Amis du soir, bonsoir, tout ça, je m’en fous. Le temps est gris et mon humeur aussi ce qui va donner de l’intro torchée pour gagner quelques minutes et autres neurones. Oui, je sais, parfois, je manque d’humour. Bref. Déjà, information : je reposte dans la nuit, un article grenoblois, pour cause de tremplin CROUS à Eve (on a déjà évoqué l’un des groupes ici). Sinon, j’ai envie de partager avec vous mon agacement quant à ces mecs en orange, rouge, rose ou que sais-je encore qui n’arrêtent pas d’envahir mon centre ville chéri. Oui, oui, oui, à Grenoble, il est difficile de parcourir la zone piétonne sans se faire arrêter par un(e) jeune tenant à vous faire un petit speech humanitaire. Cette race d’emmerdeur existe tant à Grenoble que partout en France… Mais ce n’est pas l’aspect discours humanitaire que je vais discuter, quoi qu’aujourd’hui ça pourrait me faire du bien, mais bel et bien du principe en lui-même. On parle de racolage associatif. Parfaitement.

Le principe, c’est que le mec qui va venir te voir aujourd’hui pour WWF, demain, il racolera pour Médecins du Monde et après demain pour la Ligue de Lutte contre le Cancer. Weird, isn’t it?

En fait, tout s’explique par le capitalisme. Ces jeunes ne font jamais partie que de la grande entreprise mondiale qui se résume à la recherche d’argent. C’est un job étudiant. On prend une armée de jeunes, on leur donne des notions sur tout un tas d’associations et puis on les lâche en ville avec la mission divine d’extorquer des contributions mensuelles à tous les idéalistes (et idéalistes déçus) en tirant sur la corde sensible de leur humanité. Ou ce qu’il en reste, by the way.

C’est moche, hein?

Ouais, mais c’est efficace. Surtout que le truc est bien ficelé : les femmes sont principalement accostées par des hommes, souvent mignons, et les hommes par des femmes. On joue sur le charme, sur le sourire, sur l’approche détendue. On joue sur la déshumanisation des grandes villes ne proposant un dialogue chaleureux sur un sujet humain. Comme c’est mignon. Le pire, dans cette histoire, c’est que la cible principale de ces jeunes gens, ce ne sont jamais que tous les autres étudiants. Eh oui : un étudiant, par définition, ce n’est pas encore un adulte désabusé mais ça a déjà un compte en banque. Quelle bonne blague. Ahah. Bref.

Personnellement, je donne pour la Ligue de Lutte contre le Cancer depuis presque un an parce que c’est un sujet qui me parle et auquel je suis sensible. Je me suis faite avoir comme une bleue mais une bleue qui soutient son engagement. Ce qu eje trouve surtout dommage c’est l’organisation lucrative qui tourne autour de sujets normalement dénués d’intérêts personnels. Les employés disposent d’un salaire fixe et d’une commission sur leur récolte. Vous y croyez? Moi oui et ça me donne envie de gerber.

D’autant plus qu’il y a tout de même certaines hérésies dans ce système et, là, je vais citer WWF. WWF, c’est l’écologie, l’environnement, le mot que tout le monde a à la bouche et qui fait flipper n’importe quel français moyen parce que, merde, la planète va disparaître. Je m’en fous. Que la planète crève, il est déjà trop tard, l’Homme paiera sa connerie à prix comptant et tant pis. Mais qu’on vienne m’aborder dans la rue pour me demander de donner 10€ par mois pour un domaine qui reçoit pas moins du triple des subventions étatiques des autres domaines, ça me tue. Surtout que cet argent sera principalement utilisé pour payer des avocats qui se battront pour faire passer des lois que – attention – des agents de la scène internationale s’évertuent déjà à faire passer et qui, eux, sont déjà grassement payés pour ça. Vous voyez où je veux en venir? On se fout de votre gueule.

Qu’on m’aveugle à coups d’affiches publicitaires pour un nombre incalculable de produits, ok, qu’on m’assourdisse avec des publicités sur ondes radios toutes plus nazes les unes que les autres, passe encore, mais qu’on vienne me faire chier en tirant sur mon reste cardiaque supposé pour que je donne, encore et toujours, pour des associations qui, parfois, me font quand même plus rire qu’autre chose, je dis non. Non. Il y a un seuil moral à ne pas dépasser et là c’est de l’absurdité à l’état pur que la conjoncture actuelle nous sert sur son plateau doré.

Qu’on pende Kouchner,
Moi je vais me bourrer la gueule.

A plus tard.

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