J’ai eu hier matin le plaisir d’admirer le palmarès de la plus grande supercherie de l’histoire du Cinéma. Après un premier choc, j’ai du accepter la dure réalité de notre monde pourri de la cérémonie des Oscars. Un simple constat suffira : 6 oscars pour Démineurs de Kathryn Bigelow. Démineurs… Nan mais WHAT THE FUCK??? C’est presque pire que si Avatar avait remporté 6 oscars… Laissez moi vous rafraîchir la mémoire. Démineurs – The Hurt Locker en anglais -, c’est ce film bien construit et somme toute assez divertissant où un beau gosse américain – qui n’a peur de rien – désamorce des mines en Irak au risque de mettre en danger la vie de ses camarades, où le terrorisme y est exhibé de façon simpliste en excluant tous les facteurs sociaux qui constituent le versant humain de l’horreur créé par l’interventionnisme américain. Un film où, larme à l’œil, on nous montre ce héros des temps modernes retourner à la vie civile, pour finalement repartir au front en abandonnant sa famille. Le seul point fort de ce film est de ne pas nous imposer, à défaut d’un éventail de stéréotypes, une morale abrutissante. J’arrêterais là pour les Oscars 2010, pas besoin de mentionner l’absence de grands films comme Tetro de Coppola, ou même l’oubli de Morgan Freeman au palmarès (au moins, ils ont pensé à Christopher Waltz).

Alors voilà, je gerbe sur les Oscars. Je gerbe sur cette industrie qui s’auto congratule, sur ce star system hypocrite et suffisant. Je gerbe dessus comme tant d’autres – des grands du cinéma – l’ont fait tout au long de sa – trop – longue histoire. Saviez vous que Kubrick, Charlie Chaplin, Orson Welles et Alfred Hitchcock n’ont jamais eu l’Oscar du meilleur réalisateur? Rendez-vous compte, Elephant Man n’a jamais été primé. En fait, cette cérémonie n’est pas une réunion de professionnels accordant une reconnaissance méritée aux chefs d’œuvres d’une année, mais bien un défilé, un grand meeting marketing avec pour seul but d’orchestrer la répartition des sésames de manière arbitraire. Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi des acteurs votent pour récompenser un réalisateur? En fait, quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi devrait-on trancher entre Avatar et A Serious Man pour le meilleur film? Ou encore entre Harry Potter et Le Ruban Blanc pour la meilleure photographie? Expliquez moi l’intérêt d’un tel système, parce que moi, je n’en vois aucun.

Bref. Je suis dégouté. Et pas parce que nos estimations se sont trouvées pour la plupart erronées, mais bien parce que l’idéaliste que je suis estime que l’art n’est pas un marché. Qu’on nous le dise si les Oscars ont pour objectif d’ordonner le palmarès des ventes de DVD de l’année, mais pitié, cessons cette hypocrisie. Qu’on vienne pas nous dire que les Oscars « sont des récompenses cinématographiques américaines décernées chaque année, […] destinées à saluer l’excellence des productions du cinéma mondial en général, américain et anglo-saxon en particulier ». Nan mais parce que j’ai payé 3 euros mon repas de midi, et que le régurgiter d’une manière aussi brutale n’est pas nécessairement plaisant. Triste réalité, mais si 10 cinéphiles se réunissaient sur le net pour faire un palmarès de l’année à l’arrache, il aurait certainement plus de crédit que la cérémonie la plus médiatisée au monde.

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