Ça fait un moment que j’ai envie d’écrire cet article. Depuis la création du blog en réalité. Vous devinez de quoi je parle? Non? Allez... Faites un effort. Si je vous dit le plus grand groupe de tous les temps. Une esthétique à la fois irréprochable, originale et tout simplement kiffante. Toujours pas? Mais si, je parle de Gorillaz (et la lumière fut). Je n’ai pas écris cet article plus tôt puisqu’on m’a annoncé il y a quelques mois la sortie d’un nouvel album, malgré la déclaration – apocalyptique s’il en est – de Damon Albarn de raccrocher Gorillaz pour se consacrer à d’autres projets (dont The Good, The Bad and The Queen qui est, cela va sans dire, une réussite). Alors Plastic Beach, le nouvel album, sort finalement le 8 mars, c’est à dire lundi. J’ai déjà biensur téléchargé le cd illégalement, mais rassurez vous, je l’ai aussi précommandé. Mais l’attente à été trop longue, et la matière trop parfaite et consistante pour n’y consacrer qu’un article. Alors aujourd’hui, je me consacre à vous faire partager ma passion pour le groupe virtuel, ses auteurs réels et les différents albums déjà parus. Car oui, comme les fans de Tokyo Hôtel, je suis une groupie hystérique (Damoooooon). Et demain, puisque ma coblogueuse s’octroie deux jours pour manger la choucroute en Alsace, je vous poste un petit article sur Plastic Beach.

Parler du groupe virtuel revient à vous parler de Jamie Hewlett. Mais chaque chose en son temps. Le groupe met en scène 4 personnages : Murdoc, un sataniste adepte des orgies, 2D (2 balafres), chanteur du groupe au regard mélancolique, Russel, batteur et ancien rappeur – accessoirement possédé par les fantômes de ses anciens compagnons rappeurs assassinés – , et Noodle, guitariste importé(e) du Japon par colis Fedex. Oui, l’absurde est de mise, pas besoin de se prendre la tête à constituer un groupe sérieux ou d’y implanter des références culturelles ou autobiographiques, les personnages ne sont que le fruit de l’imagination malsaine de ce cher Jamie Hewlett.

Et parlons maintenant du monsieur. En fait, j’ai pas envie de vous faire sa biographie, c’est somme toute assez chiant. Par contre, impossible d’omettre le fait qu’il est l’auteur du comics Tank Girl, dans le « style punk, homosexuelle, féministe et anarchiste » (dixit wikipédia), qui aura droit à une adaptation au grand écran. Dans le genre bon délire, difficile de trouver mieux. Je n’ai pas eu l’occasion de les lire attentivement, mais je suis certain de ne pas être déçu. Il remporte en 2006 le prix du Designer de l’Année remis par le Design Museum, prix pour le moins célèbre et certainement gratifiant.

Pour conclure là dessus, je vous conseille vraiment de passer 20 minutes à regarder les clips de Gorillaz réalisés par Jamie Hewlett, parfaite osmose entre l’univers musical et visuel du groupe.

Bon, j’aurais pas grand chose à ajouter à propos de Hewlett. Par contre que de choses à dire à propos de Damon Albarn. Que les choses soient claires entre nous : ce mec est le plus grand artiste de la dernière décennie. Et je ne dis pas ça seulement au vu de la beauté, somme toute subjective, de ses morceaux, mais aussi au vu de son œuvre prolifique qui rassemble en seulement dix ans des dizaines de morceaux dont la plupart sont d’une qualité remarquable. Et cela sans parler de l’étendue des influences présentes dans son œuvre, et de sa capacité à métisser les courants musicaux qui font la qualité des 30 dernières années : Britpop, électro, trip-hop, hip hop, dub, rock…

Difficile en réalité de définir un genre qui collerait à Gorillaz. Les influences s’y rencontrent sans se brusquer dans un mélange subtil, jamais caricatural et toujours réalisé avec une grande virtuosité. Mais je reviendrais en détail sur ce point après.

