Je pense que toute époque à sa nostalgie. Du genre : « putin ça aurait été vraiment kiffant d’avoir 20 ans à l’époque funky ». Tout le monde a son petit trip rétro. Perso, c’est surtout les vieilles ambiances, genre gramophone et son abimé. L’époque manouche, où l’on pouvait écouter le Minor Swing de Django Reinardt sur un vieux vinyle qui se dégrade après quelques écoutes.

En même temps, quand on écoute les artistes de l’époque qui nous ressortent des cd ou reprennent leurs vieilles œuvres, on se rend bien compte que la mode n’est pas qu’une chimère et que certains genres musicaux n’ont plus vraiment leur place dans notre monde moderne sinon comme un vestige culturel (ce qui n’enlève rien à leur beauté).

Mais voilà. Certains refusent de laisser dépérir ces courants. Et ils ont raison. On pourra d’ailleurs noter que l’électro prend toute sa signification et révèle tout son potentiel dans sa capacité à réhabiliter toutes sortes de musiques, leur donnant le rythme et la sonorité inhérente à notre époque.

Bref. Tout ça pour en arriver au fait : Caravan Palace est l’un de ces groupes éclairés qui nous font à la fois entrevoir de multiples possibilités musicales à venir, tout en nous berçant avec les sons des temps passés. Un pied dans le Xxème, un pied dans le XXIème.

Je les ai découvert à un festival par chance. Voyez, 1h du mat, 5h de concert derrière vous, l’envie de rentrer et de vous retourner la tête en communion avec vos amis pour trouver le repos salvateur avant d’enchaîner sur une autre journée de concert. Mais voilà, une sorte d’instinct me pousse à rester pour voir ce que le groupe totalement inconnu d’après avait à nous livrer. Hé bien je crois qu’il faut le dire, je n’ai jamais été autant animé lors d’un concert que celui-ci (Blur mis à part).

Musicalement, les 3 membres du groupes, compositeurs de musique électrique mais aussi passionnés de musique manouche se sont réunis dans l’idée de parvenir à un mariage de ces deux genres qui paraissent pourtant assez antinomiques. On parle apparemment « d’électro swing ». Moi je dis pourquoi pas. On s’en fout, le tout c’est que ça soit bon. Et ça l’est. Certes, on peut reprocher certaines longueurs, et parfois des répétitions agaçantes, mais l’originalité et une certaine maîtrise y sont. Le seul vrai bémol est que leurs morceaux sont parfois un peu agressifs. Mais c’est aussi ce qui fait leur puissance en concert. Impossible de rester statique, à la fois rythmé, enjoué et entêtant. Une expérience à vivre. En attendant, vous pouvez écouter leur unique cd en écoute libre sur Deezer. Je n’ai pas trouvé de chute convenable. Pardon.

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