Amis du soir, bonsoir. Je suis chez moi avec ma coloc, on boit du vin en écoutant Death Magnetic, le dernier Metallica, tout va bien si ce n’est que je me fais un peu vieille et, franchement, ça m’emmerde. Vous savez pourquoi? Parce que je n’aime pas les vieux. J’entends par vieux les personnes séniles, grabataires, loin de moi l’idée de condamner toutes les personnes ayant dépassé ce que j’estime être une date de péremption valide, à savoir 35 ans.

Non, mais, vraiment…. Ils veulent pas se décider à mourir, des fois? Je veux dire qui n’a jamais croisé une putain de petite vieille dans les transports en commun, l’air si mignonne que c’en devenait à gerber, avec son putain de clebs qui, nécessairement, se doit d’être un caniche ou un pékinois? Pour avoir eu un fou rire mémorable notamment en compagnie de mon co-bloggueur, je peux vous dire qu’il est des choses si ridicules qu’elles finissent par ne plus avoir l’air naturel.

Condamnons ces personnes âgées sans manière qui estiment avoir tous les droits parce que, merde, elles ont vécu… Vous voyez, ces petits vieux qui demandent aux jeunes de se lever dans les bus parce que, elles, elles ne peuvent pas rester debout? Oui, oui, même si vous vous êtes cassés la jambe et que vous galérez avec vos béquilles, vous êtes jeunes, vous pouvez rester debout.

Condamnons ces séniles qui osent vous juger en un regard parce que, à leur époque, on ne s’habillait pas comme ça. Parce qu’à leur époque, on ne se comportait pas comme ça. Parce que, à leur époque, eh bien on était indépendant. Ils vivaient quand même sans téléphone portable, preuve de force et d’indépendance, nous en conviendrons.

Condamnons ces mères supérieures qui sont à deux doigts de vous cracher dessus quand vous avez le malheur de vous affichez avec le sexe opposé parce que, merde, à l’époque, on n’agissait pas comme ça. On était bien élevé, à l’époque, on savait comment agir en société, on n’était pas débauché, on n’était pas pêcheurs. Avant, on pouvait prétendre au paradis. D’ailleurs, eux-même y iront, dans cet endroit plein d’angelots avec un cœur sur la fesse droite. Un endroit sans sexe, sans rock, sans alcool et sans cigarette – le mal, en somme – parce que ce sera tellement bien.

Condamnons ces vieux au regard lubrique quand ils vous croisent parce que, à leur époque, les jeunes femmes ne s’affichaient pas comme ça et que, maintenant, c’est trop tard pour eux, leurs femmes ressemblent déjà à Maïté, grand bien leur en fasse, elles ont vécu. Et comme ils n’ont pas eu la chance de naître à notre époque, ils se rincent l’œil sans pudeur. Pas la peine de les blâmer, se disent-ils, puisqu’ils sont impuissants et que leur petit cœur fragile ne supporterait pas le viagra. Ouais, à leur époque, les femmes n’étaient pas libérées, elles étaient soumises, alors un petit regard, comme ça, même dégueulasse, c’est pas grave, ça leur rappelle leur folle jeunesse, ce truc insipide qui date de la préhistoire.

Condamnons ensemble ces handicaps de la société qui vous font perdre du temps en caisse au supermarché, qui vous ralentissent dans la rue, vous emmerdent dans les magasins, vous adressent la parole quand vous êtes de mauvaise humeur, vous parlent d’une époque qui ne vous intéresse pas (ils avaient pas encore inventé facebook, de qui se moque-t-on?), toussent quand vous avez le malheur de vouloir fumer une clope peinard.

Condamnons ces modes dépassées qui vous sortent des couleurs inimaginables, des tenues qu’on aurait même pas osé imaginer dans nos pires cauchemars, des expressions qui, en plus d’être à coucher dehors, sont aussi à dormir par terre. Condamnons ces trucs vieux, qui puent le moisi, c’est pas leur faute, ils souffrent d’incontinence. Condamnons ces conservateurs qui votent Le Pen parce que ça leur crée l’illusion de se battre pour la mère Patrie, ces vieux à qui on laisse le permis et qui tuent tant de jeunes sur les routes, ces trucs tremblant qui font parler d’eux aux infos à cause de Parkinson et Alzheimer et qui ont tellement trop vécu et survécu qu’ils crèvent d’une grippe.

Ouais, vieillissons tous ensemble, sourire aux lèvres, pour devenir à notre tour des petits vieux et pourrir la vie des nouvelles générations par pur esprit de vengeance. Ou alors, mourrons à 27 ans d’une overdose après une soirée un peu trop trash pour notre organisme.

Personnellement, j’ai fait mon choix, j’irais en Enfer, avec mes clopes, ma débauche et ma grande gueule. Amen.

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