Amis lecteurs, c’est le drame, je n’ai plus de canapé dans mon salon. L’horreur, mon sanctuaire n’est plus. Bon, ok, c’est parce que ma coloc a déménagé ses meubles aujourd’hui mais, merde, quand même, je me sens en position de faiblesse quand je vous écris depuis mon lit (ce que je fais actuellement, vous l’aurez deviné).

Au demeurant, c’est marrant un déménagement, mine de rien. C’est fou de remarquer la capacité qu’a un être humain à cumuler un nombre incalculable de trucs inutiles qui font partie intégrante de sa vie, de son existence quotidienne. Mon grand père en était un bon exemple, on a nettoyé son garage, je vous raconte même pas le nombre d’outils qu’il avait en multiples exemplaires. Chez nous, ce sont les menus Speed Rabbit Pizza qu’on a accumulé, entre autre, au milieu des feuilles de cours et fiches de révisions. Une vie d’étudiante, quoi, et, cette vie là, c’est une vie à empaqueter, maintenant. C’est là que les emmerdes commencent. Parce que, forcément, qui dit déménagement dit timing, dit tri, dit cartons, dit ménage, camion, etc. Et puis, nécessairement, comme c’est un déménagement étudiant, ce n’est que pour mieux s’installer dans un autre appartement (une autre ville, en l’occurrence) en septembre après avoir passé l’été chez les parents. Là, ça induit un truc gravement prise de tête : le stockage du matériel. Bah ouais, je vais pas aller poser mon réfrigérateur de célibataire dans la cuisine familiale, ce serait stupide. Pareil pour la cafetière, pareil pour le four micro-onde, mon lit, mon bureau, tout ça, ce ne sont que des extra qui sont mes meubles et ne manquent pas au domicile familial. La galère.

Alors on met tout ça dans des cartons, on retrouve des vieux trucs que même qu’on sait pas pourquoi on les garde mais qu’on mettra quand même dans un carton, au cas où, tu vois. Les meubles, on va essayer de les remettre d’aplomb pour le futur nouvel appart, en espérant que la tapisserie permettra de garder les couleurs déjà définies du salon, de la cuisine et de la chambre. La salle de bain, aussi. Les toilettes, ça devrait le faire, c’est pas trop sujet à débat, ce sont des chiottes, on s’en fout un peu, dans le fond.

Ce qui est amusant, c’est qu’on retrouve aussi des trucs improbables. En déménageant ma coloc, on espérait assez retomber sur ses clefs (paumées) ou l’une de ses deux cartes étudiantes. Les clefs demeurent aux abonnées absentes mais, de fait, on a retrouvé une carte étudiante. Le problème, c’est que c’est celle de Phil. Qui n’habite pas ici, vous vous en douterez. C’est fou, tout ça. Alors, ouais, le déménagement, ça rappelle de bons souvenirs, comme la certitude intégrale que mon co-bloggueur, depuis deux ans, dispose de mon lieu de vie comme d’une deuxième maison au point où on retrouve des documents vachement importants à lui dans notre appartement. Comme les soirées jusque pas d’heures, comme les nuits un peu bizarres.

Ya pas longtemps, au milieu de la nuit, je me réveille (j’arrivais pas à dormir) et je me dirige directement dans la chambre de ma colocataire. Au passage, je remarque que Phil dort dans le canapé, ya ses pompes dans l’entrée. Je me pose dans le lit de ma coloc, je tire pas sur la couette, je sais que c’est dangereux avec elle. Il fait noir, j’y vois que dalle, je me repose une petite heure et puis, ne trouvant pas le sommeil, j’abandonne, je quitte la chambre, je passe dans le salon sans réveiller Phil et je retourne m’enfermer dans mes quartiers. Même pas je vous explique mon malaise lorsque, vers 8h45, je décide que le petit a suffisamment dormi et que je suis en droit d’aller me faire un café. C’est pas ça, le malaise, le malaise c’est quand j’ai réalisé que ce n’était pas Phil qui dormait dans le canapé mais ma coloc. Par extrapolation, vous vous doutez de qui dormait dans le lit de ma coloc… C’est là que je me dis que, heureusement, je n’ai pas tiré la couette de la demoiselle, sans quoi j’aurais remarqué que ce n’était pas elle… Vu l’obscurité et l’heure, il m’aurait fallu un moment pour percuter, même pas je vous explique le hurlement que j’aurais poussé et encore moins la réaction violente que j’aurais pu avoir. Je pense que mon co-blogueur n’aurait pas apprécié un réveil du genre, allez savoir pourquoi.

Alors, ouais, de mon côté, c’est une page étudiante qui se ferme et le début d’une future nouvelle vie (tout aussi étudiante) vers Nancy. Mais dans mes cartons, j’embarquerais mes bons souvenirs, mes échecs, mes heures de révisions et mes gueules de bois. La vie étudiante, c’est modulable, transportable, retransplantable. Et c’est tant mieux, même si, dans le fond, ça me manquera, ce petit coin de calme et de débauche qu’a été le mien cette année.

Publicités