Amis lecteurs, amies lectrices, vous savez, ya des jours avec et des jours sans. Pour une fois, je ne parle pas d’échec puisqu’il m’est ontologique. Non. Ya des jours avec et des jours sans la foi, avec et sans l’envie. Ya des jours où tu vis ta putain de vie comme toute personne normale et des jours où tu vis la même vie avec une énorme envie de te mettre à hurler que putain de bordel de merde, il est passé où le coche que t’as manqué? Vous savez, ce virage un peu déterminant où, tout à coup, papa et maman ne sont pas là pour se taper les corvées à votre place, vous voyez de quoi je parle? Bah, voilà, vous l’aurez compris, aujourd’hui, c’est un jour sans. Stop. Je suis française donc je me mets en grève.

Eh ouais. J’ai les deux pieds dans une vraie journée d’adulte et j’aime pas ça, pas du tout. Tout a commencé ce matin… Quand je me suis levée ultra tôt pour aller en ville, faisant un crochet par le gynéco. Au passage, c’est génial d’être une fille, juste pour ça, aller voir le gynéco aka le seul médecin qui te donne l’impression d’être une vache et qui est capable de te sortir que ton vagin comme ton utérus sont magnifiques. Même la personne avec qui tu couches ne te sort pas des trucs pareils… Eh bah, la femme, elle, elle a un médecin pour complimenter ses parties génitales, c’est-y pas génial? Bref, j’ai donc perdu deux heures de ma superbe vie pour passer chez ce putain de gynéco incompétent comme ça devrait même pas être permis par l’ordre des médecins.

Après quoi, j’ai dû passer au bureau récupérer un enregistrement surprise. Je m’explique. Je fais de la saisie informatique pour une personne relativement aisée qui, en plus d’être notaire et membre du rottary club, est aussi coach. Et, le coach, il s’occupe de Jeanne, ou Nadine, je sais pas trop. Bref. Mon job étudiant à moi, c’est donc de retranscrire sur le papier ce qu’il s’est passé pendant ces entretiens où Jeanne nous explique à quel point elle n’a aucune personnalité et à quel point son existence entière est futile. Dans le fond, Jeanne n’a pas tort…. Mais Jeanne me fait chier. Enfin. Jeanne est mon fond de commerce, alors j’évite de râler. Même si elle me gave. Un jour, Jeanne se demandera qui a tapé les rendus de ses séances et Jeanne comprendra qu’elle a pourri des heures entières de la vie d’une jeune étudiante innocente (ou pas) qui ne lui avait strictement rien demandé. Jeanne me vend du rêve, vraiment. Un jour, peut-être, je la rencontrerais… Alors je lui expliquerais ce que je pense de tout ça. Qu’elle a mal géré son complexe d’Electre, qu’elle n’a jamais su s’imposer, qu’elle ne considère pas autrui dans son monde égocentrique… bref, qu’elle est humaine, normale, et que c’est sans doute ça le grand drame de sa putain de vie. M’enfin, Jeanne ne m’a rien fait. Je devrais lui offrir un album de Johnny pour me faire pardonner. Je devrais. Je suis sure qu’elle l’adore, en plus, c’est bien le genre. Quoi que. Dans le fond, Jeanne serait plutôt Céline Dion, je ne peux pas le nier. Patricia Kaas, peut-être, dans ses périodes glamour. Jeanne devrait écouter du Nirvana, ça lui ôterait le balai qui s’est coincé dans son cul. J’aurais dû faire psy.

Et ce n’est pas fini, évidemment. Sur le chemin du retour, on s’est tapé le bus rempli de vieux qui – miracle – se connaissaient tous. On s’est même demandé s’ils n’allaient pas refaire un tour juste pour le kiffe de se retrouver ensemble. Arrivée chez moi, j’ai dû faire le ménage pour préparer la visite de mon appartement. Le ménage, une pause droit américain et un verre de Crémant plus tard, ô joie, un inconnu s’est ramené dans MA maison pour visiter ce qu’il souhaite récupérer pour lui. Se pointe donc un mec, dans cet appartement magnifique de Nanas. Un mec qui regarde le Chester Wall sans comprendre tout le sacré de l’objet, un mec qui me gave avec ses putains d’envie de trouver un autre appartement pas trop loin parce que – faut que je comprenne, voyez – en fait ils sont 5 et aimeraient se répartir en deux appartements. Forcément, ça ne l’enchante pas que mon appartement soit en dehors de la cage d’escalier. J’aurais dû lui expliquer qu’étant misanthrope et détestant foncièrement les gens, ce détail-là avait fait de cet appartement un lieu de vie idéal tant pour moi que pour ma coloc. M’enfin, il est parti en nous demandant s’il pourrait revenir. On verra, mon petit, t’as pas gagné des points là. Comment ça je n’ai pas droit de regard?

Toujours pas fini. Il a fallu faire ce truc, après, travailler qu’on dit. Parce que je suis toujours en période d’examen, figurez-vous, et dans la période la plus dure : celle où les cours sont tellement inintéressants que tu ne sais même pas comment les réviser. Puis l’épisode des courses, parce que le frigo est vide, et les cons du simply qui te lancent des regards lubriques dès que tu te penches un peu pour récupérer une putain de boîte de thon. Bref. La queue, aussi, parce que – loi de Murphy oblige – je choisis toujours la file qui, soudainement, devient ultra lente.

Il est maintenant 18heures, je n’ai pas fait la moitié des choses que j’étais sensée faire, je n’ai même pas réussi à vous faire un article correct et je n’ai qu’une envie : retourner vivre chez mes parents. Ouais, je sais, la vie c’est comme ça, ce n’est qu’un jour sans et faut vivre avec. Sauf qu’à force de vivre « demain », je me demande où se situe le jour présent. A méditer.

Bonus Point avec Jésus & Paka.
Bonus Point² avec la citation du jour : « Hypothèse – les femmes sont sexuellement supérieures à l’homme parce que, elles, elles vont chez le gynécologue. »

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