Ce matin, ma coloc n’a pas réussi à se lever pour aller en cours, elle vit ça comme une défaite. Quelque part, je la comprends, j’étais pareille, avant, et puis, depuis, j’ai dû me résigner. Je vous ai déjà parlé de l’Echec, je vous ai déjà dit que c’était un art qui se cultivait, en matière de retard, je suis passée maîtresse (et je prends des disciples, si ça vous intéresse). Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous le scénario de ma plus belle œuvre en matière de retard…

Acte I – Le réveil.

Il faut savoir que, jusqu’à il y a peu, je n’avais que mon téléphone portable pour faire office de réveil. Or, il s’avère que le téléphone portable en question a quelques soucis de batterie… Ce matin-là, ce connard n’a pas sonné, c’est donc ma colocataire qui est venue me bousculer avant, elle, de partir en cours, chose qu’elle a faite, évidemment… Sauf que, généralement, le premier essai n’est pas le bon… Je me suis réveillée quelques 15 minutes avant l’heure du départ exigé à la fac. Echec.

Acte II – La mauvaise humeur s’installe.

15 minutes, pour aller à la fac, pour une nana, c’est super court. Je réchauffe du café, je tâche de choisir des vêtements mais, mal lunée, je me tape forcément ce que nous appelons entre nous une « crise de fille », le syndrome du « j’ai rien à me mettre ». Une dizaine de minutes gâchées pour tâcher de trouver une tenue qui, de toutes façons, me met en rogne. Reste 5 minutes, tentative de maquillage pour présentation faciale la moins effrayante possible, pas le temps de boire mon putain de café, il est l’heure de partir. Vous noterez que je n’ai pas préparé mon sac.

Acte III – Les transports en commun.

Cet acte ci est souvent le préféré de mes amis qui ne se lassent pas d’entendre mes diverses aventures avec les bus & tramway de l’agglo. En sortant de chez moi, le bus de 52 s’annonce au bout de la rue, j’habite à une minute de l’arrêt, je suis en talons, qu’importe : je cours. Lorsque j’arrive à l’arrêt, le bus est encore en stationnement, je suis à peu près persuadée que le chauffeur m’a vue… Et pourtant, il part. J’aurais donc le bus de l’heure d’après, celui de 02. Essoufflée (je suis une fumeuse aguerrie), je tâche de chercher une cigarette dans mon sac. C’est là que je réalise qu’il est 49, pas 52, et que ce putain de bus était en avance. Forcément, parce que sac pas préparé, j’ai oublié mes clopes chez moi. Demi tour, maison, clopes, arrêt de bus. Le bus de 02, vous vous en douterez, arrive à 06, se tape tous les feux jusqu’à la station de tram, je cours, encore, parce que je sens bien que ça va me retomber sur la gueule. Mon tram me passe sous le nez. Il est 12, je commence à 30, le prochain tram est dans 10 minutes, il faut 20 minutes pour atteindre le campus. C’est là que, nécessairement, j’ai l’excellente idée de tenter de prendre le tram qui ne va pas sur le campus mais en centre ville pour me faire une correspondance avec un autre tram, plus fréquent, qui va aussi sur le campus. J’arrive en centre ville à 20, je saute dans le second tram (que j’ai évidemment attendu 5 bonnes minutes, sinon c’est pas drôle). Dans le tram, je croise un vieux, qui me souris, j’ai beau tiré la gueule, il vient me parler… Pas que j’en aie un peu rien à foutre mais, en fait, c’est totalement ça. Lorsque j’arrive sur le campus, il est 39…

Acte IV – La tentative désespérée.

Là, forcément, je me dis que – merde – je suis encore sacrément à la bourre mais, mine de rien, je me suis relativement cassée le cul pour arriver sur le campus, je tente l’entrée dans l’amphi. On a un système de double porte, passée la première, je réalise que le cours est bien entamée, je fais demi tour et décide d’aller prendre un café. Bonne idée, n’est-ce pas? Je descends mon café en grognant et en menaçant de mort toute personne s’approchant en bon sujet de mauvaise humeur matinale, malmenée par cette société injuste qui ne nous attend pas ni ne nous laisse le temps de dormir. Au cours d’après je me pointe, regard de tueuse sous mes sourcils froncés. Et, je vous le donne dans le mille, je n’ai pas de feuilles, pas de trousse et je me demande même si j’ai fermé la porte de mon appartement à clef.

Personne ne pourra nier que je joue dans la cour des grands, après ça, mais ne vous inquiétez pas, je me soigne : pour mon anniversaire, j’ai reçu un réveil high tech, histoire de réussir à me sortir de mon lit.

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