Amis lecteurs, bonjour! En premier lieu, mes excuses pour hier, j’ai été si distraite que… Oui. J’avoue. J’ai oublié… mais c’est un autre débat. En ce dimanche, je me dois donc de poster pour rattraper mon retard plus qu’évident et, ça tombe bien, j’aime bien le dimanche. Pourquoi j’aime bien le dimanche? Parce que c’est le jour béni de la justification anti travail, parce qu’on a le temps de traîner pour le petit-déjeuner, parce qu’on traîne en pyjama toute la journée. Jour de la flemme grand luxe. Un truc que j’apprécie particulièrement, par ailleurs, ça reste encore de me servir une tasse de café fumant, m’allumer une cigarette et me laisser porter par un bon morceau de musique classique et c’est précisément de ça que je vais vous parler aujourd’hui.

Histoire de faire un petit tour théorique, on désigne la musique classique par opposition à la musique dite populaire. Il est deux périodes à recouvrir : la première s’étend de la Renaissance (15ème siècle, donc) à nos jours, c’est l’appréciation vulgaire du courant. Dans le jargon technique, l’adjectif classique s’étend de Bach au début des années 1800, environ. Bach, c’est le milieu du 18ème siècle, les Lumières, la Culture (avec un C majuscule), etc. Au delà, je ne me sens pas de vous faire tout un exposé sur le genre, je pense que chacun a déjà entendu de la musique classique et que ce style se passe de commentaires, d’autant que je n’aurais pas la prétention de m’estimer maîtresse en la matière.

Parlons peu, parlons bien, discutons préférence. Pour ma part, je suis particulièrement sensible au son du piano, à tel point que j’ai toujours rêvé d’apprendre à en jouer. Je ne sais pas, j’ai l’impression que la tonalité de cet instrument pénètre ma cage thoracique et influe d’une façon étrange sur mon palpitant. Je pourrais citer André Gide, ça aurait la classe, quand il a écrit « Au piano, une animation quasi-céleste le transfigurait. ». Toujours est-il que comme je n’ai ni le temps ni la science pour vous faire un exposé complet de tous les Grands Messieurs du classique, parlons compositeurs, parlons pianistes.

Je crois que j’ai pleuré la première fois que j’ai entendu les suites anglaises de Bach. Compositeur allemand considéré comme à l’origine du courant classique, Bach est un musicien de talent qui a écrit des pièces que l’on qualifiera de monstrueusement inhumaine compte tenu de l’héritage musical de l’époque. Il a écrit des opéras, des symphonies, des monuments de notes et d’accords que je ne me lasse d’écouter mais je ne suis pas capable de me détacher de mon affection pour les Suites Anglaises. Le prélude de la suite numéro 1 est un chef d’œuvre. Petite note pour l’interprétation de Mstislav Rostropovitch qui la joue divinement au violoncelle, une vision particulière et prenante de cette pièce écrite pour piano.

Là, on a tapé dans le classique, le vrai. On peut aussi citer Mozart, dont la réputation n’est plus à faire, ou encore Liszt et sa Campanella. Des maîtres en la matière, on en frissonnerait presque.

Plus loin, citons Chopin, l’un des derniers classicistes reconnus. Les nocturnes sont une œuvre désormais ancrées dans la culture. La simplicité apparente de leur composition n’est pas sans toucher celui qui les écoute, il y a une douceur, une mélancolie dans ces pièces d’anthologie que les amateurs de musique ont toujours salué. Et pourtant, quelque part, on ne peut rester insensible à cette alchimie toute particulière qui ressort de la complexité dissimulée de chacune d’entre elles. Les nocturnes de Chopin, un grand moment. C’est un soir de pleine lune, une terrasse, un verre de vin et quelques amis. Juste la simplicité de l’instant et la beauté de la musique, vous voyez?

On considère d’ailleurs assez largement que Chopin est le père de la technique pianistique moderne, créant dans sa lignée des artistes tel que Ravel, Gabriel Fauré ou encore, et pas des moindres, Claude Debussy. Le clair de lune, morceau si connu que – OMC – ils en parlent même dans Twilight! Excusez cette petite digression cynique et gerbatoire, je prends mon seau, je lâche ce que j’ai à lâcher et je me reprends…

Parlons aussi de Beethoven. La Lettre à Elise, évidemment, avec sa magistrale utilisation de Gus Van Sant dans Elephant, pour ne faire référence qu’à cette ambiance. Sans doute l’un des morceaux de classique les plus connus au monde et, dans le fond, on le comprend. Mais Beethoven, c’est aussi ses sonates, dont la sonate numéro 14 qui est un de mes morceaux préférés. Particulièrement doué pour les fugues, il transporte nos esprits dans des univers éthérés qui ne traînent qu’à l’intérieur de nos têtes.

J’aime bien le classique, j’adore ça… Ma vie ressemble parfois à une symphonie wagnérienne mais un bon morceau de piano arrive toujours à me calmer et c’est sans doute pour ça que j’affectionne le genre. Eh puis, même si c’est hors sujet, si on parle piano, n’oublions pas Nina Simone, quand même. Parce que Good Bait me touche souvent autant qu’une bonne sonate.

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