Je n’ai que peu de temps pour écrire. Un quart d’heure pour être précis. Oui, je sors de partiels, et je m’en vais les fêtes. Je ne vous rédigerais donc pas un mémoire ce soir. Cependant, je me disais que ça faisait longtemps que je n’ai pas parlé ciné, et j’ai justement vu un film hier soir qui mérite qu’on s’y attarde. le film en question est The Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson coécrit avec Noah Baumbach. C’est un film d’animation sorti cette année qui a été plus que salué par la critique, et qui mérite de l’être. L’histoire, assez simple, est celle d’une famille de renards qui déménagent sous un arbre logé à proximité de trois fermiers, l’un peureux, l’autre glouton et le dernier sanguinaire. Mr. Fox va vite renouer avec ses instincts de voleur rusé qu’il avait pourtant juré de renier pour préserver ses proches. Il va mener à bien un « master plan » pour dérober de la nourriture dans les trois fermes pour mettre sa famille à l’abri de la faim. Mais les fermiers n’en restent pas là et contre-attaquent.

Après La Vie Aquatique, sorte de comédie burlesque d’Anderson avec Bill Muray en tête d’affiche, le réalisateur peaufine ici son cinéma d’humour à travers une oeuvre aussi fraîche que novatrice. En réalité, je ne sais pas si novatrice est le mot, car Anderson ne sort pas des standards du conte et de l’animation, mais il renoue avec ses racines tant dans le fond que dans la forme. Pour une fois, l’histoire n’est pas un déluge de gag qui perdent vite de leur superbe, n’appuyant pas trop sur l’excentricité des personnages qui tourne bien souvent à l’hystérie. Sur la forme, on assiste ici à une véritable virage à 180 degrés : adieu le déluge d’effets spéciaux trempé dans une sauce numérique réchauffée, bonjour les bonnes vieilles ficelles et les marionnettes réalistes. Sans entrer dans la surenchère, Anderson a su donner une âme et une expression véritablement humaine à ses personnages (qui sont des animaux, vous l’aurez deviné).

Ce qui est dérangeant et en même temps appréciable, c’est que le conte n’a de finalité que la distraction. En cela, on se passe de morale surannée ou caricaturale et on profite de l’oeuvre pour ce qu’elle est : un divertissement. Difficile de rester de marbre face à ce film à la fois touchant, vrai et drôle. Néanmoins, le propre même du conte et de la fable est de portée un message dissimulé, pas toujours évident à extraire. Ici, à part la victoire finale des responsabilités de père sur les fantasmes, instincts et la légèreté du voleur pour qui seul le défi a de la valeur, on ne voit pas trop où mène le film. On peut donc s’en trouver déçu ou satisfait, mais dans tous les cas, impossible de ne pas saluer la maîtrise et la sensibilité dont les 85 minutes de ce films sont baignées. J’en suis sorti… hypnotisé.

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