformé en vieux chien usé -mais courageux et intelligent- qui traîne sa grolle sur des landes pluvieuses et franchement chiantes. De même, on va voir ce genre de film pour de l’action en injection et de l’émotion naïve en inhalation. Là on a ni l’un, ni l’autre. Par dessus tout, ce cher Ridley – qui devrait songer à aller élever des pingouins gays en Tanzanie – a tenté de nous collet quelques chants/choeurs épiques, limite baroque, histoire de susciter un peu d’émotion dans le cœur d’un spectateur perdu dans ses pensées, mais malheureusement, il sera tout juste parvenu à m’arracher un gros fou rire…

A éviter donc, sauf si vous tenez à admirer le corps quasiment nu de Léa Seydoux. Pour les représentants de la gente féminine, elles pourront toujours se consoler avec le corps quasi nu de Russell Crowe (ou de Romain Duris si vous avez moins de 16 ans)…

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