Aux nouvelles aujourd’hui : la cérémonie des oscars, cette grosse blague, & je suis rentrée (vivante) de mon périple alsacien. Devant la grande mascarade oscarienne et au regard de la réaction (compréhensible) de mon co-bloggueur, je lui laisse le plaisir de s’occuper de l’industrie hollywoodienne ce qui ramène mon sujet en ce lundi à mon voyage dans le grand Est. Il y en a qui souffrent le Grand Nord, bah moi j’ai affronté le grand Est et je peux vous dire qu’au regard des températures je ne sais pas qui était le plus à plaindre. Bref. Je n’ai pas mangé de choucroute. Voilà, c’est dit.

Plus sérieusement, je ne me suis pas exilée en Alsace juste pour le plaisir de. A l’origine, je me suis déplacée pour un concert, à savoir celui des Rabeats. Well. Je vais tâcher de faire simple et concis.

Ma colocataire et moi sommes restées vingt minutes avant de prendre la porte. Violent, hein?

Je m’explique. The Rabeats, c’est un groupe français qui se prend pour un groupe anglais. Ils le disent eux-même, ils se présentent ainsi : The Rabeats, a tribute to the Beatles. Un hommage, qu’on appelle ça en français. Un conseil les mecs : arrêtez tout de suite.

Le principe, donc, c’est que j’allais au concert d’un groupe hommage aux Beatles, reprenant les tubes des Beatles pour le plus grand plaisir de leurs anciens fans des années 60 et de leurs nouveaux, jeunes générations qui se sont gavées de leur musique. Ça aurait pu être génial, les Beatles remis au goût du jour, mélangeant les générations pour nos oreilles avides de bon rock. Ouais. Ça aurait éventuellement pu. Malheureusement, c’est toujours mieux sur le papier. Première minute de concert : 4 mecs débarquent sur scène dans des costumes cigarettes gris, dignes de l’époque des Beatles, avec des coupes très Beatles & tous des lunettes à la John Lenon. Le décor est directement sorti de l’époque des premiers concerts de ce putain de groupe mythique de Liverpool.

Bref : comme à l’ancienne mais en 2010. La première minute, on rit, on regarde la scène d’un air circonspect, on croit à une blague, à un jeu. Hard days night est jetée en pâture aux fans soixantenaires sans l’ombre d’un remord, on massacre et… on massacre, en fait.

Trente petites secondes, à peine, et All my loving est bazardée à son tour. Bazardée, parfaitement. Et les chansons s’enchaînent, dans un contexte absolument impersonnel. J’ai beau essayé, et Chester sait que j’ai fait des efforts, je n’arrive pas à me fondre dans l’ambiance, il y a un truc qui ne me parle absolument pas. J’ai eu l’impression que 4 automates tentaient de mettre en scène une mauvaise compilation d’un groupe de légende. L’horreur.

Après avoir torturé Yesterday, ils ont eu (ces parias) le loisir de nous voir, ma coloc et moi, fuir dans un claquement de talons parce que, putain de bordel de merde, plus jamais ça.

Le truc c’est qu’on a eu aucun plaisir à les voir jouer aux clowns. Avec un groupe comme The Beatles, il y a des faits qu’on ne peut pas ignorer : il ne faut jamais essayer de les imiter, on fait forcément moins bien, horrible, dégueulasse. Je m’attendais à des reprises, aux Beatles joués par les Rabeats, un truc nouveau sur fond de nostalgie, à la fois novateur et kitch mais, au moins, efficace. Je n’ai eu que les Beatles joués par de mauvais Beatles, très mauvais Beatles. John Lenon aurait ressuscité et serait venu sur scène avec ses potes, bouffé par les vers et en plein état de putréfaction, je suis à peu près certaine que j’aurais passé un meilleur moment.

Le pire, c’est que la place coûte 37€ soit presque autant qu’une place pour aller voir Johnny. Pour quatre péteux venus d’Amiens, je trouve ça franchement cher payé.

Alors, ouais, je n’ai pas aimé et mon début de Samedi soir a été un échec. Ouais, même les Frères Berthom à Strasbourg ont eu du mal à rattraper cette horreur.

Parce que je m’attendais pas à voir un mauvais Beatles et à, maintenant, avoir du mal à les écouter.

Merde, les Beatles c’est ça à la base :

 

C’est des fans qui hurlent, qui pleurent, qui s’évanouissent, des mecs qui transcendent une scène, une salle entière, des artistes qui savent faire le boulot et font vivre leur musique… Quand on n’a pas un centième du charisme nécessaire pour atteindre la cheville de cette performance, on reste chez soi et on ferme sa gueule.

A vous les studios.

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