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous connaissez forcément Damon : sa carrière commence au début des 90es comme leader de… Blur. Et si vous me dites que vous ne connaissez pas Blur je vais chercher la corde. Le groupe enchaîne les tubes (Song 2, Parklife, Girls & Boys…) et les albums (7 au total), lui conférant une renommée internationale et le statut de leader de la scène Pop anglaise.

Loin des spots et de la célébrité, Damon Albarn est aussi l’auteur de l’un des plus superbes albums de musique africaine: Mali Music. Il produit d’ailleurs un des morceaux du dernier album d’Amadou et Mariam (ne riez pas) et chante sur un morceau du dernier album de Tony Allen : Home Cooking.

Puis revenant aux racines britpop, il créé le groupe de pop alternative The Good, The Bad and The Queen, réunissant autour de lui Tony Allen (maître de l’afrobeat), Paul Simonon (ancien bassiste des Clash), Simon Tong (ancien membre de The Verve). Rien que ça. Le groupe sera – bien entendu – salué par la critique.

(Albarn à gauche, Hewlett à droite)

Il se lance dans l’aventure Gorillaz en 2001, au milieu de sa carrière, avec Jamie Hewlett son compagnon de chambre. L’idée d’allier l’univers musical et visuel se fera par hasard. Un premier titre est enregistré : Ghost Train. Here they come to steal my soul, Ghost train…. Bref. Déjà on pressent ce que sera Gorillaz : de la musique pop-rock avec de multiples influences dont l’électro, sur un background déjanté et désabusé.

Ça, c’était avant le tremblement de terre Clint Eastwood. Non, je ne parle pas de l’acteur mais du titre et du clip. Véritable sésame, les portes de la célébrité s’ouvrent, amorçant leur conquête du monde. D’emblée top ten dans la plupart des pays, le seul titre se vendra à près de 500000 exemplaires. Bon, mon but n’est pas de vous faire le résumé chiffré de Gorillaz, revenons en au fond de la chose. Dès leur premier album éponyme paru en 2001, la tendance est affichée : les styles musicaux se mélangent, donnant naissance à un univers musical riche, tanguant entre mélancolie, fougue juvénile, jeunesse désabusée et atmosphère underground, mystérieuse et lointaine. Mais on sent que l’identité de Gorillaz est encore à l’ébauche, presque maladroite.

Il faudra attendre 2005 pour voir le plus grand joyaux de notre génération, pardon, le second album de Gorillaz : Demon Days. Je cède, je vous promet que c’est la dernière fois : « Dès sa sortie, l’album se classe 1er au Royaume-Uni et 6e aux États-Unis. De plus, le 1er single Feel Good Inc. se classe 2e (R.U.) et 14e (USA). Le second single, DARE, permet au groupe d’être n°1, pour la première fois de leur carrière, au Royaume-Uni. Depuis, Demon Days a été certifié double disque de platine aux États-Unis et 5 fois platine au Royaume-Uni. ». Impressive.

C’est réellement l’aboutissement de tout un art, l’osmose quasi parfaite d’une multitude d’influences musicales pour former un corps nouveau, original et dénué de toute prétention. De grands artistes sont invités, allant de Neneh Cherry à De La Soul en passant par MF Doom, ajoutant leur touche personnelle avec brio sans dénaturer la mosaïque musicale souhaitée par Damon Albarn. L’album compte très peu de faux-pas, un zest de folie, beaucoup d’originalité… Que dire. Un bijou.

Je vous laisse écouter pour vous faire votre propre opinion (après des centaines d’écoutes, une petite préférence persiste pour les 3 derniers morceaux de l’album).

Voilà, je clos ainsi l’article. Si vous connaissez superficiellement Gorillaz, je vous conseille d’approfondir un peu, vous ne serez pas déçu. Si vous aimez, pourquoi ne pas approfondir un peu plus avec les bonus track de G-Sides et D-Sides? Vous pourriez y trouver quelques bijoux du genre Faust ou Hong Kong

Demain, pour la veille de la sortie du nouvel album (que je ne vous recommanderez que trop de l’acheter), je vous posterai un nouvel article – plus court, keep cool – sur l’album track by track (vous aussi vous admirez mon anglais?). Un petit avant goût?

Enjoy

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