On pourrait difficilement imaginer deux courants musicaux plus incompatibles que le hip hop et le reggae. Dans le message déjà. Alors que le reggae véhicule des valeurs toujours assez humanistes, absolues et lumineuses, le hip hop s’attaque souvent à des thèmes plus complexes, plus sociaux et moins idéalistes. Peut-être moins naïfs aussi. Anyway. C’est surtout dans la manière de délivrer ce message que les deux genres trouvent leur antinomie principale. Musicalement parlant, bien entendu. Je vais pas vous apprendre quelque chose en vous disant que le reggae est peace et le hip hop énervé. Aucune connotation péjorative bien entendue. Toujours est-il que ces deux courants paraissent plutôt éloignés voire hostile. On peut comprendre l’attirance rastafari qu’ont beaucoup de rappeurs puisque nombre d’entre eux cherchent à aérer leur musique parfois trop énergique avec des interludes plus aériennes, musicales ou chantées. Cette attirance se retrouve aussi pour la soul, le jazz, la world music etc… Mes excuses à ceux qui détestent ce terme. Néanmoins, cette attirance paraît souvent être unilatérale, et peu de musicien et compositeurs reggae se tournent vers le hip hop. Mais j’ai trouvé l’exception!

Vous connaissez Bob Marley? Ok, c’était gratuit. Hé bien il a une dizaine de rejetons dont un fait aprticulièrement parler de lui depuis la sortie de son album Welcome to Jamrock : il s’agit de Damian Marley. Et croyez moi, son succès ne découle pas simplement de son illustre nom. Je vais pas trop m’attarder sur sa biographie, elle ne présente que peu d’intérêt. Toujours est-il que le bonhomme est une étoile montante travaillant sur de nombreux projets. Pas évident de grandir dans l’ombre et avancer dans les pas d’un père comme le sien. Ecoutez plutôt.

Vous connaissez Nas? Là c’est moins gratuit. Les amateurs de hip hop crieront au scandale, mais Nas n’est pas ce qu’il y a de plus connu. Pour résumer, c’est un très grand rappeur dont le succès a atteint son zénith dans les années 90. Son enfance en revanche est assez atypique. « Issu d’une famille d’artistes, c’est le fils du jazzman Olu Dara de son vrai nom Charles Jones III, petit fils d’instituteur dans le Mississippi chantant dans un quatuor de Jazz en 1952 et arrière petit fils de chanteur folk. C’est aussi le grand frère de Jungle (Jabari Jones), un des trois membres du groupe de rap Bravehearts, et est également le cousin du rappeur Millennium Thug (Nashawn Jones). Il commença à jouer de la trompette dans la rue dès l’age de 3 ans mais à force de jouer sa lèvre commença à se déformer et son père lui fit arrêter. Il abandonna l’école tôt, en 8e année, et resta dans Queensbridge, quartier défavorisé de New York, un des endroits où est né le Hip Hop (avec de nombreux groupes et/ou rappeurs tels que Mobb Deep, Infamous Mobb, Juice Crew, Marley Marl, MC Shan, Blaq Poet, Capone, Tragedy Khadafi, Roxanne Shanté, Bravehearts, Cormega, Nature). Il étudie seul la musique, la littérature, la culture africaine, la religion, l’histoire du hip hop. »
Voilà, ça ne présente pas un immense intérêt, mais je trouve que ça casse un peu les clichés autour des rappeurs, et ça c’est cool.

Et nous y voilà. Les deux artistes ont déjà collaboré dans le passé avec le titre Road to Zion qui est plutôt original. Ils reviennent sur le devant de la scène – underground la scène – avec l’album Distant Relatives qui réunit 12 titres et divers artistes tels K’Naan et Stephen Marley (demi-frère de Damian). Si vous cherchez un peu d’originalité dans deux courants qui s’essoufflent rapidement, écoutez cet album. Il n’est pas parfait, certains morceaux sont répétitifs ou un peu lambda, mais il y a quelques perles comme Tribal War enregistré avec K’Naan ou encore Leaders avec Stephen Marley. Enjoy.

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