Je suis quelqu’un de volage. De très volage. La preuve : je prépare toujours mes idées de sujets d’article à l’avance et je ne m’y tiens jamais. Aujourd’hui, j’avais d’abord prévu de vous parler de l’art du pseudo facebook et puis, finalement, j’avais opté pour un peu de poésie… Jusqu’à ce que je traîne sur le blog de vous-savez-qui-j’en-ai-marre-de-le-nommer-tout-le-temps et que je me remette à penser à la notion de job de merde. C’est vrai, il a raison quand il parle de l’impact d’un job étudiant de base sur le quotidien, de comment soudain on fait plus attention à ces personnes qu’on ne remarquait qu’à peine avant, genre les caissières. C’est vrai. Sauf que le job de merde a un effet secondaire terrible… Et je partais déjà avec un putain de handicap quand j’ai commencé le mien.

Je m’explique. L’été dernier, pendant trois mois, j’ai bossé dans un glacier comptoir sur rue. En gros, mes clients, je les voyais à tout péter 5 minutes, j’étais dans une rue bourrée de touristes et je passais mes journées debout. Jusque là, ça fait job étudiant. Concrètement, je courrais partout toute la journée, je me contorsionnais dans tous les sens possibles et inimaginables pour servir ces putains de (très bonnes) glaces (artisanales), remplir les machines, ranger des cartons, la totale. Jusque là, ça fait assez job de base. Et, évidemment, je supportais la grande autorité de ma patronne, les horaires de fou (10h/2h… Qui dit mieux?) et… les clients… Et, là, glacier, ça devient vraiment un job de merde. Pas que je crache sur l’expérience, pas que je crache sur le salaire, pas que je crache sur les connaissances utiles que j’ai acquéri. Non. Ce n’est pas ça. Par contre, quand au bout de trois mois t’arrives à peine à sortir de chez toi parce que tu as commencé à développer une vraie allergie au genre humain, je peux te dire – lecteur – que tu le sens bien passer le job de merde.

J’me rappelle, je me disais que vendre des glaces, ça devait être ultra cool. J’avais déjà largement sous-estimé les efforts physiques que demande un tel emploi, certes, mais là où je me suis mais alors vraiment plantée comme une conne c’est quand j’ai cru que ce serait agréable. Naïve que j’étais, j’avais la conviction que mes clients, vacanciers s’achetant une glace, seraient des personnes souriantes, promptes à la plaisanterie… Quelle erreur… Je me rappelle d’un jour où à 16 heures, alors que j’avais commencé à 10heures, j’ai failli fondre en larmes devant une jeune femme parce qu’elle m’avait dit – je cite – « bonjour […] s’il vous plait […] merci […] au revoir. ». Ouais. C’était la première personne à me le dire. De la journée. Ouais.

Depuis l’été dernier, je déteste encore plus les gens qu’avant et ceux qui me connaissent savent que ce n’était pas forcément envisageable voire possible. J’ai un profond problème avec le manque de politesse des gens, leur arrogance, leur irrespect, leur condescendance. Je suis misanthrope, si ça ne tenait qu’à moi, je génociderais la moitié de la planète et ne garderais que les gens qui, à mes yeux, auraient un intérêt particulier. Autant vous dire que vous n’auriez plus de voisins, plus beaucoup d’amis d’enfance et qui sait si vos parents survivraient à la sélection toute subjective que je me prends l’envie de faire parfois… Il faut dire que je suis quelqu’un de difficile et que mon échelle de valeurs est complètement à l’Est.

 

Depuis l’été dernier, j’ai parfaitement pris conscience de ma volonté irrépressible d’écraser le monde avec un diplôme aussi imposant que possible qui me permette de gagner ma vie suffisamment pour ne plus jamais avoir à supporter ce que certaines personnes s’autorisent envers les gens « payés pour les servir ». Eh, oh, mon gros… Payés pour faire le service, pas pour se faire traiter comme de la merde. Payés pour bien faire son travail, pas pour essuyer l’incompétence de tes parents à t’apprendre la politesse. Payés pour vendre des glaces, pas pour jouer au punching ball devant une bande de chiens galeux. Payés pour te sourire, pas pour retenir les insultes qu’on te réserve. Connard.

Depuis l’été dernier, je hais encore plus le cliché de ce putain de français moyen, fan de Johnny, avec son putain de clebs, ses gosses capricieux et sa grosse ventripotente aux bras de camioneurs. Parfaitement. A noter, d’ailleurs, que si je devais regarder en proportion ma clientèle, je pourrais affirmer sans mal que les étrangers sont beaucoup plus polis que les français, font l’effort d’apprendre les formules de politesse dans la langue du pays où ils se trouvent quand d’autres abrutis mal léchés ont oublié comment ça se prononçait.

En conclusion, j’aime pas les gens, c’est pas nouveau mais je m’illustrais.

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