Je me demandais quand est-ce que j’allais écrire cet article. Je me le réservais pour un jour où je serais déprimé. Un jour comme aujourd’hui. A atmosphère déprimée, article déprimant. Ouais, je vais vous parler de mort. Nan rassurez-vous, je vais pas vous déblatérer un recueil métaphysique sur l’essence de la mort, mais une terrible nouvelle est tombée le 19 avril dernier : Guru est mort. J’espère que ce nom vous dit quelque chose, sinon vous avez toute une culture à refaire.

« Guru (Gifted Unlimited Rhymes Universal), de son vrai nom de Keith Elam, né le 17 juillet 1961 et mort le 19 avril 2010[1], était un rappeur new-yorkais originaire de Boston. Il était le MC du groupe GangStarr qu’il a fondé avec DJ Premier en 1989. » Voilà pour le résumé très très bref. Guru est donc mort. Mort à 48 ans après avoir longtemps lutté contre le cancer. Je ne sais pas si vous saisissez la perte pour la culture hip hop. Les mots « Jazzmatazz », « Guru » et « Gangstarr » résument à eux trois toute une facette du genre. Je pourrais éplucher tous les hommages et rumeurs qui trainent sur le net, mais ce serait une perte de temps et somme toute assez futile. La seule controverse intéressante sur le plan artistique touche à son ancien partenaire et DJ : DJ Premier. Le rappeur refuse que son nom soit associé à l’avenir d’une quelconque façon avec celui de ce dernier. Donc pour les fans, aucun espoir pour un best of ou une compilation des titres jamais sortis… Je ne m’attarderais pas plus sur les actu people. On s’en fout. Solar, son producteur, le présentait comme un grand homme de la lutte afro-américaine, mais les pages web concernant sa vie sont plutôt vierges.

En ce qui concerne non pas l’homme mais l’artiste, il y aurait beaucoup de choses à écouter, peut-être moins à dire. Je vous avais déjà parlé de GangStarr il y a bien 2 mois. Fondé en 87, ce fut l’un des groupes phares du hip hop « old school » avant de rompre avec ces racines avec l’album Moment of Truth. Associant les beat puissants de DJ Premier au flow retenu et unique de Guru sur un fond d’influences jazzy, les deux compères se sont imposées sur la scènes New Yorkaise tout en initiant le courant de fusion Jazz-Rap. Mais les intérêts divergent, peu à peu DJ Premier se consacre à des projets avec d’autres artistes tels Nas ou Biggie tandis que Guru s’oriente de plus en plus vers des projets jazzy et des artistes étrangers à la mouvance hip hop (Isaac Hayes, Herbie Hancock…). Guru trouve ici un nouveau souffle et nous offre 4 volumes qui font figure de piliers du genre. Je n’aurais pas grand chose à ajouter. Il faut écouter. Par chance, il y a un best of en écoute libre. Pas besoin d’être amateur de hip hop pour apprécier, un peu de goût et d’ouverture suffiront.

Sur ce, RIP.

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