Ça y est. J-1. Et je ne parle pas des oscars, bien entendu, mais de la sortie de Plastic Beach, le nouvel album de Gorillaz. Si tu es un lecteur assidu de ce blog, tu t’attendais à cet article. Étant un fan inconditionnel, je plaçais de nombreux espoirs, mais aussi de nombreuses craintes dans cet objet de désir attendu impatiemment pendant près de 5 ans. Surtout que les démos qui avaient été balancées sur le web n’étaient guère entraînantes, et le clip stylo ne m’avait pas non plus subjugué. Verdict : très satisfait. L’album marque une réelle évolution par rapport à Demon Days dans l’essence musicale du groupe. Ce renouvellement permet vraiment à l’album de se démarquer du reste de l’œuvre de Gorillaz. Néanmoins, même s’il vaut mieux se renouveler pour quelque chose de bon mais différent plutôt que de rester dans le même style pour s’appauvrir, on pourra regretter la perte de ce qui faisait le charme de Demon Days : ce petit grain de folie, ses mélodies un peu psychédéliques ou ses rythmes entraînant. Les sons underground du premier album se sont élevés vers les cieux pour donner des sons beaucoup plus cristallins et célestes. On pourrait penser que c’était ce qu’annonçait le dernier morceau éponyme de Demon Days. Les rythmes profonds et percutants de Dare ou Fire Coming Out of the Monkey’s Head ont été abandonnés pour des voix et mélodies plus mélancoliques et éthérées, presque fragiles. Bref, l’album tombe dans de l’électro-pop, renouvelle son style vers quelque chose de moins dingue et original, mais le fait avec l’habituelle virtuosité du compositeur, composant ainsi une mosaïque musicale nouvelle et – me semble-t-il – encore peu explorée. Plastic Beach vaut donc le détour, surtout si vous préférez la douceur au rythme. Il est probable qu’un certain nombre d’inconditionnels du groupe restent tout de même un peu sur leur faim.

Mais vu que je ne peux pas me résigner à vous laisser comme ça, je vais vous faire un rapide track by track, histoire d’évoquer les différents styles et artistes présents dans l’album.

Un ami m’a dit l’autre jour que c’était quand même couillu de commencer un album d’électro-pop avec une symphonie, et d’enchaîner avec Snoop Dog. Right. Effectivement, c’est osé, mais tout simplement réussi. L’album débute donc avec une Orchestral Intro, puis enchaîne directement sur Welcome to the World of Plastic Beach. D’emblée, l’ambiance est affichée : on oublie pas le hip hop, mais l’album sera électro. Au moins, on peut dire que c’est honnête.

On passe ensuite à Rhinestone Eyes, morceau réalisé sans collaboration : fond électro, gros rythme à la Dare, voix trainante de Damon… Réussi.

Pour le morceau Stylo qui suit, tout le monde aura pu se faire son opinion sur le web. En tout cas, qu’on adhère ou qu’on adhère pas, ça, c’est de l’originalité.

Puis De La Soul fait son retour chez Gorillaz accompagné de Gruff Rhys pour Superfast Jellyfish. J’ai pas tout compris, mais ça parle de manger et de méduses. Je préfère pas en savoir plus. Le morceau tape un peu sur les nerfs à force, et ce surtout à cause de l’abominable refrain scandé par Damon Albarn… Mais le morceau en lui-même est très frais, et comme toujours – je n’insisterais jamais assez – original.

Et on arrive ainsi à Empire Ants en featuring de Little Dragon. C’est à mes yeux le meilleur morceau. J’ai comme un orgasme musical lorsque l’air est repris à la moitié par Little Dragon. Véritable explosion des sens, on a juste l’impression de s’élever et de survoler d’immenses landes désertées par l’homme. Ok… Je me calme.

Bon, les morceaux Glitter Freeze feeat Mark E. Smith et Some Kind of Nature feat Lou Reed ne m’ont pas transcendé mais restent de qualité. Sur le premier, il manque du vocal, sur le second du souffle.

On Melancholy Hill, un des meilleurs morceaux aussi. Le titre veut tout dire, rien à ajouter sinon que c’est très beau. Juste après, Broken, morceau dont la démo (très en dessous du morceau) avait été publiée sur le net. Ben… Réussi, et là je commence à vous faire chier, donc je passe direct aux 3 gros ratés.

White Flag : ou comment faire n’importe quoi avec des courants musicaux déjà presque incompatibles. Tentative de world music, symphonic et hip hop. Que dire. Damon, t’as craqué ton slip.

Sweepstakes feat Mos Def : en fait, là c’est carrément une épreuve. Les mecs ont trippé et ce sont demandé si les fans du groupe auraient le courage de rester jusqu’à la fin. Répétitif, inintéressant insupportable.

Et Cloud of the Unknowing feat Bobby Womack (car oui, il n’y a que 3 mauvais morceaux) : bah, c’est chiant quoi. Bobby, reprend la soul, arrête tes conneries.

Débrouillez vous pour écouter l’album, au risque d’être déçu, on reste loin au dessus de la quasi totalité de la création musicale actuelle.

Bon Dimanche & Bonne écoute

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