L’été arrive. Si Si, je vous assure, ne vous fiez pas à ce temps pourri qui occupe la France depuis deux semaines, dans un peu plus d’un mois, nous serons en été. Voyez le positif, la pluie a empêché l’aviation française d’être une fois de plus cloué au sol à cause de ces chers nuages de cendres que nous envoient régulièrement ces chers islandais. Tout ça pour dire que l’été arrive. Et qui dit été dit festivals. Et si vous me dites « qui dit été dit soleil et plage », je vous répondrais que nous n’avons pas les même valeurs. La chose à faire au printemps est donc de s’informer des différents festivals estivaux français et étrangers. La musique passe avant tout. J’espère que vous aurez tous eu la chance de participer à un festival de musique sur plusieurs jours. Ces moments intenses où les journées se divisent en deux parties égales, la première consistant à boire, fumer et discuter avec des inconnus, la seconde consistant en l’immersion totale dans la masse vivante des fans de musique évoluant et vibrant en rythme.

Ne soyons pas candide, les moments d’osmose sont rares, et la fatigue aiguise l’agressivité de chacun, tandis que l’alcool catalyse la connerie humaine. Il faut bien avouer qu’il est difficile de rester zen quand une poignée d’êtres décérébrés ayant vaguement une apparence humaine viennent empiéter sur votre minuscule espace vital, vous arrosant copieusement de bière ou vous marchant sur les pieds déjà endoloris par des heures passées à sautiller frénétiquement. Mais à côte de ça, quelle ambiance!

Mon petit rituel à moi, c’est de passer 3 jours à Musilac. Certes, ce n’est pas le plus grand festival que cette terre ait porté, mais la proximité géographique fait de ce festival l’endroit idéal pour oublier toute notion de mesure et de sobriété pendant un week end. Et puis bon, Musilac a tout de même accueilli Muse, Placebo, Mika, Patti Smith, Renaud (hors sujet), Paul Personne, The Pretenders, Hocus Pocus, John Butler Trio, Franz Ferdinand, Prodigy…

Et j’en passe. Cette année, la programmation est décevante. Disons les choses franchement, on s’attendait à mieux. Le festival est en général très pop rock mais accueillait des artistes de qualités et faisait de temps en temps de petits écarts électro (Birdy Nam Nam, Prodigy), hip hop (Hocus Pocus), Soul (Asa) ou encore World Music (John Butler). Mais cette année, la qualité laisse à désirer dans l’ensemble, de même que la diversité et les têtes d’affiches. Nous aurons ainsi l’immense plaisir d’assister à la prestation scénique de BB Brunes, Pete Doherty, Renan Luce, Cœur de Pirate, Indochine… Je crois savoir dorénavant où caser ma pause casse croute. Mais restons optimistes, on y trouvera aussi M, Rodrigo y Gabriela, Wax Tailor, Phoenix, Mika et… ZZ Top!! Et oui, vous avez bien lu, ZZ Top sera à Musilac cette année. On se demande qu’est-ce qu’ils font en France, loin des atmosphère country cowboy de leur jeunesse. N’empêche que dire à quelqu’un que vous avez vu ZZ Top en concert, c’est carrément la classe. Rassurez vous, vous aurez le droit à un compte rendu détaillé (et je ne parle pas de cuites et de lendemains de cuite, mais bien de musique).

Mais faisons un rapide tour d’horizon des festivals estivaux. Déjà, premier constat, j’ai envie de me suicider. Pourquoi? Parce que Gorillaz donne l’un des seuls concerts européens au FIB de Benicassim, en Espagne… aux mêmes dates que Musilac. Ce qui me laisse un goût amer, et l’impression fugace de m’être fait enc****. A côté de ça, le festival n’affiche pas non plus un casting de rêve, bien que Prodigy et Vampire Weekend vaillent le déplacement (mais peut-être pas le prix : 180 euros pour 4 jours).

BB Brunes squattent les Eurockéennes, où l’on retrouvera aussi Charlotte Gainsbourg (What The Fuck?), Jay-Z et surtout… Massive Attack… De quoi donner envie.

Le HellFest présente aussi une programmation attirante, même pour un néophyte en matière de hard-rock : Deftones, Alice Cooper, Kiss et Motorhead (oui oui, ils sont en vie).

Sinon, pour les ambiances plus posées – là où vous pourrez réellement écouter la musique sans qu’une horde de braillard enragés se mettent en tête de vous gâcher votre plaisir – sachez que Jazz à Vienne accueille cette année Tony Allen, Bobby McFerrin et Norah Jones. De même, Les Nuits des Fourvières à Lyon accueillent Rodrigo y Gabriela, William Scheller, Keith Jarret et Iggy Pop (mais déjà complet), et offre toute une série d’hommages (Piaf et Django Reinardt notamment).

Voilà, je pense avoir fait le tour de ce qui était géographiquement accessible à un grenoblois ayant du goût, après il existe des dizaines de festivals en Europe (Ziggets Power) qui méritent aussi votre attention (et votre argent). Sur ce, je m’en vais ruminer ma déception et ma haine de la vie, ainsi que ce putain de destin qui a placé Musilac entre moi et Damon Albarn.

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