Vous êtes sûrement au courant, mais le Festival de Cannes a débuté. Je suis pas du genre à encenser ce genre d’évènements, mais faut dire que pour l’image internationale de la culture française, c’est plutôt la classe. J’ai toujours trouvé assez fun les effets de soufflet pour certains films, les polémiques, les déceptions, les navets attendus, les films holywoodiens en ouverture… Il y a toujours au final quelque chose d’un peu surfait. Toujours est-il que les prix décernés ont plus de valeur que les oscars et qu’on est rarement déçu par les films primés.

L’obsession des journalistes people semble dévolue cette année à Matthieu Amalric qui s’est d’ailleurs pris une baffe en Live pour avoir souligné le manque de talent d’une des danseuses du film Tournée. Humour noir ou suffisance? Peu importe, ça m’a bien fait rire. On a aussi droit à un Wall Street 2 qui est apparemment – aussi étonnant soit-il – un film holywoodien de plus, gentillet et parfaitement insipide. Bah ouai Oliver, il aurait fallu penser à raccrocher après Alexandre…

Mais qu’est-ce qui pourrait bien présenter un quelconque intérêt au festival? Sûrement pas le Grand Journal à Cannes en tout cas. Peut-être le nouveau film de Takeshi Kitano, Outrage, qui nous plonge – une fois de plus – dans l’univers underground japonais, cet univers mafieux et pourri ou les héros n’existent pas. Loin des paillettes et fantasmes américains, l’homme n’est généralement ni un saint ni un monstre, simplement en être en prise avec ses démons intérieurs réveillés au contact des tentations modernes. A voir donc.

Mais peut-être devrait-on plutôt s’attarder sur le nouveau film d’Alejandro Inarritu, Biutiful. Qu’a donc pu nous pondre ce portraitiste de la complexité humaine cette année? Après Babel, 21 Grammes et Amours Chiennes, la barre est plutôt haute. Il met cette fois en scène le divin Javier Bardem pour incarner un père dévoué, un amant tourmenté, en pris avec les fantômes du passé dans une Barcelone invisible. Vous l’aurez compris, je reprends synthétiquement le synopsis du film. Vous aurez donc compris que le réalisateur mexicain nous ramène une fois encore face à la tourmente, la tourmente des sens, les héritages du passé, les choix à faire et les sacrifices qu’ils impliquent. Difficile de ne pas trépigner d’impatience devant la dernière œuvre de ce réalisateur donc il est difficile de nier l’immense talent.

Difficile par contre de considérer sérieusement Tournée, le film réalisé par Matthieu Amalric, et où c dernier joue également la tête d’affiche. Un peu mégalo non? On peut le penser…

On retrouve Sean Penn à l’affiche de Fair Game, un film de Doug Liman abordant la guerre en Irak et les manœuvres du gouvernement Bush pour déclencher la guerre autour des ADM. A haute teneur politique, peut-être ce film pourra compenser le vide politique du dernier film de Paul Greengrass, Green Zone.

A côté de la sélection officielle, deux détails ont retenu mon attention. Déjà Tim Burton en Président du Jury de Cannes. Non pas que je nie l’immense talent de cet homme dont beaucoup des films m’ont marqué, mais étant donné la piètre qualité et surtout la haute teneur holywoodienne de son dernier film (Alice au Pays des Merveilles), on est en droit de se demander s’il a bien sa place à la tête d’un jury qui va décider du meilleur film d’auteur du monde…

Autre interrogation personnelle, la présence de Gael Garcia Bernal à la tête du jury de la Caméra d’Or. La Caméra d’or du Festival de Cannes est un prix cinématographique qui a été créé en 1978 par Gilles Jacob pour encourager de jeunes artistes au talent prometteur. Ok, Garcia est jeune, a un immense talent d’acteur et est très prometteur. Cependant, présider un jury qui va récompenser un réalisateur alors que lui-même n’a réalisé que quelques courts métrages et vient juste de terminer son premier long métrage me paraît un peu déplacé. M’enfin je dis ça je dis rien…

Bref, je vous ai certainement perdu, et beaucoup d’entre vous en auront certainement rien à faire de mes petites interrogations de cinéphiles. Tout ça pour dire que malheureusement, impossible de voir les films avant, donc impossible de faire un pronostic et encore plus impossible de dire si oui ou non il y a de quoi s’insurger devant la remise des prix. Enjoy l’impuissance.

Au final, la seule personne éternellement admirable sera encore et toujours Woody Allen qui viendra présenter son nouveau film You Will Meet a Tall Dark Stranger – dont la traduction française sera certainement à chier par terre – hors compétition, une fois de plus, à l’abri de tout jugement et toute récompense. Sacré Woody.

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