On y est. Le printemps. Comme l’a si bien dit ma coblogueuse, il fait beau, les oiseaux chantent, mon chat perd ses poils, j’écoute Le Printemps de Vivaldi, je suis malade… Bref, je ne vais pas faire l’aigri, surtout que je suis de très bonne humeur aujourd’hui. Je voulais en profiter pour écrire un article frais et pas prise de tête, mais vous savez, j’ai pas grand chose à dire. Bah oui, il me faut un sujet pour écrire, je n’ai pas ce don de pouvoir disserter sur ces petits détails anodins de la vie. Alors j’ai pensé à parler musique. Mais là, j’écoute le Stabat Mater de Vivaldi, alors du coup parler hip hop ou rock paraît plutôt futile.

Plan B. Parler ciné. Le souci, c’est que c’est pas le genre de temps à rester cloîtrer chez soi ou à aller se morfondre dans la salle noire. Mais pire que d’aller au ciné par ce temps, c’est d’aller au ciné et s’assoir malencontreusement à côté d’un no-neck monster qui baffre ses pop-corns durant toute la séance, ou alors à côté d’un abruti mal léché accompagné de son homologue femelle – mal baisée très souvent – qui a entreprit l’exploit de vous gâcher votre moment en étant le plus malpoli possible.

Ça donne ca :

ou ça :

Vous l’aurez compris, c’est du vécu. Ces derniers temps, j’ai pas été gâté lors de mes expéditions cinématographiques. Le genre d’expériences qui vous dégoutent du genre humain et vous donne envie de partir en ermitage dans les bois. Heureusement, il y a Bach. Vous n’avez plus foi en l’humanité? Écoutez Air Symphony. Bref, tout ça pour en arriver aux faits. J’ai pris l’habitude de vous faire un rapport chaque fois que je sors au ciné. Mais rien pour The Ghost Writer, le dernier Polanski… Ma coblogueuse m’a judicieusement fait remarquer que ce serait bête de ne pas en parler. Nous dirons que je n’ai pas eu le temps. Mais la vérité, c’est que j’ai peur… Parce que moi, je l’ai bien aimé ce film. Mais ma coblogueuse ne partage pas du tout ce point de vue, et doit sûrement m’attendre au tournant. Donc tâchons d’être objectif.

Le polar met en scène un jeune écrivain chargé de rédiger et mettre en forme les mémoires d’un ancien Premier Ministre britannique qui est accessoirement sur le banc des accusés de la justice internationale pour crimes de guerre et actes de barbarie. Le prédécesseur du « nègre » est mort de manière étrange, laissant derrière lui des documents compromettants et mystérieux qui déclenchent l’enquête en émoustillant la curiosité du jeune homme.

J’ai apprécié ce film parce que la réalisation est presque impeccable. Les enchaînements, l’atmosphère, les lieux, tout est maîtrisé. Le spectateur, tenu en haleine ne voit pas le temps passer. Le scénario est plutôt original, même si le fin mot de l’histoire relève plus du fantasme que d’une solide argumentation. En marge de la réalisation, si Ewan McGregor incarne bien son rôle, c’est avant tout Pierce Brosman qui crève l’écran en nous livrant une superbe performance.

A côté de ça, on peut reprocher au film d’être un poil trop linéaire. L’œuvre dans son ensemble manque un peu de personnalité, ce petit rien qui laisse une empreinte dans l’esprit du spectateur. On a assisté ici à un bon polar, bien cousu, mais assez peu attachant et au final trop précipité sur la fin. En collant trop aux standards du genre, Roman Polanski nous offre un film désincarné, ne sortant pas réellement du lot.

Je trouve triste de voir à quel point ce film a été surévalué par la presse, juste histoire de rappeler qu’au delà du criminel il y a un grand réalisateur. Ça ne justifie en rien de donner une ovation à un film qui est loin de la mériter.

Il faut toujours beau, et j’écoute maintenant le Printemps de Vivaldi.

Et pour le plaisir, le Stabat Mater (désolé pour les images…) :

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