Aujourd’hui, je voulais vous parler de Volo mais, en fait, ça attendra jeudi. Désolée… Tout ça parce que j’ai un sujet autrement plus important à traiter, quand bien même l’appréciation de cette qualification est purement égoïste, et ce sujet c’est le lâcher-prise. Qu’est-ce que c’est que cette bestiole, me demanderez-vous. Je vais vous expliquer.

En premier lieu, il faut préciser que je ne me contente pas d’être ouvertement une grande gueule, non, je suis, en plus, une intolérante relativement colérique qui a tendance à se défouler sur n’importe qui sans faire attention aux conséquences si je considère que la personne qui m’a exaspérée le mérite. Le fait est que j’ai plutôt tendance à me défouler sur autrui, en règle générale. Partant de ce constat, et c’est là que ça devient intéressant, mon connard de mari n’a rien trouvé de mieux à foutre d’un de ses week-ends que d’essayer de m’inculquer le lâcher-prise. Et c’est là que toutes les affirmations de début de paragraphe sont relativement passées à l’imparfait, il y a des petites erreurs de temps en temps mais je m’en sors pas trop mal…

Le concept de ce putain de lâcher-prise est parfois défini par certains au travers du laïus universel du « ça n’en vaut pas la peine », j’estime pour ma part qu’il y a toujours quelque chose à retirer d’une altercation : du soulagement, du calme et, parfois même, du plaisir. Forcément, partir sur ce chemin là pour tenter de me rendre un poil moins insupportable pour la majorité n’était pas vraiment la bonne solution. Force est de constater qu’il y a une façon beaucoup plus simple de me faire rentrer quelque chose dans le crâne : l’explication par la rentabilité.

Le principe du lâcher-prise par rentabilité, c’est aller à l’encontre du « sans faire attention aux conséquences ». Concrètement, même quand je fonce dans un mur, je continue ma route par principe. Ouais mais voilà : les principes, c’est mignon, mais ça ne paye pas toujours. L’idée est donc d’accepter de faire des concessions ou de fermer sa gueule, parce que ça n’en vaut pas la peine, mais parce que ça n’en vaut pas la peine pour de bonnes raisons. Prenons un exemple précis (cas d’espèce pour les juristes).

Hypothèse lambda – La prise de tête avec une forme d’autorité quelconque.

Généralement, les autorités parentales, les profs, les patrons ou les administrateurs. C’est toujours la situation délicate où j’ai du mal, moi, à rester sous mon propre contrôle.

Mettons : pour une erreur, pour une parole de travers, pour un désaccord, une remarque, bénigne, le conflit est déclaré.
De là, deux choix se proposent nécessairement à vous : lui rentrer dans le lard et défendre vos principes (ou juste votre position) ou laisser couler parce que c’est lui le chef. Certains choisiront la première, d’autres la seconde, et, ce, de façon automatique. Erreur. Il y a un autre moyen de raisonner, sans prendre des risques (trop) inconsidérés et sans s’écraser comme une merde sans fierté ni honneur.

Il faut prendre en compte 3 données :

1 – L’importance du dommage.

Soit A, sujet à la colère, et B, autorité & élément déclencheur et cible. Il faut déterminer si A est en situation optimale pour apprécier à sa juste valeur le dommage, autrement dit, il faut prendre en compte si le rapport entre A & B n’est pas faussé pour cause de A = personne normale (-café)+(-sommeil)+(-clope)+(-tout autre facteur pouvant affecter le jugement et l’humeur de A).

De là, si A = A, alors A est capable de juger du dommage. Si A= (-A) alors A se devra de grogner en silence dans son coin et de ronger son frein toute la journée en attendant des temps meilleurs.

Force est de constater que si A=(-A), sans s’en rendre compte, A sera imbuvable, pas la peine d’en rajouter ouvertement.

2 – Le principe de proportionnalité.

Reprenons nos amis A & B selon les mêmes critères précédemment énoncés. Si A estime que le dommage provoqué par B représente un préjudice suffisamment important pour mériter réponse, il faudra alors s’assurer que répliqueA = préjudiceB(+1). Je m’accorde assez majoritairement sur le fait du « si je me prends une baffe, j’en rends deux », d’où le (+1) (et, oui, je suis possiblement schizo). Toujours est-il qu’il faut absolument éviter le répliqueA = préjudiceB(x10²) sauf à vouloir pratiquer un art très particulier dont je suis grande amatrice mais qui vous mènera, soyez en sûr, droit dans un mur.

Généralement, la plupart de la population se débrouille très bien pour les deux premières étapes (quoi que le A= (-A) ne soit pas toujours très facile à gérer, j’avoue). Mais c’est là qu’arrive le 3.

3 – La considération des représailles.

Reprenons encore A & B. Le dommage commis par B est considéré par A comme susceptible de réplique ce qui nous amène à répliqueA = préjudiceB(+1), soit. Mais reste une variable qu’il ne faut jamais, ô grand jamais, oublié si on veut envisager sa vie au delà du jour le jour. C’est que plus A<B plus répliqueA<préjudiceB et, ce, parfois, jusqu’à l’annihilation totale de la réplique.

Je sais, c’est triste, mais, des fois, bah c’est comme ça.

Après, il y a l’extension du principe à d’autres hypothèses avec quelques autres applications. Plus que les représailles hiérarchiques (ainsi donc on s’éloigne du B>A, A & B sont égaux de statut), on a parfois les représailles dites du relou soit « à quel point de ma réaction va découler une tendance au relou dans mon quotidien » ou, et c’est mon préféré, la variable de l’échéance. Des fois, il faut se réduire à répliqueA<préjudiceB jusqu’à un certain point pour pouvoir passer à répliqueA>préjudiceB(+1). Pourquoi supérieur? Ça s’appelle les dommages et intérêts pour fermage de gueule et frustration. Eh ouais.

Tout ça pour dire que le lâcher prise c’est quand même vachement compliqué comme processus et que c’est pas toujours facile à vivre au quotidien. Mais il paraît que ça fait de nous des êtres civilisés, responsables et potentiellement utiles à la société. Il paraît. Rien que pour ça, cette semaine, je prendrais le temps de vous parler de méchanceté gratuite, aussi.

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