On a tous nos personnalités cultes. Ya des gens, ils font simples : le Che, Bob Marley, Al Pacino, Marx, Sartre. Il y en a qui creusent un peu, ça donne du Prévert, Vian ou Damon Albarn. Chez moi, c’est Grand Pa Elliott aka le mec que presque personne ne connait en France et, entre vous et moi, cette ignorance sucks sa mère. Grand Pa Elliott, voyez-vous, c’est l’âme du Quartier Français à la Nouvelle-Orléans. Autant dire que ce Monsieur est l’âme de l’âme du Jazz. Du Blues. Grand Pa Elliott, c’est la classe ultime personnifiée. Sans domicile fixe habitant principalement Toulouse Street, il passe ses journées à chanter et à jouer de l’harmonica pour les passants. Une légende, une vraie de vraie. Pour ma part, j’ai grandi avec Grand Pa Elliott en fond de toile, en discussion en soirées, en allusions respectueuses en écoutant de la musique. Des amis sont allés à la Nouvelle Orléans juste pour le rencontrer. Une légende, je vous dis. Et le tout, en pull rouge, en salopette en jean et avec une barbe digne du Père Noël. En un mot : fan.

 

A savoir que Grand Pa Elliott vient juste de sortir un album, Sugar Sweet. Ou plutôt, il vient juste d’y consentir. Cet homme a passé une grande partie de sa vie à vivre de sa musique, à son échelle, juste pour sa musique. Il n’est pas à acheter, voyez. Certains restaurants du quartier français lui payaient régulièrement des repas s’il venait chanter devant leurs terrasses. Un chant pour un repas 4 étoiles… Largement mésestimé.

Très peu nombreux étaient les gens le connaissant avant 2009, à dire vrai. Mais en 2009… Il y a eu Playing For Change. Playing For Change (que je nommerais désormais PFC) est un collectif musicale. En gros, un groupe de jeunes Américains qui sillonnent le monde pour recueillir les voix de musiciens de rue, de chorales amateurs et de chanteurs de toutes nationalités pour les réunir en un seul enregistrement. Une sorte de patchwork musicale, en somme. Le projet a commencé il y a une dizaine d’années sous forme de « road-trip » musical entre potes puis a évolué pour donner lieu à deux documentaires musicaux indépendants. L’un de ces films a notamment été présenté au Tribeca film festival, histoire d’avoir méchamment la classe.
L’expérience sans ambition s’est vue récolter des millions de visites sur le net. Grâce à la notoriété et au financement que leur apporte cette nouvelle visibilité, le collectif a donc décidé en 2008 de lancer la fondation Playing for Change pour construire des écoles de musique dans des ghettos et des bidonvilles à travers le monde.

L’enregistrement de ces vidéos se fait soit au hasard des rencontres musicales, soit après avoir débusqué la perle rare dans les rues ou bars d’une ville. Les musiciens ne se sont jamais rencontrés, se basant sur les enregistrements des interprètes précédents. Un patchwork, je vous disais.

Concrètement, PFC, c’est un album (Songs Aroung The World) regroupant une centaine d’artistes de tout horizon au sens littéral et figuré du terme. Dont Grand Pa Elliott. Mais ce n’est pas tout… Non, non, non… On compte également Roger Ridley, chanteur de rue noir américain à l’origine de tout avec Stand By Me. Mais aussi Clarence Bekker (eh oui messieurs dames), Keb Mo ou encore Manu Chao. J’appelle ça avoir la classe.

Au final, PFC est un album de reprise, de réécriture de grands classiques dans le seul espoir de promulguer un idéal de paix par delà le monde au travers de la Musique. Le procédé est novateur, pour le moins étudié et ô combien efficace. Ne dit-on pas que la Musique adoucit les mœurs, après tout?

Je vous laisse l’album ici, pour les oreilles.

 

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